John Landis

- Date de Naissance : 03/08/1950
- Lieu de Naissance : Chicago, Etats-Unis
- Activités : Acteur, Réalisateur, Scénariste, Producteur
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Après La Belle est la bête, John Landis met de côté le surnaturel pour la deuxième saison des Masters of Horror. Avec Une famille recomposée, le cinéaste « lycantrophile » s’intéresse aux facéties d’un tueur en série et n’oublie pas d’attaquer, tout comme son camarade Joe Dante, le gouvernement Bush et ses débordements religieux.
Pouvez-vous nous parler d’Une famille recomposée, le nouvel épisode que vous avez tourné pour la série ?
Une famille recomposée est signé Brent Hanley, un excellent écrivain, déjà auteur du scénario du film de Bill Paxton, Emprise. Les producteurs des Masters of Horror lui ont demandé d’écrire une histoire pour la série. Il a accepté à la seule condition que j’en sois le réalisateur. J’ai donc lu le script. Le problème, c’est que c’était un scénario très réaliste à propos d’un psychopathe. À chaque fois que j’ai fait un film d’horreur, j’ai choisi des sujets surnaturels comme les loups-garous et les vampires, des sujets éloignés de la réalité. Mais peu importe, Une famille recomposée était très bon. J’étais donc coincé, et je ne pouvais pas refuser de le réaliser. Et ce, même si je n’en appréciais pas trop le thème ! Et finalement, je suis très content du résultat.
Comment avez-vous eu l’idée de recruter un acteur qui joue généralement « le gentil » pour le transformer en tueur en série ? Quelle fut sa réaction quand vous lui avez offert ce rôle ?
Au début, les producteurs m’ont demandé d’engager un très bon acteur : Lance Henriksen. Mais je trouve que Lance ressemble vraiment à un serial killer ! J’avais besoin d’un excellent comédien, parce que la majeure partie du film adopte son point de vue. Mais j’avais aussi besoin d’une personne agréable, quelqu’un de crédible pour ce rôle délicat. Car si l’on étudie des cas de tueurs en série, on entend souvent : « Je ne peux pas y croire ! C’était un homme si gentil ! C’était un bon voisin ! ». Je voulais donc quelqu’un qui pourrait passer pour le voisin d’en face, quelqu’un d’amical et qui ne soit pas menaçant. C’est alors que je me suis souvenu de la série Cheers et du personnage de Norm interprété par George Wendt pendant douze ans. Tout le monde le connaît aux États-Unis. Quand j’ai proposé le rôle à George, il jouait le Père Noël dans un film. Il m’a dit qu’il s’était regardé dans un miroir avec le costume rouge et s’était dit : « Oh, putain ! ». Lorsqu’il a reçu le scénario d’Une famille recomposée, il a été ravi de pouvoir tuer des gens ! Et il a été super, c’est un comédien merveilleux.
Et êtes-vous satisfait des autres acteurs que vous avez choisis ?
Oh oui ! Meredith Monroe, qui a joué dans Dawson, une série que je n’ai jamais regardée, est une actrice très douée. Elle a interprété une scène très difficile d’une manière surprenante. Il y aussi Matt Keeslar. Il a fait du bon boulot.
Pensez-vous qu’Une famille recomposée pourrait être vu comme un portrait de la société américaine sous l’administration Bush ?
Vous savez, comme je dis toujours, les monstres ne m’effraient pas du tout. Ces choses n’existent pas ! Par contre, les gens me font peur. Et dans ce cas, le personnage principal est un vrai psychopathe. Il y a une scène où l’on peut remarquer une imposante photo du Vice-Président Cheney dans le salon du tueur. C’est parce que Cheney et Bush avaient fait cette déclaration sans précédent, que la torture était acceptable sous certaines conditions, ce qui est vraiment dingue ! Je suis ému de pouvoir vous dire aujourd’hui que le public américain a finalement compris que ces mecs sont des menteurs, des voleurs et des salauds. Et que ces Évangélistes sont des personnes très néfastes. Cela a pris beaucoup de temps pour mes compatriotes de réaliser cela… Vous savez que moins de 10 % des Américains ont un passeport ? Vous savez, il a fallu presque seize ans aux Américains pour comprendre que la guerre du Vietnam était un fiasco, et que nous n’aurions pas dû nous trouver là-bas. Et qu’ont-ils fait ? Ils ont jeté le Président et ont tout envoyé balader ! Et la même chose est en train de se produire pour la guerre en Irak : c’est un désastre total ! En plus de mon film, il y a actuellement des réactions surprenantes dans le genre horrifique face à ce qui s’est passé là-bas : Hostel ou Saw sont des œuvres sur la torture. Vous savez, effrayer les gens via l’horreur est très simple. Rendre des protagonistes sympathiques l’est beaucoup moins. Pour moi, le vrai défi avec Une famille recomposée était de donner une certaine crédibilité à ce personnage. Bref, la réponse est oui. L’épisode a été très influencé par ce qui se passe aujourd’hui dans le pays.
