Dario Argento

- Date de Naissance : 07/09/1940
- Lieu de Naissance : Rome, Italie
- Compositeur(s) :
- Activités : Acteur, Réalisateur, Scénariste, Producteur, Monteur
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Présenté à Cannes en grandes pompes, puis à Paris dans une salle comble, Suspiria fait peau neuve et renaît dans un transfert HD pour le bonheur des fans. Quelques jours avant la sortie DVD du film chez Wild Side, Dario Argento revient pour nous sur son chef-d’œuvre barré et baroque qui l’a propulsé au firmament des grands noms du cinéma fantastique mondial. En piste maestro !
Est-ce qu’en 1977, lorsque Suspiria sortait sur les écrans en Italie, vous vous doutiez qu’un jour vous présenteriez le film à Cannes, puis à Paris, 30 ans après ?
Pas du tout, je ne m’en serai jamais douté ! Mais aujourd’hui beaucoup de choses ont changé, les mentalités ont évolué. Je ne suis pas vraiment quelqu’un de sensible : la critique et la censure ne m’ont pas fait de cadeaux, et j’ai reçu beaucoup de coups… Je me suis fait avec le temps une sorte de carapace et heureusement ! Je suis quelqu’un de fort, mais j’avoue que revenir des années plus tard en France avec Suspiria me remplit de joie.
Comment définiriez-vous Suspiria ?
C’est un cauchemar. La grande bâtisse représente l’inconscient, et l’escalier, le cheminement vers cet inconscient. Je suis un fidèle freudien et son travail m’a beaucoup inspiré pour Suspiria. Tout comme les surréalistes, qui prônaient l’écriture automatique. J’ai réalisé Suspiria sous cette influence, je mettais en scène mes idées telles qu’elles me venaient, et du coup, certaines séquences peuvent paraître irrationnelles, déplacées. Je pense qu’un jour je percerai ce mystère et découvrirai pourquoi j’ai tourné ces scènes de cette façon, pourquoi j’ai voulu transmettre ces émotions.
Le chaos qui règne dans la bâtisse de Suspiria représente donc votre état psychique au moment du tournage ?
Oui, c’est ça, même si j’ai beaucoup de mal à définir mon état de l’époque. Disons que j’étais vraiment sous influence, psychologique, mais aussi artistique, puisque je cite l’expressionnisme allemand dans mon film, rien que par la localisation de l’histoire et l’architecture de la bâtisse.
L’art et sa représentation sont des constantes dans votre œuvre…
Oui, encore une fois je vais citer les surréalistes, qui m’ont beaucoup inspiré, et aussi les tableaux d’Oskar Kokoschka, un peintre autrichien ancien élève de Klimt. J’étais nourri par l’art, et encore aujourd’hui je pense à de grands artistes quand je réalise. La Terza Madre rappelle par exemple certains travaux de Jérôme Bosch ou de Goya. Le film est d’ailleurs moins baroque que Suspiria, il est plus dur, brutal, viscéral.
Vous exploitez au maximum le visage de Jessica Harper, et en particulier son regard halluciné. Comment s’est passé le tournage avec elle ?
Elle a un visage qui rappelle celui des personnages de mangas, avec de très grands yeux, très expressifs. Je l’avais rencontrée à New York, où elle jouait la pièce de théâtre Hair. Puis, je l’ai ensuite vue dans le film de Brian De Palma, Phantom of the Paradise. Elle était très professionnelle, très impliquée sur le tournage…
Elle a un visage qui dégage une extrême douceur, un angélisme presque enfantin. Elle était aussi comme ça en dehors du plateau ?
Euh… Au début oui, mais après, pas vraiment !
Expliquez-nous comment vous avez tourné la scène de la mort du pianiste aveugle, qui est tout simplement hallucinante.
C’était vraiment très difficile. À l’époque, il n’y avait pas d’images de synthèse ou d’effets spéciaux digitaux. Ce que tu tournais, c’est le résultat que tu aurais à l’écran, point barre. Alors, on s’est servi de ce qu’on avait, à savoir ce fabuleux décor, cette place construite sous Hitler dominée par un aigle puissant et menaçant. De ce lieu se dégageait une ambiance malsaine, presque démoniaque. Il fallait capter ça et l’utiliser pour le film. Au milieu de cette place, nous avions installé un mécanisme spécial, utilisé par les avions de guerre pour larguer des bombes. La caméra était accrochée à ce système de câbles. C’était un risque, mais pour avoir ce résultat, il fallait tout tenter.
