Métal hurlant

- Titre Original : Heavy Metal
- Compositeur(s) : Elmer Bernstein
- Nb. de Pistes : 27
- Durée : 71'26
- Import
- Label : Film Score Monthly
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Longtemps rêvée, l'édition en CD du score de Heavy Metal débarque sans prévenir, et le résultat dépasse les espérances. Chronique à chaud d'un poème symphonique inoubliable.
1981. Elmer Bernstein, l’un des plus prestigieux compositeurs d’Hollywood, est surtout connu pour Les Sept mercenaires, ses westerns avec John Wayne, Les Dix commandements et La Grande évasion, même s’il vient de s’enhardir dans la comédie avec Y a-t-il un pilote dans l'avion. La SF, et a fortiori la fantasy, il n’y a pas touché depuis ses débuts sur Robot Monster et Cat-Women of the Moon. Enfin, pas tout à fait, puisqu’en 1980 il signe le score de Saturn 3, space-opera bas de gamme crédité à Stanley Donen, le réalisateur de Chantons sous la pluie (le film fut en partie tourné par John Barry, le production designer d’Orange mécanique, Star Wars et Superman, plus tard réal de seconde équipe sur L’Empire contre-attaque). La musique de Bernstein est sabordée au montage, et il n’en reste pas grand chose à l’image. Bien des années plus tard, l’édition de la partition intégrale par Intrada viendra révéler qu’il s’agit d’une de ses œuvres les plus complexes. Heavy Metal, film d’animation inspiré des BD du magazine français Métal Hurlant et produit par Ivan Reitman (qu’il retrouvera pour SOS Fantômes), est alors le terrain idéal pour Bernstein, puisqu’il peut y déployer quasiment toutes les facettes de son style. Le résultat est un pur chef-d’œuvre. Quant à l’univers SF/ fantasy, Bernstein y replongera avec délices pour Le Guerrier de l'espace, Taram et le chaudron magique et Slipstream (toujours inédit), trois autres merveilles qui font amèrement regretter qu’il n’ait pas travaillé sur plus de films d’un genre qu’il maîtrisait avec un panache assez inouï. On se surprend à imaginer ce qu’aurait pu donner le Seigneur des anneaux de Ralph Bakshi avec Bernstein à la place de Rosenman…
Qu’y a-t-il dans Heavy Metal ? De somptueuses envolées épiques, citant aussi bien le Dies Irae que le fameux motif d’Alexandre Nevski repris plus tard jusqu’à plus soif par James Horner. De voluptueuses caresses jazzy aussi érotiques que celles de Body Heat (et qui annoncent A Rage in Harlem), le rythme sportif cher à Bernstein en plus. Des thèmes héroïques totalement décomplexés (on pense aux Rois du soleil), prétextes à l’essor de mélodies au romantisme décoiffant (dont une recycle le love theme rejeté de…Saturn 3). L’évocation festive et ensoleillée de grands espaces inconnus, évocatrice du superbe et méconnu Hawaii. D’envoûtants chants de sirènes. De sombres clameurs que n’aurait pas renié Bernard Herrmann dans Voyage au centre de la terre, L'Ile mystérieuse ou Les Nerfs à vif (que Bernstein adapta pour le remake de Martin Scorsese). Bref, Heavy Metal résonne comme une sorte de best-of du compositeur (les échos peplum, western et swashbuckler foisonnent), comme un compromis idéal entre le style à l'ancienne hérité de Korngold/ Newman/ Rozsa et l’évolution naturelle qu’y apporta Williams avec Star Wars. A cet égard, et au même titre que Star Trek II, Heavy Metal est totalement emblématique de la résurrection de la musique de film symphonique vécue par les années 80 : flamboyant, référentiel, mais porté par une fièvre communicative.
Aux douze titres du LP original, Film Score Monthly en rajoute quinze : on passe ainsi de 37 minutes à 71, les versions « pour album » étant conservées. Cette édition remarquable, accompagnée d’une pochette réversible (visuels du LP et de l’affiche « fantasy » originale) et d’un passionnant booklet de 24 pages, fait une fois de plus honneur au label. Taillé pour procurer un plaisir rare à l’auditeur, le CD de Heavy Metal est tout simplement fabuleux, et le score n’a pas pris un gramme de poussière. Un classique, un vrai !
- Vos Réactions
- Réaction de 10's
- le 27/03/2008 à 23h55
- Quelque chose à voir avec le fait que le dernier épisode de South Park (12x03 - énorme comme d'hab d'ailleurs) en est un "hommage" ?
- Réaction de dick laurent is dead
- le 27/03/2008 à 20h27
- Ouaip tout à fait d'accord: très chouette papier ! Moi aussi je trouve qu'on sous estime souvent le père Bernstein.
- Réaction de edern
- le 27/03/2008 à 10h30
- Très chouette papier, qui retranscrit bien le panache et le foisonnement de cette paritition énormissime.
Quel plaisir de pouvoir écouter ça tranquille... C'est comme avoir la possibilté de regoûter à un elixir magique bu dans l'enfance dont on se rappelle bien, mais cette fois, avec la chance de pouvoir en apprécier chaque goutte.
Bien content de voir que Mad s'attache à faire reconnaître l'énorme apport (qualitatif à défaut d'être quantitatif) de Bernstein dans la SF/Fantasy.
Saturn 3 est un vrai bonheur comme indiqué dans le papier.

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