Wall·E

- Titre Original : Wall·E
- Pays/Année de Production : USA, 2008
- Réalisation : Andrew Stanton
- Scénario : Andrew Stanton
- Musique : Thomas Newman
- Production : Jim Morris, John Lasseter
- Interprétation : Ben Burtt, Elissa Knight, Jeff Garlin, Fred Willard, Sigourney Weaver
- Durée : 98'
- Distribution : Walt Disney Studios Motion Pictures France
- Sortie Originale : 27/06/2008
- Sortie en France : 30/07/2008
- Site Web :
http://www.disney.fr/FilmsDisney/Wa...
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Wall-E est sans doute le meilleur blockbuster de cet été pourtant chargé. Depuis 1995 et la sortie de Toy Story, Pixar a constamment su se réinventer et évoluer en évitant tous les pièges que tout le monde leur prédestinait ; en restant fidèles à eux-mêmes, à leurs idéaux, leurs rêves et leur passion, ils ont su créer des films parmi les plus marquants de ces 13 dernières années. Depuis, ils semblent avoir été traversé par une crise de conscience : la civilisation moderne court à la catastrophe, et il faut le faire savoir.
Un tel sujet n'est pas sans risques. D'abord parce qu'il risque de tomber dans le didactisme le plus crasseux, ensuite parce qu'à la fois tellement proche et tellement loin de nous, une quelconque réflexion dessus risquerait de faire sortir le spectateur du film pour ne plus l'impliquer qu'à un niveau intellectuel. La solution : proposer un entertainment de qualité, laisser le discours politique en arrière-plan ou en sous-texte, et multiplier les niveaux de lecture. C'est maintenant qu'entre en scène Wall-E, qui est un robot qui ne fait qu'exécuter une action vide de sens et d'efficacité (premier niveau, apparence sociale), alors qu’en réalité, il est un être mélancolique qui passe ses soirées à rêver tout seul (deuxième niveau, état réel des choses). Il range les ordures pour nettoyer la Terre (premier niveau, projection dans le futur), mais aussi un être prisonnier de sa fonction sociale, conçu pour faire encore et encore la même action inutile (deuxième niveau, transposition dans le présent). Cette multiplication des niveaux de lecture ne s'arrête pas là, puisque outre les personnages, les actions prennent souvent un sens nouveau à la lumière d'une autre action, et, film de science-fiction oblige, la direction artistique joue un rôle majeur dans la compréhension de l'univers et la mise en place des enjeux « de fond ».

Mais tout cela ne serait absolument rien s'il n'y avait pas derrière un vrai scénario pour tenir le tout, et heureusement : c'est le cas. Car ce qui frappe à la vision de Wall-E, c'est à quel point tout semble simple et facile. Le film ne compte absolument aucun moment inutile, pas une seule scène ne dure trop ou pas assez longtemps, aucun dialogue ou regard n'est en trop ; rien de ce qui sert à guider la pensée du spectateur n'est trop lourd (ni lourd du tout d'ailleurs). Quiconque s'est déjà posé un jour trois questions sur les mécanismes narratifs ne pourra qu'être ahuri devant la qualité exceptionnelle du scénario dont la simplicité apparente n'a d'égal que sa perfection (le meilleur scénario Pixar à n'en pas douter). Et là où on pouvait reprocher à Ratatouille quelques problèmes de rythme ou une fin à rallonge un brin lourdingue (en tout cas au regard de la qualité de ce qui précédait), Wall-E est absolument exempt de défauts de scénarios, à tel point que l'on pourrait utiliser sans trop se tromper le mot « parfait ».



- Vos Réactions
- Réaction de venkman
- le 03/10/2008 à 13h30
- Tout simplement le plus beau film de 2008!
Maintenant effectivement certains parents ayant emmenés leurs gosses voir le film s'attendaient à du blockbuster de base et pas à une uvre aussi poétique, j'ai entendu certaines personnes dirent qu'ils étaient déçus...c'est sur, quand on est nourri au kung-fu panda et autre âge de glace, j'en passe et des meilleurs(je ne déteste pas ces films d'animation pour autant)... forcément ça a dû être un choc pour le consommateur de pop-corn lambda!!!
Merci Pixar de redonner autant d'espoir aux amoureux du cinéma et de la vie en général!!!!!!!!!!!Big up!!! - Réaction de Twain
- le 14/08/2008 à 19h53
- Je felicite et le redacteur et jay muz qui tiennent des propos absolumment brillants> quand un film arrive a donner le meilleur de nous meme...je suis a hong kong un bec a tous et oui wall-e rules.
- Réaction de Twain
- le 14/08/2008 à 19h53
- Je felicite et le redacteur et jay muz qui tiennent des propos absolumment brillants> quand un film arrive a donner le meilleur de nous meme...je suis a hong kong un bec a tous et oui wall-e rules.
