Fast and Furious - Portrait de Brian Tyler

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Portrait de Brian Tyler

Brian Tyler

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De tous les compositeurs ayant émergé ces dernières années au sein d’Hollywood, Brian Tyler s’impose comme l’un des plus prometteurs avec un style mixant astucieusement orchestral à l’ancienne et sonorités ancrées dans la pop actuelle. Historique d’un parcours fulgurant.

Petit-fils du célèbre décorateur Walter Tyler (Les Dix commandements), Brian joue de plusieurs instruments (piano, percussions, guitare…) et compose dès l’adolescence. Après avoir interprété ses œuvres aux Etats-Unis et en Russie, il sort diplômé d’Harvard et collabore avec plusieurs orchestres et groupes, avant de signer les musiques de quelques productions télévisées et de séries B sans envergure. Mais Terror Tract (2000), puis Frailty, qu’il compose pour le film de Bill Paxton l’année suivante, marquent le vrai démarrage de sa carrière : son style symphonique mais néanmoins très moderne, apte à créer des atmosphères inquiétantes et possédant une rythmique interne très dense, le distingue de ses confrères et d’une nette tendance de la musique de film hollywoodienne à adopter l’approche bulldozer de Hans Zimmer. Aussi à l’aise dans le rock’n’roll que dans le classique, Tyler est tout naturellement choisi pour rendre hommage à Elvis dans Bubba Ho-Tep de Don Coscarelli, et rempile dans la série B d’horreur avec Vampires 2 : Los Muertos de Tommy Lee Wallace (avec qui il avait déjà travaillé sur le vigilante télé Final Justice) et Darkness Falls de Jonathan Liebesman, futur réalisateur de The Texas Chainsaw Massacre : The Beginning. L’ouverture de l’album, d’une rare férocité, fait de Tyler le favori des fans de BO symphonique rentre-dans-le-lard, un statut verrouillé quelques mois plus tard par les rythmes haletants de The Hunted ou il collabore pour la première fois avec un grand cinéaste en la personne de William Friedkin. Suivent trois excellentes musiques de SF pour le petit écran : Children of Dune, ou il ensable allègrement celle qu’avait livré Graeme Revell pour le premier volet de cette nouvelle adaptation des romans de Frank Herbert (le thème principal sera d’ailleurs utilisé dans les bandes-annonces de Master and Commander et The Chronicles of Narnia), et deux épisodes de Star Trek Enterprise, dont l’ampleur rivalise avec celle des scores pour les versions cinéma. C’est d’ailleurs Jerry Goldsmith qu’il est amené à remplacer au pied levé sur Timeline de Richard Donner : en trois semaines, il signe une partition idéale, au rythme supersonique et aux envolées incandescentes qui, si elle n’égale pas la musique rejetée de son aîné, reste son meilleur travail à ce jour et l’une des BO d’action les plus furieuses de ses dernières années. Il semble d’ailleurs que ce soit la plus représentative de son style, partisan de dissonnances risquées mais payantes (un peu comme Goldsmith dans les années 70, James Horner ou Elliot Goldenthal-dont il partage l’orchestrateur Robert Elhai), mais surtout privilégiant le direct à l’estomac (les musiciens sont mis à rude épreuve) plutôt que le développement thématique (qui se résume à l’emploi de deux ou trois motifs flexibles). Cette efficacité, on la retrouve plus tard dans Paparazzi (produit pr Mel Gibson), Annapolis, The Fast and the Furious : Tokyo Drift ou War, ces deux derniers titres mélangeant adroitement rythmes hip-hop ou techno à un orchestre toujours très présent. Mais Tyler est aussi capable d’insuffler de l’émotion à sa musique, comme le prouvent The Final Cut, parfois introspectif au point de frôler l’abstraction dans sa volonté de rendre hommage à Herrmann, Partition, qui s’aventure avec lyrisme sur le terrain du mélodrame exotique en évoquant parfois les œuvres de Maurice Jarre pour David Lean, et surtout The Greatest Game Ever Played, sur lequel il retrouve Bill Paxton pour un magnifique score Americana sportif dans la lignée de Rudy et de Legends of the Fall.. Tyler n’abandonne pas pour autant le fantastique, avec Godsend de Nick Hamm et surtout Constantine de Francis Lawrence : son score, gothique et majestueux, est malheureusement charcuté pour être perturbé par des interventions électro foireuses de Klaus Badelt (Michael Kamen en fit d’ailleurs aussi les frais sur X-Men). Par ailleurs, Friedkin refait appel à lui pour Bug, score intimiste à la guitare spectrale.

Ses futurs projets appartiennent tous au film de genre : outre Finishing the Game, ou il retrouve Justin Lin après Annapolis et Tokyo Drift pour un film consacré aux dernières heures de Bruce Lee, et le remake US de Bangkok Dangerous (toujours réalisé par les frères Pang), il s’attaque à deux gros morceaux : Aliens vs. Predator, ou il compte bien saluer les œuvres de ses prédécesseurs, et John Rambo de Sly Stallone himself, ou, une fois encore, il succède à son compositeur favori Jerry Goldsmith. Autrement dit, deux des scores les plus attendus de 2008…

Cédric Delelée
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