The story told ! - Interview de Herman Yau

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Interview

The story told !

Interview de Herman Yau

Herman Yau

  • Lieu de Naissance : Guangzhou, Chine
  • Dir. Photo :
  • Activités : Acteur, Réalisateur, Scénariste, Producteur

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A regarder The Untold Story et Ebola Syndrome, deux des films les plus extrêmes de l'histoire du cinéma, difficile d'imaginer qu'Herman Yau, leur réalisateur, soit l'un des hommes les plus agréables qui soient. On l'imagine volontiers avec des cornes, des tétons en plastique pendant à ses oreilles, la bave aux lèvres et les yeux fous, machette à la main... Pourtant, après un simple coup de fil, c'est lui qui traverse deux jours plus tard la moitié de Hong Kong pour venir à notre rencontre faire cette interview imprévue. Au premier étage d'un café de Tsim Sha Tsui, Herman Yau, simple, souriant, courtois et incroyablement disponible, fait son apparition et s'assied... Rencontre avec un homme pragmatique, emblématique d'un genre (l'horreur) dont il n'est pas particulièrement fan, mais qui a vécu de l'intérieur l'âge d'or des Category III...

Vous avez étudié au Hong Kong Baptist College. Avez-vous reçu un enseignement religieux ?

Non, non, non... Je suis intéressé par la religion, mais je n'ai pas d'enseignement particulier à ce sujet. Beaucoup d'élèves essaient d'entrer dans cet établissement, mais ça n'est pas pour des raisons religieuses. C'est un établissement célèbre, qui s'appelle aujourd'hui le Baptist College d'ailleurs, depuis les années 90.

Etiez-vous déjà intéressé par le cinéma, à cette époque ?

Oui, déjà, mais je n'avais pas de genre favori. Comme aujourd'hui, d'ailleurs: à partir du moment où c'est regardable, que c'est bon, alors n'importe quel genre me va!

Regardiez-vous des films européens, ou plutôt chinois ?

Chinois, japonais, européens... De partout. Mais j'avais quand même, à l'époque, une préférence pour les films japonais et allemands. Aujourd'hui par contre, je n'ai pas de préférence particulière.

Quand vous avez fini l'école, comment en êtes-vous donc venu au cinéma ?

J'y suis rentré tout de suite, grâce à l'un de mes copains de l'école. Je me souviens qu'immédiatement après avoir terminé l'examen de fin d'année, j'ai foncé tout de suite sur un tournage, où j'ai exercé le soir même la fonction de script supervisor.

Et vous vous êtes dit : je veux continuer dans le cinéma.

A ce moment-là, je me suis dit qu'au moins, je devais essayer. Bien sûr, je ne savais pas combien de temps je pouvais rester dans ce business...

Est-ce facile, à Hong Kong, de dire à ses parents qu'on veut faire du cinéma ?

Ca n'est pas très difficile, les parents des gens de ma génération étaient déjà assez ouverts d'esprit. Aujourd'hui, c'est sans doute encore plus facile qu'avant.

Votre premier film date de 1987, il s'agit de No Regret.

Oui, à cette époque, j'écrivais beaucoup de synopsis, des propositions diverses de films, et de temps en temps je rencontrais des investisseurs, des producteurs potentiels. Mais bon, tous les projets ne peuvent pas devenir réalité... Puis un jour, j'ai reçu un coup de fil de quelqu'un que j'avais rencontré, le rédacteur en chef d'un magazine, qui venait juste de s'arrêter. Il voulait alors tenter de nouvelles opportunités, et comme il me connaissait, il m'a demandé si j'avais des idées de films, et a donc amené mon projet à une compagnie basée en Chine populaire. A l'époque, on devait être membre d'une association spéciale pour avoir le droit de sortir des films sur le territoire taiwanais, mais si il suffisait de travailler avec une boite de production chinoise pour que le film soit alors banni d'emblée sur le territoire taiwanais (les relations entre les deux pays sont houleuses depuis longtemps, la Chine déclarant Taiwan comme étant chinois, tandis que le gouvernement taiwanais affirme l'indépendance du pays –ndr). C'est pour cela que les compagnies de production chinoises étaient désertées par les réalisateurs de Hong Kong qui avaient la cote, parce que Taiwan était un trop gros marché pour que les réalisateurs fassent une croix dessus. Du coup, quand je me suis présenté, ça a été plus facile pour moi de monter mon film avec cette compagnie chinoise.

