PREMIER JOUR : DESTRUCTION EN SÉRIE - Festival de Gérardmer 2008

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Evénement

PREMIER JOUR : DESTRUCTION EN SÉRIE

Festival de Gérardmer 2008

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    Premier jour à Gérardmer, et déjà deux décharges de plomb. Cloverfield, qui cadre au caméscope l’avancée d’un monstre gargantuesque dans les rues de New York. Et Stuck, réalisé par le président du Jury de cette cuvée 2008, le grand Stuart Gordon. Un film profondément nihiliste, qui traite lui aussi de monstruosité mais cette fois-ci dissimulée sous des traits on ne peut plus humains. Un beau double-programme pour une soirée d’ouverture de premier choix, marquée par la montée sur scène d’un Jury fantasmagorique, où cohabitent Sean Cunningham, Ruggero Deodato, Takashi Shimizu, Neil Marshall ou encore Jess Franco. Difficile d’imaginer plus belle photo de famille.

    Si l’on peut douter de son talent de metteur en scène, J.J. Abrams sait au moins créer l’évènement. Révélé il y a moins de six mois par une campagne promo audacieuse, basée sur le bouche-à-oreille, le marketing viral et les secrets de polichinelle (par exemple le titre, tenu secret quasiment jusqu’à la sortie officielle), Cloverfield en est la preuve. Sur le fond, la dernière production du papa de Lost et d’Alias propose pourtant essentiellement un recyclage de tout un pan du cinéma fantastique. Le film croise ainsi le genre du monster movie (un cousin de Godzilla s’invite à New York et défonce tout sur son passage) au survival apocalyptique tendance La Guerre des Mondes et s’accroche, tout comme le chef-d’œuvre de Spielberg, à un point de vue unique. Sur la forme, rien de foncièrement novateur non plus, puisque le concept du documenteur avait déjà fait les beaux jours du Blair Witch Project. Pourquoi s’enthousiasmer alors ? Simplement parce que Cloverfield assume de bout en bout son très mince argument scénaristique, et en tire des décharges d’adrénalines brutes. Simulant avec plus ou moins de réalisme des prises de vue amateur, dont l’enchaînement retrace le parcours d’un groupe de survivants dans un New York dévasté, le film de Matt Reeves est une série B dévastatrice tournée avec des moyens de blockbuster. Le spectacle est d’autant plus excitant (les gratte-ciel s’effondrent, les ponts sont éventrés) que le métrage adapte à ses partis pris filmiques de nombreuses figures imposées du genre : scènes d’hystérie collective au milieu des décombres, batailles rangées entre l’armée et l’envahisseur, mauvaise rencontre dans un tunnel de métro… Des scènes d’anthologie qui, du simple fait qu’elles sont ici perçues en vue subjective, voient leur impact décuplé.

    En plus de s’imposer comme le plus ambitieux des films Bis (avec, cerise sur le gâteau, une créature totalement inédite, croisement indicible entre une chauve-souris, un poulpe lovecraftien et un chat sans poil), Cloverfield appuie évidemment son propos sur un contexte post-11 septembre. Plus précisément, Matt Reeves épingle dès la première bobine la boulimie d’images de l’Amérique contemporaine, notamment lorsqu’une foule incrédule brandit comme un seul homme caméras, téléphones portables et appareils photo pour immortaliser la décapitation de la statue la plus célèbre de la planète. Un peu comme si le témoignage oral avait perdu toute sa valeur, et que l’appréciation du réel ne pouvait désormais aboutir qu’à travers un prisme interposé. A l’heure où la Real TV continue d’arroser les chaînes du monde entier, un tel plan ne manque pas de pertinence.

    Second film projeté en cette soirée d’ouverture, Stuck permet à Stuart Gordon de persister dans la voie cérébrale et cynique de King of the Ants et Edmond. Adapté d’un fait divers à la fois réel et absurde, le nouveau film du réalisateur de Re-Animator décrit l’enfer vécu par un homme au bout du rouleau renversé par une voiture. La conductrice, jeune infirmière ambitieuse, décide d’enfermer le véhicule dans son garage pour ne pas porter préjudice à sa propre carrière, laissant sa victime, vivante, coincée dans le pare-brise. Zoom cruel sur l’égoïsme (chacun trouvant une raison de ne pas venir en aide au malheureux), Stuck affirme l’incroyable métamorphose de la carrière de Gordon, aujourd’hui aussi virtuose dans la critique au vitriol qu’il le fut avec l’hémoglobine au milieu des années 80. Une claque !

