HYPER DÉTENDU ? - Interview de Jason Statham

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Interview

HYPER DÉTENDU ?

Interview de Jason Statham

Jason Statham

  • Date de Naissance : 12/09/1972
  • Lieu de Naissance : Londres, Royaume-Uni
  • Activités : Acteur

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Nous avions laissé Jason Statham au bord de l’infarctus, défouraillant à tout va dans Hyper Tension, le délirant film-poursuite du duo Mark Neveldine/Brian Taylor. Nous le retrouvons tranquilou dans un salon du Plaza Athénée, où il prend quand même soin de défendre ardemment son rôle… et de nous confirmer que les deux réalisateurs sont bien mûrs pour l’asile !

Hyper tension est très drôle et extravagant. Quand vous avez lu le scénario, vous avez un peu halluciné ?

Pour tout dire, je ne pensais même pas que ça ferait un film : le script était trop idiot, trop ridicule ! Mais quand je l’ai relu, je me suis dit que ça pouvait donner quelque chose de frais et de novateur. En fait, c’était exactement le genre d’œuvre que j’aime voir : une bande d’action adulte et sans restrictions. Quand c’est violent, c’est incontestablement violent, et quand c’est drôle, c’est vraiment drôle. Les gens qui aiment ce que je fais devraient s’y ruer, parce que c’est dans-ta-face ! (rires) D’ailleurs, quand j’ai rencontré les deux scénaristes/réalisateurs, Mark Neveldine et Brian Taylor, j’ai été sûr que le résultat serait très singulier, tellement ils sont timbrés !

Vous voulez dire qu’ils sont aussi timbrés quand ils dirigent le tournage ?

Ils sont assez fous, c’est vrai (rires). Mais c’est intéressant car, ainsi, ils insufflent beaucoup d‘énergie sur le plateau : on est loin du train-train habituel où tu arrives sur le lieu du tournage, tu fais ton truc, et tu repars. C’est bien plus agréable d’avoir deux gars comme eux, qui maintiennent toujours la tension.

D’ailleurs, ils vous ont demandé de vous documenter sur les maladies cardiaques, pour transcrire l’état physiologique de votre personnage ?

Non, non. Comme le film est proche d’un jeu vidéo, ils voulaient que chaque chose soit à l’opposé du réalisme, vraiment « over the top ». Ils me disaient juste que mon interprétation devait être plus explosive que la façon habituelle de jouer.

Vous aviez déjà travaillé avec un tandem de réalisateurs ?

Non, c’était la première fois. A vrai dire, j’étais un peu nerveux au départ, car je craignais qu’en cas de désaccord, cette coréalisation se transforme en combat sans merci ! Sur un autre film, cette situation aurait peut-être été désastreuse, mais Mark Neveldine et Brian Taylor formaient ici une équipe parfaite. D’ailleurs, les frères Wachowski ont montré qu’un duo de cinéastes peut donner de grands résultats.

Comment Neveldine et Taylor fonctionnent-ils : il y en a un qui s’occupe plus de la caméra, et l’autre davantage des acteurs ?

Non. Ils ont écrit et réalisé le film ensemble, sur un pied d’égalité. En plus, ils ont tous deux été directeurs de la photographie, si bien qu’ils pouvaient travailler étroitement avec le chef-opérateur, et passer eux-mêmes derrière la caméra pour cadrer certains plans. C’est une combinaison assez géniale.

La fin du film laisse espérer une suite, si le box-office le permet…

Lors de son week-end de sortie, Hyper tension a été second au box-office, puis premier pour les jours de semaine. Il a ensuite été numéro 1 pour les ventes et locations de DVD. Et c’est vrai que les réalisateurs m’ont parlé d’une suite éventuelle. J’adorerais retravailler avec eux car nous nous sommes bien amusés, mais j’aimerais quelque chose qui ne soit pas trop similaire à ce que nous avons déjà fait, même si c’est toujours situé dans le monde frénétique où ces deux-là vivent en permanence ! Pour l’instant, je dois attendre qu’ils couchent leurs idées sur le papier.

Revenons au premier opus, qui se distingue par une scène d’accouplement en pleine rue, dans Chinatown. Vous vous êtes bien entendu avec l’actrice qui joue votre petite amie ?

Oui, je me suis très bien entendu avec elle (rires). C’est très amusant de jouer ce genre de choses, car on ne peut pas vraiment les prendre au sérieux. Mais c’était assez embarrassant, car nous tournions dans un quartier très peuplé de Los Angeles, au milieu de 300 figurants qui nous photographiaient avec leurs téléphones portables ! Mais bon, nous étions tenus de faire ce qui était écrit dans le script…

C’est vrai que le film est bien inscrit dans la réalité urbaine. Malgré l’outrance, les maffieux latinos sont assez crédibles…

Certains rôles sont tenus par d’authentiques membres de gangs. On s’aperçoit vite que ce sont des gens très durs, qui peuvent être très violents. Mais ils se sont montrés très amicaux envers moi, ce dont j’étais très content ! (rires)

Vous comptez continuer à creuser votre trou dans le cinéma d’action américain ?

Dans cette optique, je me dois d’examiner les offres qui me sont faites, puis prendre des décisions. Mais je suis très heureux de travailler autant : si j’étais livré à moi-même, je risquerais de m’attirer des ennuis !

(Merci à Stéphane Ribola)

Gilles Esposito


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