L’expérimentation visuelle est une chose que vous appréciez. Dans Ténèbres, il y a aussi ce fameux plan-séquence à la Louma qui longe la façade d’une villa…
Oui, j’aime beaucoup ce plan, et là encore c’était quelque chose de très nouveau en Italie. On m’a souvent critiqué pour mes choix de mise en scène, mes tentatives plastiques. Mes vues subjectives sont parfois incomprises ! Dans Suspiria, elles évoquent les esprits, le Mal qui rôde, qui frôle les murs, se tapit au cœur de cette demeure.
Votre travail est mieux accueilli à l’étranger qu’en Italie. Pourquoi selon vous ?
L’Italie est avant tout le pays de la comédie. Les Italiens n’arrivent pas à comprendre le surréalisme, le fantastique, l’onirisme. Mais je ne suis pas le seul à avoir été découvert très tard dans mon pays. Sergio Leone a été connu du grand public en Italie après Il était une fois en Amérique ! Ce sont les Français qui ont vraiment révélé Leone, au moment de la sortie d’Il était une fois dans l’Ouest. Sergio me disait toujours : « C’est quand la France te découvre que ton talent est vraiment reconnu. ».
Que pensez-vous de tous les ouvrages sortis chez nous et qui vous abordent sous un angle intellectuel, très réflexif…
Il y a un livre qui a été publié récemment en France et que j’ai trouvé plutôt bien : Crime Designer. C’est intéressant, mais quand même très difficile à lire (rires) !
Pensez-vous qu’il serait possible, aujourd’hui, de refaire un film comme Suspiria ?
Non, c’est impossible. Suspiria a été fait sans numérique. Aujourd’hui, on aborderait la même histoire avec la volonté d’y ajouter des effets spéciaux digitaux. Avant, il fallait constamment inventer sur le plateau : on créait, improvisait, le tournage était « dense ». Dans Inferno par exemple, Mario Bava faisait tous les effets à l’ancienne, en utilisant des techniques de miroirs qu’il avait lui-même élaborées. C’était peut-être artisanal, mais le résultat est encore aujourd’hui inégalable. D’ailleurs, sur Suspiria, j’ai choisi avec Luciano Tovoli, mon chef-opérateur, une pellicule très ancienne qui me permettait de retrouver l’aspect éclatant des films en Technicolor de la grande époque. L’inconvénient de cette pellicule est sa sensibilité : il faut énormément de lumière pour éclairer les acteurs et c’est pour cette raison que bon nombre d’entre eux ayant tourné avec ce procédé ont fini leur carrière presque aveugles ! Ils se plaignaient beaucoup sur les plateaux, mais au final, le résultat était tellement incroyable que la pilule passait !
(Merci à toute l’équipe de Wild Side)
- Vos Réactions
- Réaction de coppersmith
- le 14/11/2007 à 18h18
- salut
ben oui moi j'ai presque déserté le site, je le mate mais je ne suis plus autant dessus!!!!
ya plus la rubrique dvd en plus!!!!!!
je suis super déçu par le site!!!
je le trouve pas très lisible!!!!!
y a pas les noms des gagnants des concours!!!!
enfin voilà, j'écrirais peut être dans 2 mois pour vous souhaiter une bonne année!!!
le choix des dvd aussi laisse un peu à désirer hormis contamination!!!!!
allez à plus
Coppersmith - Réaction de olav'
- le 14/11/2007 à 17h48
- Merci pour cette interview d' el Maestro...
Ces films sont de vrais perles, et il a ouvert au cinema de genre que l'on affectionne tant, il a engendre des enfanta aussi doues et prestigieux que Peter Jackson,Aja, Raimi, Del Toro, ...
Il m'a fait fremir a maintes reprises lors de mes nuits blanches de jeune assoiffe de film fantastique et d'horreur, et il restera au Pantheon des incontournables du genre.
Un grand monsieur, s'il en est!!
Merci Mad Movies pour cette interview, merci Dario Argento pour cette carriere qui semble repartie de plus belle!! - Réaction de Draike
- le 14/11/2007 à 17h34
- interview interessante mais sinon que se passe-t-il depuis que le nouveau site est en fonction ? Il semble que tous les madanutes aient fichus le camp !
J'espère que ZArgento n'a pas répondu en Français car dans ce cas, il faudrait un décodeur.
- Réaction de Helloid
- le 14/11/2007 à 12h50
- La mise en page des interview est catastrophique a lire , mettez en gras les questions et espacer un peu le tout car là c est naze .
Sinon super interview de MR Argento .

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