    Alexandre Poncet


    • Vos Réactions
    • Réaction de THX 1138
    • le 28/01/2008 à 02h27
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    • Vendredi 25 janvier, si vous lisez ce message c'est que j'ai survécu à la projo en avant première de Cloverfield qui a eut lieu à Bordeaux.
      1ère question: Comment ce faisse que nous étions à peine une trentaine dans une salle de 700 places pour assister à the révolution cinématographique de ce début de millénaire pour en plus seulement 5 euros.
      Avec ce putain de buzz qui circule sur le net depuis des mois, qu'il n'y ait pas eu plus de monde demeure un mystère. Que pouvait il se passer de plus exceptionnel à Bordeaux ce soir là ?
      Bon moi j'y étais avec mes 2 gamins qui ont bien accroché et perçu le déroulement très jeu vidéo: un mix de world of monsters, SOS et Half Life.
      Je pensai que j'allais trouver le film trop court, même pas. Car après un premier quart d'heure pour la présentation des personnages et s'habituer au mode opératoire, tout s'enchaine de manière hyper rythmée jusqu'à la fin et là on se dit qu'on vient sérieusement de se faire secouer les neurones.
      L'attaque des militaires dans la rue est absolument hallucinante.
      Une fois que vous avez vu Cloverfield, plus rien ne sera comme avant, l'avenir est en marche, prochaine étape l'immersion totale.
      2ème question: Y aura t-il une suite ?
      Pour celà allez nombreux vite voir ce film car il faut que Cloverfield soit un succés phénoménal et non pas une expérience interdite pour quelques geeks et que putain de bordel on est une réponse à la 3ème question: Quelle est le lien avec le champs de trèfle ?

      Pour le succès ça à l'air pas trop mal parti avec aux states le meilleur démarage de tous les temps pour un mois de janvier et déjà en tête du box office 2008 avec 64M$ à ce jour pour un budg de prod de 25M$. Yessss
    • Réaction de Le Toursiveu
    • le 24/01/2008 à 19h13
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    • J'ai plutôt aimé Cloverfield, je l'ai surtout trouvé très maitrisé au niveau de la réalisation. Son parti-pris énervant dans le premier quart d'heure trouve tout son sens dès que l'action commence. Et là, on en a vraiment pour son argent! Le réal va jusqu'au bout de son point de vue, là où d'autres auraient pris moins de risques en multipliant les points de vue!

      Par contre le scénario et une poignée de personnages lambda peu attachants font qu'on ne se sent pas trop investi émotionnellement. Le seul personnage un minimum attachant est celui de Marlena (Lizzy Kaplan)... Les autres sont une bande de jeunes un peu bourges et un peu beaufs, tous très beaux et propres sur eux dont la survie nous importe assez peu.

      Juste une question : toute l'action se déroulant du début à la fin sur 9 heures est filmée sur caméscope. Je me demande donc un peu quel genre de caméscope a une batterie d'une telle autonomie. Vous me direz, si la caméra se coupe après trois heures d'action, y'a plus de film...

      On sent bien venir la séquelle, dans laquelle on nous expliquera l'origine de la vilaine bébète et de ses petits rejetons mais je trouve que Cloverfield se suffit à lui-même. Simple, efficace, carré, très court (1h25 seulement), souvent très percutant. Pas une grande réussite mais une réussite quand même!

      4/6
    • Réaction de skytyler
    • le 24/01/2008 à 13h43
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    • troiz(nostalgie..tris?)

      Ya bon pour Cloverfield,film que j'attend avec une certaine impatience...Quand au dernier Gordon,je suis pas assez fan de lui pour sauter au plafond mais bon ca reste quand meme quelque chose a zieuter ^
    • Réaction de Braddock Grant
    • le 24/01/2008 à 12h38
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    • Deuz' (nostalgie bis)
      Vivement qu'il nous soit donner de visionner Stuck, les derniers Gordon nous prouvaient déjà l'étendu de son immense talent, ce gars là, il ne peut faire que des chefs d'oeuvre, c'est pas sa faute, il est comme ça!
    • Réaction de dj fest
    • le 24/01/2008 à 12h01
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    • Preum's! (nostalgie...)

      Il me tarde de découvrir ce "Cloverfield" à propos duquel je n'entends (presque) que du positif!
      Dommage que j'ai lu la description du monstre, je voulais en garder la surprise entière... Mais peu importe au final si le spectacle est aussi réussi.

      Quant à la "nouvelle" carrière de Stuart Gordon, elle prend pour le coup une tournure on ne peut plus cohérente: cette fois l'horreur dépeinte dans ses derniers films est inscrite dans le réel (voire même pour "Stuck" inspirée de faits réels), ce qui montre le pessimisme du gaillard quant à la nature humaine...

      Décidément je préfèrerais être à la montagne en ce moment plûtot que coincé au boulot! laugh.gif

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