DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR - Javier Navarrete, compositeur

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DE L'AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

Javier Navarrete, compositeur

Javier Navarrete

  • Lieu de Naissance : Teruel, Espagne
  • Compositeur(s) :

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Collaborateur privilégié de Guillermo Del Toro, Javier Navarrete a vu subitement les propositions fuser de tous côtés au sortir de son formidable score (accessoirement nommé à l’Oscar) pour Le Labyrinthe de Pan. Actuellement à l’affiche du Mirrors d’Alexandre Aja, sur lequel on attendait plutôt François-Eudes Chanfrault (Haute Tension, La Colline a des yeux), Navarrete livre ses premières impressions sur les différences qui séparent l’industrie hollywoodienne du vieux continent.

Pensez-vous que Le Labyrinthe de Pan a été une grande étape dans votre carrière ?
Oui, ça ne fait aucun doute. Ce film a déjà bouleversé mes attentes en tant que compositeur, et m’a montré à moi-même en plus des autres de quoi j’étais capable. Il m’a également ouvert les portes des productions américaines.

Justement, après avoir fini Sa Majesté Minor, il semble que vous ayez déménagé à Los Angeles…
Oui, mais c’est une situation provisoire. Il y a peu de chance que je reste ici à jamais ; j’ai simplement décidé de rester à L.A. pendant un ou deux ans, parce que ça facilitait grandement mon travail sur certains films américains. Ma famille aurait pu rester m’attendre en Espagne, mais nous avons trouvé ça plus excitant de tous nous installer ici pendant le temps nécessaire. On ne sait pas tout à fait ce qui nous attend, mais au moins on s’amuse. Tout ça ne veut absolument pas dire que je ne m’intéresse plus au cinéma européen, bien au contraire. Je sais par exemple que le film de Jean-Jacques Annaud n’a pas vraiment marché en salles, mais pour moi ça a été fantastique. Ca m’a permis de changer de registre, de m’essayer à la comédie, avec des éléments un peu exotiques. J’ai beaucoup appris. Bref, j’ai l’impression de travailler sur de meilleurs films en Europe, mais je ne pouvais pas refuser les propositions qui ne cessaient de fuser des Etats-Unis. Il fallait que je tente l’expérience.

Quelles sont selon vous les différences majeures entre les deux continents, en termes de musique de films ?
En Europe, la relation avec le réalisateur est primordiale. Son opinion dépasse celles des autres, c’est sa sensibilité qui compte au final, couplée à celle du compositeur. En Amérique, il y a beaucoup plus de personnes impliquées. Les producteurs sont présents tout au long du processus. C’est une manière différente de travailler, ce n’est pas forcément pire. C’est juste davantage un effort d’équipe. L’avantage, c’est qu’on reçoit beaucoup d’aide, on a des assistants, des orchestrateurs, ça va beaucoup plus vite. C’est un processus plus ouvert, et la sensibilité générale est très différente.

Vous étiez donc contraint de travailler avec des orchestrateurs ?
Oui, c’est même la différence principale entre les deux mondes. C’est assez étonnant, la manière dont une personne extérieure peut arriver sur votre travail, et essayer de l’améliorer, de lui donner une plus grande ampleur. On finit forcément par avoir un son « hollywoodien ». C’est très intéressant, et dans le contexte d’un film comme Mirrors ça ne m’a pas vraiment posé de problème. Il fallait au film un son spectaculaire, large et intense, et ça impliquait plus de musiciens et de lignes musicales. Sur certains projets, un tel parti pris ferait tache. Je ne changerais rien aujourd’hui du score du Labyrinthe de Pan, où j’ai carrément tout fait moi-même, y compris photocopier les partitions pour les différents instruments. Parce qu’à chaque, y compris celle des copies, on peut changer des choses, rajouter des détails, corriger des notes. Mirrors était un projet beaucoup moins introspectif, beaucoup moins personnel, et je me suis donc assez bien adapté à ses conditions créatives. Après tout ça reste du divertissement.

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  • Vos Réactions
  • Réaction de edern
  • le 10/09/2008 à 14h35
  •  
  • Sympa cette interview de Navrrete.
    Même s'il semble évident qu'il n'a pas eu les coudées franches, il a l'air quand même d'avoir apprécié de s'essayer aux productions US.
    Je suis plutôt curieux d'entendre le résultat... c'est certainement plus agité que son néanmoins sympathique Stranded smile.gif

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