Etait-ce la première fois que vous réalisiez un film ?

Si on parle des films communément appelés "films commerciaux", alors oui, c'était la première fois. Mais j'avais fait des choses indépendantes avant, d'une durée de 20 minutes, ainsi que des travaux d'étudiants, aussi.

Votre deuxième film date de 1991. Qu'avez-vous donc fait pendant les 4 années qui précédent ?

Caméraman, directeur photo, des choses comme ça... Les recettes au box office de No Regret n'avaient pas été bonnes, et c'est la loi du business: si les recettes de votre film ne sont pas bonnes, il faut vous arrêter quelques temps. C'est toujours le cas aujourd'hui. Si un film se plante, alors ça sera difficile pour le réalisateur de monter un nouveau projet.

Êtes-vous satisfait de votre premier film ?

Non.

Pourquoi donc ?

On dirait un film d'étudiant, d'apprenti. L'histoire est trop mélodramatique, ce qui est essentiellement dû au fait que la compagnie de production de Chine insistait pour qu'on aille dans ce sens, ce qui était censé plaire au public chinois. A cause de la censure de toutes façons, tu ne peux pas aller loin dans l'extrême, en Chine. De plus, le producteur était très conservateur. C'était un vieil homme, qui avait auparavant réalisé des soap opéras. Il avait dans les 70 ans quand nous avons travaillé ensemble...

Comment avez-vous commencé à travailler sur des films plus extrêmes, des Category III ?

Je pense que tout a commencé avec Untold Story. A cette époque-là, je ne pensais pas me diriger vers quelque genre de film que ce soit, qui deviendrait mon style ou mon image. Je n'y pensais pas du tout. Lorsque Untold Story est sorti, il a bien marché dans tous les pays où il a été autorisé. Il a été interdit dans pas mal d'endroits aussi... Bien sûr, les critiques ont souvent été négatives, mettant en avant le côté dégoûtant, brutal, dérangeant. Certaines critiques ont été positives aussi... Les gens, à l'époque, parlaient beaucoup du film. Du fait de ce retentissement, mon nom a alors été associé à ces Category III, ou aux films d'horreur en général.

Vous ne l'avez-vous donc pas choisi...

Pas intentionnellement, non.

Et lorsqu'on vous a associé à ce genre, vous n'y avez eu aucune objection.

Non. Bon, je ne peux pas dire que j'ai accueilli ça les bras ouverts, mais c'était ok...

Est-ce facile pour un réalisateur d'être associé à un certain type de films comme ça ?

Ca l'était après Untold Story. On m'a tout de suite offert une grosse somme d'argent pour faire un autre film avec Anthony Wong. Mais à l'époque j'étais bête, et je n'avais aucun sens de l'argent... Je leur ai rendu le chèque.

Quel film voulaient-ils que vous fassiez ?

Un film d'horreur de Category III. Je n'ai pas vraiment dit non en fait, j'ai juste dit que je ne voulais pas faire deux fois consécutives le même type de film. C'est d'ailleurs toujours la même chose aujourd'hui: si je fais un film de gangsters, je ne veux pas enchaîner avec un autre du même type, parce que c'est ennuyeux. Bien sûr, parfois je n'ai pas vraiment le choix, comme avec Troublesome Night 2, que j'ai réalisé juste après le 1er. Mais si je peux choisir, j'essaye d'éviter. C'est surtout pour ne pas m'ennuyer moi, parce que je n'ai aucun moyen de contrôler la façon dont les gens me perçoivent.

Vous avez dit que l'argent n'importait pas pour vous, à l'époque. Et aujourd'hui, quel est le facteur déterminant pour choisir un film ?

Le cachet. Parce que la somme qu'un producteur est prêt à mettre pour vous est un symbole qui représente son degré de confiance en vous, son envie de travailler avec vous. S'il vous paye peu, peut-être vous considère t-il peu aussi.

Donc si on vous offre un tout petit salaire, vous refuserez le film ?

Ca dépend du film. Si j'aime vraiment le projet, alors ça n'est pas important. Par contre, si vous voulez que je fasse un film que je n'aime pas, alors la somme que vous m'offrez devient très importante pour moi!

Pour les scènes de nu, qu'on retrouve souvent dans les Category III, est-ce facile de trouver des actrices à Hong Kong ?