- Réaction de guiyomus
- le 02/08/2008 à 15h35
- bon bah tout a été dit par mes collegues, je me contenterai d'un: MAGNIFIQUE et d'un MERVEILLEUX, et aussi d'un SUBLIME et ca pourrait continuer longtemps comme ca, enfin j'ai 22 ans et dans la salle j'en avais 6 voila, j'avais l'impression de voir E.T pour la 1ere fois, et puis ayant pleuré petit devant la scene de Appellez moi johnny 5 dans laquelle il se fait tabasser pour des gangsters, je ne pouvais qu'etre sensible a l'histoire vecue par son petit frere Wall-e! XD (oui oui c'est bien le ptit frere de Johnny5)
- Réaction de JayMuz
- le 01/08/2008 à 16h09
- waaaaall-eeee (spoiler-free)
ca devient une habitude: Pixar a encore pondu un chef d'oeuvre.
Le jour ou ils commenceront a balancer trop d'info dans une de leurs bande-annonces, c'est qu'ils n'auront pas confiance dans le potentiel de leur film.
Mais la, on ne savait pas grand-chose et quel plaisir de decouvrir un film sans trop de spoilers.
D'abord, il y a le traditionnel court-metrage. en un mot: ge-nial.
il s'agit d'un magicien et de son lapin recalcitrant qui refuse de participer au tour sur scene tant qu'il n'aura pas eu sa carotte.
Le logo d'introduction le confirme: on est dans l'esprit des cartoons disney des annees 40.
Ainsi, on nage en plein burlesque muet, dans la veine du court Music Man qui accompagnait Cars.
C'est superbe et plus stimulant que certains long-metrages de la concurrence (Robots, Madagascar, Shrek,...suivez mon regard).
Et non seulement, je jubilai en voyant les gags s'enchainer a l'ecran, mais plus encore, j'ai ressenti ce que de nombreux cinephiles decrivent mais que je n'ai que rarement constate par moi-meme, a savoir une communion du public dans la salle.
Les gags fusent et les rires suivent illico.
En 5 minutes, Pixar parvient a faire passer une pillule amere. Honnetement, en 2008, et apres avoir subi les films cites plus haut, qui pourrait pretendre amuser les foules avec une recette aussi vieillotte qu'un magicien et son lapin?
A priori, le concept a au moins 50 ans! Et Pixar ne pretend pas le re-inventer (cf le logo disney a l'ancienne qui ouvre le court). Au contraire, et ils le ressucitent avec panache et une maitrise consommee de l'animation (au sens propre de l'ethymologie grecque: insuffler la vie).
L'accueil fut chaleureux dans la salle. Et pourtant, ce sont les memes gens qui idolatrent Shrek pour ses qualites 'transgressives'. Comme quoi, avant d'apprendre aux gens a se moquer des vieilles recettes, on ferait bien de les leur faire gouter par eux-meme.
Parmi les eclats de rire, il y avait de tout: jeunes enfants, ados, papas, mamans, grand-parents.
Voila la magie Pixar.
Et je suis le premier a preferer regarder un film dans le calme de mon salon, mais la, j'avoue que la demonstration du savoir-faire Pixar est encore plus probante lorsqu'on sent l'enthousiasme des gens autour.
Si Pixar parvient deja a faire rentrer le spectateur dans leur monde en 5 minutes, imaginez les 100 minutes de la piece de resistance qui ont suivi...
Wall-e est un film resolument unique.
Cars faisait deja preuve d'une finesse infinie dans l'ecriture des personnages et dans l'integration de son message a l'intrigue. 'Life is a journey, enjoy the trip' disait l'affiche de Cars. Et, articule autour de cette philosophie visant a 'prendre le temps', Cars agence tous ses elements narratifs avec une coherence et une intelligence rares: du rythme de la mise en scene (le contraste entre les courses et l'inaction dans Radiator Spring), de son sujet (quelle meilleure analogie du long voyage que represente la vie qu'une simple route????), tout converge vers un objectif unique.
Ratatouille etait encore plus complexe scenaristiquement parlant.
Wall-E, alors qu'il utilise des elements high-tech comme les robots revient a contrario a un scenario moins alambique, une simplicite qui correspond justement au classicisme affiche du court-metrage qui le precede.
Wall-E est plus direct dans son propos - la societe de consommation aura raison de la planete.
Meme si le message n'est pas affiche en surbrillance pendant tout le film, cet etat de fait est le postulat sur lequel tout repose.
Peut-etre qu'un tel message ne necessitait pas autant de detours que celui de Cars (apres tout, qui oserait pretendre que polluer, c'est bien?). Peut-etre aussi que le defi de mettre en scene des robots muets n'autorisait pas la construction scenaristique fractale des precedents Pixar.
Toujours est-il que Wall-E est un film qui ne souffre d'aucun defaut scenaristique. Tout y est limpide et d'une evidence confondante, car depourvu de tout ajout inutile de matiere grasse justement. Et cette radicalisation de la mise en scene, misant plus que jamais sur le sens des images, est contenue toute entiere dans son concept initial: les robots ne parleront pas.
Encore une fois, Pixar fait un grand ecart sacrement culotte, en proposant un film muet realise avec le nec-plus-ultra des outils informatiques modernes.
Car contrairement au Dinosaure produit par Disney, dont la bande-annonce promettait un spectacle naturaliste, les personnages ne parlent jamais au cours du film.