Parlez-nous de l’utilisation que vous faites de la musique gospel dans cet épisode.
Je pense que ce qui se passe à la Maison Blanche est vraiment fou ! Vous savez, le Président Bush se base sur les prophéties bibliques du Livre des Révélations, Armageddon et toutes ces conneries ! C’est complètement dingue, comme le personnage de mon épisode ! Tout cela est très dangereux. Pour moi, la religion est le véritable monstre ! C’est pourquoi j’ai tant utilisé le gospel dans le Une famille recomposée. Regardez l’Église catholique : ça ne parle que d’homosexualité et de sang. Aux États-Unis, l’Église a perdu un nombre incommensurable de fidèles durant les dix dernières années, parce que le dernier Pape protégeait des pédophiles ! Les fervents catholiques ont été complètement choqués. Puis, notre gouvernement a décidé d’envahir l’Irak sans raison. Je ne veux pas défendre un dictateur comme Saddam Hussein, mais il n’avait rien à voir avec le 11 septembre. Ils ont manipulé les gens, tout comme les Évangélistes pendant l’Inquisition. Bush a justifié la guerre en Irak en la qualifiant de « croisade ». C’est fou ! En 1930, Will Rogers, un acteur devenu écrivain, disait : « Quand le fascisme débarquera en Amérique, il portera une croix enveloppée dans un drapeau. ».
Votre approche de la mise en scène est-elle différente quand vous devez réaliser un épisode d’une heure plutôt qu’un long-métrage ?
Pas du tout. Si vous avez un bon scénario, le travail est le même. J’apprécie aussi de tourner des publicités : c’est assez facile de réaliser quelque chose d’intéressant pour un support de deux minutes !
Que préférez-vous dans Une famille recomposée ?
Selon moi, l’élément le plus pertinent du film, ce qui m’a fait rire, c’est le fait que le personnage principal tue des gens pour créer sa famille imaginaire. Et même avec cet objectif en tête, il se fabrique une épouse qui l’ennuie ! C’est trop drôle !
Quels sont vos prochains projets ?
J’ai réalisé six sketchs pour le site www.jibjab.com, écrits par un groupe de scénaristes non professionnels. On peut voter pour le meilleur sketch du site et gagner beaucoup d’argent ! J’ai ensuite mis en scène un programme télé pour les États-Unis. Je tourne actuellement un documentaire sur Don Rickles, un grand comique américain âgé de 80 ans qui joue encore à Las Vegas, et qui se produit partout à travers le pays. J’ai pensé que ce genre de spectacle allait s’éteindre dans les années à venir, et j’ai donc décidé de faire ce documentaire en collectant des interviews de tous ceux qui ont travaillé avec Don : Clint Eastwood, Roger Corman, Sidney Poitier et bien d’autres…
- Vos Réactions
- Réaction de RogerMoore
- le 24/11/2007 à 17h12
- Ça m'interesse son doc sur Don Rickles.
Je ne savais pas qu'il était comique "de scène".
Par contre sa trogne me plaît bien, et il m'a toujours marqué, que ça soit dans De l'or pour les braves de Brian G. Hutton, Casino de Scorsese, Innocent Blood de Landis himself ou dans les quelques films de plage qu'il a fait dans les 60's.
Sinon, c'est Monsieur patate en VO dans Toy Story.


Bonjour. - Réaction de Yul
- le 24/11/2007 à 16h21
- Bravo Landis ^^
- Réaction de sphinx
- le 17/09/2007 à 19h03
- Prems prems
Ca continue toujours
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