Si vous voulez quelqu'un de célèbre, c'est difficile, mais si c'est quelqu'un qui débute, alors ça n'est pas difficile. Je ne devrais pas raconter ça, mais il y a beaucoup de femmes qui aimeraient être stars, qui ont envie de jouer, et qui sont donc prête à faire ce genre de scènes... Bien sûr, il faut parler avec les actrices avant, du script, et de tout ce qu'il comporte. Il ne s'agit pas d'attendre d'être sur le tournage pour leur demander d'enlever leurs vêtements!

En occident, Untold Story est votre film le plus célèbre. Quel regard portez-vous dessus aujourd'hui ?

Je l'aime bien. Les gens continuent de parler de ce film après tant d'années... Récemment, ils ont sorti une édition DVD à Hong Kong. Je l'ai achetée, et je l'ai visionné à nouveau. Je ne reconnais plus mon travail... Je peine à me dire que c'est bien moi qui ai réalisé ce film! Mais je pense que si je le refaisais aujourd'hui, ça serait plus ou moins la même chose.

La série de films Troublesome Night, dont vous avez réalisé 6 épisodes, est assez étonnante, il en existe au moins 19...

Oui, ces films sont très célèbres à Hong Kong, c'est pour cela qu'on peut arriver à un tel chiffre. Le titre en chinois est composé de trois mots, et ces trois mots seuls suffisent à faire vendre les films. Ils rapportent néanmoins de moins en moins, et c'est pour ça que vous pouvez voir que les budgets deviennent de plus en plus réduits après l'épisode 10...

19 épisodes, c'est assez stupéfiant, c'est peut-être la série de films la plus longue de l'histoire...

Non, non, c'est Wong Fei Hung ! Il y a au moins 80 ou 90 films ! Il y a aussi les Zatoichi au Japon, et sa quarantaine de films (en fait une trentaine, et plusieurs séries TV –ndr)...

Vous êtes très ami avec Anthony Wong. Qu'est-ce qui vous plait chez lui, en tant qu'acteur ?

C'est un très bon acteur, avec beaucoup de personnalité. Beaucoup de charisme à l'écran. J'ai réalisé On The Edge l'année dernière avec lui. Francis Ng était aussi dans le film, une histoire de gangsters.

Les acteurs de Hong Kong tournent tellement de films en même temps... Pour nous autres occidentaux c'est un rythme intenable !

Une fois, j'ai lu une interview de Luc Besson à qui on demandait s'il se considérait le meilleur réalisateur français. Ce à quoi il a répondu que non, mais qu'il est certainement celui qui travaille le plus, parce que les autres sont trop feignants! (rires)

Vous avez produit l'un des films que Francis Ng a réalisé.

Oui. La majeure partie de ma contribution sur ce film concernait la technique de caméra, ou les angles de vues. S'il me demandait de suggérer des angles, alors je le faisais, mais c'était vraiment lui le réalisateur. Je contrôlais aussi le budget. Mais je n'aime pas être producteur en général, parce que ça ne m'intéresse pas trop de regarder tous ces papiers, m'occuper du budget, tout ça... Aujourd'hui je n'ai pas de boite de production à moi. J'ai une compagnie uniquement pour des raisons fiscales...

Vous travaillez aussi en tant que directeur photo (Fatal Contact, 2006). Comment avez-vous appris la technique ?

A l'école, j'ai appris les rudiments de la photographie. Mais le reste a été acquis par l'expérience. L'expérience vous apprend beaucoup. J'aime écrire des scripts aussi, à partir du moment où je peux avoir un contrôle total sur ce que j'écris. Mais à Hong Kong, comme à Hollywood, tu dois satisfaire tout le monde avec ton script, du producteur aux acteurs, alors c'est très dur... Mais en général, je n'ai pas envie d'attendre que le scénariste ait fini, c'est pourquoi je rédige les scripts moi-même.

Vous avez collaboré avec Tsui Hark. Gardez-vous encore de bonnes relations ?

Oui, tout a fait, nous dînons ensemble très régulièrement! Il parle de cinéma tout le temps. En fait, il n'a aucun autre centre d'intérêt! Les gens du cinéma ici savent très bien que travailler sur le tournage d'un Tsui Hark est une expérience qui demande beaucoup de vous-même. C'est très dur.

