AU-DELÀ DU RÉEL - Interview de Mark Snow

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Interview

AU-DELÀ DU RÉEL

Interview de Mark Snow

Mark Snow

  • Date de Naissance : 26/08/1946
  • Lieu de Naissance : New York, Etats-Unis
  • Compositeur(s) :
  • Activités : Acteur

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Copain d’études de Michael Kamen, avec lequel il monte un groupe de rock au début des seventies, Mark Snow entame dès 1975 une carrière de compositeur télévisuel, qui l’amènera à devenir le compositeur attitré de Chris Carter sur les shows Aux frontières du réel, Millenium, The Lone Gunmen et Harsh Realm. Frustré de son propre aveu de n’avoir jamais percé sur le grand écran, Snow entend bien profiter de la sortie d’X Files : Régénération (I Want to Believe en VO) pour faire étalage, entre deux partoches improvisées pour Smallville, de son véritable savoir-faire…

Vous souvenez-vous de l’écriture du thème original de X-Files ?
Bien sûr. Chris Carter, le producteur, m’a fait écouter plusieurs CD très différents, il y avait du rock, du classique… Il me disait « j’aime les percussions ici, j’aime la voix de ce morceau, les claviers sont sympas là… » Il était très précis, et je suis donc revenu avec une piste inspirée de toutes ces références. Ca faisait très show de science-fiction, le rythme était rapide, le volume très fort. Nous l’avons joué à quatre reprises et à chaque fois, Chris m’a dit : « c’est pas mal mais il manque quelque chose ». Je lui ai demandé de me laisser essayer quelque chose de purement original. Il a quitté le studio et j’ai posé mes mains sur mon synthé. Un effet d’écho était enclenché. J’ai joué une montée de quatre notes, et l’écho l’a rendue très intéressante. Par-dessus ça, j’ai commencé à créer une mélodie en six notes. Mais je ne savais pas quel instrument utiliser. Je les ai tous essayés. Puis je suis tombé sur ce sifflement synthétique, ma femme qui était à l’extérieur du studio a entendu et s’est précipitée vers moi en disant : « c’est cool, il faut garder ça ! » Ce que j’ai fait. L’écriture du thème complet m’a pris une heure, c’était un moment de pure magie. Chris a écouté et a adoré, car la mélodie restait mystérieuse, et ne contenait pas de repère émotionnel. Nous avons présenté le projet aux exécutifs de la Fox. Ils ont écouté, puis se sont regardés en se disant : « qu’est-ce que c’est que ce truc ?! » C’est tout à leur honneur d’avoir validé le concept, qui fonctionne un peu comme un anti-thème de série de SF. Ce n’était pas gagné d’avance puisque leurs premières réaction étaient du genre : « Qu’en penses-tu Joe ?Je ne sais pas, toi qu’est-ce que tu en penses ? » Après quelques mois de diffusion, quand les retours ont commencé à être vraiment bons, ils m’ont rappelé : « est-ce qu’on t’a dit à quel point on aime cette musique ?Mais oui bien sûr que vous me l’avez dit ». (Rires) C’est amusant qu’on parle de ça parce qu’hier (12 juin 2008, ndlr) ma femme, qui est une excellente siffleuse, a participé au réenregistrement du thème pour la fin du nouveau film.

Comment voyez-vous le score d’I Want to Believe par rapport à celui de Fight The Future ?
Le nouveau est beaucoup plus intéressant que ce que j’avais fait sur le premier film. Je pense avoir écrit d’incroyables pièces mélodiques, puissantes et évocatrices, et de style parfois très classique. Le love theme est par exemple une combinaison de Bach et de Gabriel Fauré. Il y aussi des morceaux terrifiants. J’ai travaillé avec deux orchestres différents sur ce film, j’ai ajouté des parties synthétiques et des percussions, j’ai même engagé un contre-ténor (voix d’opéra masculine au registre très aigu, ndlr), ce qui est très rare au cinéma. J’adore la sonorité de cette voix, et intégrée aux autres instruments, elle apporte un effet presque hypnotisant.

Comment avez-vous abordé la partition thématiquement ? Chris Carter vous a-t-il donné des indications précises sur ce qu’il désirait entendre ?
Oui. Après avoir lu le script la première fois, je lui ai dit que ça allait donner un film impressionnant, très effrayant, c’était sombre et complexe. Il m’a arrêté et m’a dit : « je veux que tu voies ça comme une histoire d’amour. Je voudrais une partition qui soit avant tout spirituelle. » J’ai donc commencé à chercher un son qui soit approprié. Le premier film s’inscrivait dans la mythologie X-Files et je pouvais donc développer une palette musicale déjà existante. I Want to Believe est complètement différent. J’ai donc fait de longues recherches, j’ai choisi des sonorités étranges… Je suis vraiment très fier de cette bande originale. Il y a tellement de choses qui s’y passent ! J’ai dû écrire environ 75 minutes de musique en six semaines, sans pour autant plagier les pistes temporaires que le monteur avait placées sur le film avant mon arrivée.

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