Et vous-même ? Comment êtes-vous sur un tournage ?

Je pense que je suis plutôt relax, moi. Bien sûr, en tant que réalisateur, c'est moi qui prend les décisions, mais je ne pense pas être très exigeant.

Parmi vos propres films, desquels êtes-vous le plus fier, et lesquels détestez-vous ?

J'aime Ebola Syndrome (1996), From the Queen to the Chief Executive (2000), Troublesome Night 3 (1998). J'aime bien Papa Loves You (2004) aussi. Par contre, je déteste Fascination Amour (1999), avec Andy Lau. Pas à cause d'Andy Lau, hein ! Je n'aime pas l'histoire. En fait, les films que je n'aime pas, je ne connais pas leur titre anglais (rires). Je ne les ai même pas à la maison.

Pendant les années 90, le règne des Category III battait son plein. Quels sont vos souvenirs de cette époque ?

C'était surtout une question de mode: puisque ces films-là rapportaient de l'argent, alors on en produisait plein. Je pense que les films de Category III sont une sorte de signature du cinéma de Hong Kong. Quand on aborde le sujet de l'extrême au cinéma, les films de Category III sont allés beaucoup plus loin que les films américains, par exemple. Les USA sont censés être un pays libre, mais en fait ça n'est pas libre du tout, c'est très conservateur. Mais cela ne concerne pas seulement les films, les personnages aussi... Dans les films de Category III, certains ont des comportements vraiment étranges, tandis qu'aux Etats-Unis, les personnages ont des comportements plutôt rationnels. La Category III peut aller très loin.

Ce qui est étonnant, c'est que la Chine est moins conservatrice et stricte que Hong Kong dans l'absolu, mais c'est Hong Kong qui produit les Category III...

Ca n'est pas étonnant, en fait. Je pense que les gens ont simplement besoin de relâcher la pression en allant au cinéma, en allant visionner des choses opposées à leur vie. De la même manière qu'un film comme My Sassy Girlfriend a très bien marché en Corée, une société dominée par les hommes. En Corée, on peut voir un homme taper une femme dans la rue. Une fois, au festival de Udine, j'ai vu une actrice coréenne très célèbre à table avec le réalisateur, qui parlait en permanence alors qu'elle restait complètement silencieuse. L'homme domine. C'est pourquoi un film comme My Sassy Girlfriend a eu autant de succès, auprès des femmes d'abord, et aussi des hommes qui après avoir été si forts pendant tant de siècles, sont content d'aller voir un film où ils sont les faibles, et se font battre par leur copine!

Cette discrimination existe t-elle à Hong Kong ?

Non, aujourd'hui la plupart des responsables des autorités sont des femmes. Ce genre de discrimination n'existe plus vraiment, il n'en subsiste que quelques rares traces. Il n'y a guère que dans les familles riches que l'ont peut encore voir ce genre de discrimination.

Les Category III sont souvent tournés avec de petits budgets, dans des conditions extraordinaires. Avez-vous des anecdotes étranges à ce propos ?

Vous savez, pendant le tournage d'un film très sanglant, tout le monde rigole tout le temps. On dirait parfois qu'on tourne une comédie! Mais dès qu'on dit "action", tout le monde se concentre. Par contre, quand je tourne des scènes de sexe ou de nudité, je n'aime pas que l'équipe fasse des remarques grivoises, qui pourraient embarrasser l'actrice. A part ça, on s'amuse beaucoup sur le plateau, et toutes les autres blagues sont les bienvenues.

Quel était le budget moyen d'un film de Category III à l'époque ?

De 4 à 6 millions de dollars HK, à peu près. Au début des années 90, les films à petit budget coûtaient 5 ou 6 millions de dollars. Les Category III étaient donc en dessous... Aujourd'hui, un film petit budget coûte 3 millions de dollars HK, parce que le marché devient de plus en plus petit.

Le marché des Category III a t-il changé après la rétrocession de 1997 ?

Hong Kong et la Chine ont signé un pacte de d'échanges commerciaux. Désormais, le nombre de films de Hong Kong autoriser à pénétrer le marché chinois est plus élevé qu'auparavant. Mais pour être distribué en Chine, il faut d'abord passer par le comité de censure. Bien sûr, les films de Category III ne passent jamais la censure, et perdent donc un énorme marché. C'est pour ça que vous ne trouvez plus beaucoup de Category III depuis 4 ans...

Mais auparavant, les Category III ne sortaient pas en Chine non plus...

Si, en copies pirates! (rires) Il y a beaucoup de chinois qui ont vu Untold Story. L'un de mes films, The Ghost Inside, est sorti il y a deux ans en Chine. Pour la promotion du film, ils citaient toujours Untold Story, qui est censé être banni dans le pays depuis sa sortie ! Ils savent bien que beaucoup de gens l'ont vu quand même... Même sur les affiches, ils indiquaient " par le réalisateur de Untold Story ! "

Mais à cause du piratage de dvd en Chine, les seules sources de revenus qu'il reste pour un film, c'est la sortie en salles, non ?

Non, il existe des versions originales des DVDs. Ca n'est pas facile de les trouver, mais il y en a dans les grands magasins, par exemple. Mais je vous met au défi de discerner une copie d'un original... Seulement quand vous vous dites " pourquoi est-ce si bon marché ? ", alors vous savez qu'il s'agit d'une copie !

Avez-vous déjà acheté des copies de vos propres films ?

Pas mes propres films, non. Mais c'est assez curieux, vous savez. Il y a des films très précis, des films d'auteur par exemple, des films étrangers, qu'on ne peut pas trouver dans les HMV ici à Hong Kong. Par contre, vous pouvez trouver ces films rares en copie illégale partout en Chine, avec des sous-titres chinois, et une image parfaite ! Par exemple, on ne trouve pas la collection des films de Fassbinder en original à Hong Kong, mais on la trouve en copie en Chine...

Maintenant que les Category III n'existent presque plus à Hong Kong, comment les gens libèrent-ils leur pression ?

Je pense que votre façon de penser n'est pas si commune ici. La plupart des gens pensent plutôt que les Cat.III poussent les gens au crime. Mais tout est une question d'argent de toutes façons, si les Category III trouvent un nouveau moyen de faire de l'argent, alors les investisseurs recommenceront à s'y intéresser.

Comment se porte l'industrie du cinéma en général aujourd'hui, à Hong Kong ?

Très mal, bien sûr. En 2005, nous avons sorti une cinquantaine de films. Quand j'ai commencé à faire des films, on en produisait plus de 300 par an.

Simon Yam dit qu'avant c'était la quantité qui comptait, mais que maintenant c'est la qualité. Qu'en pensez-vous ?

Je ne suis pas si sûr. Quand il y a une large quantité de films, on peut toujours trouver de la qualité aussi.

Mais vous arrivez encore à travailler sans problème !

Oui, je pense que j'ai de la chance, parce que je ne cherche pas de travail, ce sont les gens qui viennent me trouver! Mais j'ai aussi l'avantage de ne jamais dépasser les budgets qu'on m'alloue. De toute ma carrière, je crois que j'ai dépassé le budget seulement une ou deux fois.

Partiriez-vous aux Etats-Unis, comme certains de vos congénères ?

Peut-être, mais bon, regardez John Woo : tous ses films américains sont mauvais ! (rires) Ses meilleurs films sont faits à Hong Kong. Aux Etats-Unis, vous n'êtes que de la main d'œuvre bon marché pour eux. Ils sont très étonnés qu'on puisse faire de tels films avec des budgets si bas, des cascades de voitures... John Woo et Ringo Lam ne le racontent pas dans les interviews, mais ils ont beaucoup souffert là-bas. Ici, ce sont les rois, ils peuvent vos appeler au milieu de la nuit pour vous demander une chaise pour le lendemain. Pour un réalisateur, partir aux Etats-Unis est un point faible pour votre carrière. Bien sûr, pour votre compte en banque, c'est un plus!

Fin de l'interview. Yau nous remercie, tient à régler l'addition lui-même ("No, no, I'll pay, you're the guest... This is a chinese custom!"), et repart tranquillement. Définitivement un homme de 1ère catégorie !

Rurik Sallé


  • Vos Réactions
  • Réaction de basicautopsyprocedure
  • le 09/10/2007 à 20h50
  •  
  • Merci pour cette excellente interview !
  • Réaction de Diane
  • le 09/10/2007 à 19h03
  •  
  • Oui, je dirais même qu'il est salvateur, parce que... Désolée, c'est tout gentil.
  • Réaction de Helloid
  • le 08/10/2007 à 21h55
  •  
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