Et Pixar de demontrer que la communication peut se passer de mots pendant 1h40.
Le personnage de Wall-e est immediatement touchant. Pourtant son 'visage' se limite a une sorte de paire de jumelles. Mais le courant passe tout de suite.
Le talent des animateurs de Pixar n'etait plus a demontrer mais la, ils touchent a l'art ultime de l'animation. D'autant que les formes rigides d'un robot ne proposent aucune facilite dans leur travail.
Le film est remarquable pour ses qualites formelles et conceptuelles de mise en scene mais cette somme de talent, meme si elle n'est pas forcement appreciable par tous, fait mouche.
Je pense d'ailleurs que peu de spectateurs non-avertis remarqueront qu'au moins 80% du film ne comporte pas de dialogues.
L'histoire est tout simplement prenante.
La salle etait remplie mais tout le monde (enfants compris) est reste captive pendant toute la duree du film. Quand le generique de fin est arrive, les enfants sont sortis de leur transe cinephilique, et ont commence a imiter les bruits de Wall-e et son amie Eve.
Je suis heureux de voir que les kids les premiers reservent un tel accueil au film. Cela prouve a quel point les gens sont sensibles a la qualite et a la finesse quand on ose leur en proposer, alors que les cyniques (allo Dreamworks?) prefereront servir la soupe a un public anesthesie par des annees de vulgarite (dans les 2 sens du terme)
Wall-e est veritablement un film pour les 7(voire 3) a 77 ans et ce, sans jamais niveler par le denominateur le plus bas. Au contraire, chacun y trouve son compte et abordera le sujet a son niveau. Wall-e est un film veritablement universel.
Dans un article recent paru sur Aintitcoolnews a propos d'une visite des studios Pixar, il etait dit que John Lasseter repetait souvent "Quality is the best business plan". Il a tout dit.
Oui, le cinema reste un business, mais ca ne devrait pas etre un simple produit de consommation courante. C'est de l'art et il faut se donner la peine de soigner sa production et tenter aussi d'elever (relever?) le niveau.
Je reste sans voix face a l'ambition et au resultat a l'ecran des films Pixar.
Un teaser pour la cuvee 2009 est deja en ligne:
http://disney.go.com/disneypictures/up/
et une interview du realisateur se trouve la:
http://www.aintitcool.com/node/37668
Encore une fois, Pixar prend des risques en proposant un heros a des annees lumieres des canons marketing habituels: un vieillard!
Apres un monstre a un oeil, des super heros adultes (combien avons-nous vu de heros pere de famille dans un film d'animation ces dernieres annees?), des voitures, des poissons, des rats et des robots, les studios d'emmeryville promettent de nous captiver avec un personnage completement decale par rapport a la demographie des spectateurs.
Plutot que de cantonner le spectateur a sa zone de confort, Pixar en explose les barrieres.
En attendant, il faut voir Wall-e comme une veritable prise de position artistique, militant pour un cinema de divertissement sachant concilier innovation et tradition, un manifeste du combat contre la mediocrite culturelle et mediatique a laquelle nous ne sommes que trop habitues. Wall-e est une des plus vibrantes declarations d'amour faite par des cineastes a leur art, et a leur public, qu'on ait vue depuis longtemps.
allez le voir! - Réaction de McClane
- le 31/07/2008 à 20h31
- Rien a faire, Pixar continue d'enterrer la conccurrence avec une aisance qui frise l'insolence. Wall E est un enchantement de tous les instants, d'une perfection visuelle renversante (faut voir la profondeur de champ des magnifiques prises de vue d'ensemble) mis au service d'un magnifique conte allegorique sur la quête d'humanité d'un robot découvrant les émotions grâce à une vieille cassete video d'Hello Dolly (magnifique hommage à la puissance d'évocation du 7éArt) et collectionnant les objets d'une civilisation révolue pour mieux s'impregner de ses valeurs. Comme le souligne la critique, le scenario est d'une précision et d'une invention halluccinante, notamment dans sa manière de représenter la quête de Wall E en la mettant en parrallèle avec celle d'une humanité reprenant redécouvrant l'essence qui la constitue en suivant l'exemple d'une machine qui paradoxalement, est devenue plus humaine qu'eux au contact de la terre qu'ils ont abandonné. D'ailleurs, à l'eternelle question les robots ont-ils une âme, Wall-E y répond dans une scène finale magnifique, point d'orgue de l'histoire d'amour entre les deux robots, du parcours de Wall-E et lueur d'espoir pour le futur de l'humanité. Parvenir à culminer tous les enjeux d'un film thématiquement riche en une scène paroxystique émotionellement n'est pas le moindre exploît d'un film par ailleurs d'une grâce visuelle inouïe, notamment dans le language corporel établit de Wall E et Eve, d'une grâce telle que leur scène rejoignent la poésie visuelle de certains films muets. Wall-E est un film magnifique.
P.S: Le court métrage diffusé avant est un bijou d'invention littéralement hilarant! - Réaction de Le Toursiveu
- le 27/07/2008 à 20h51
- Ma critique de Wall-E :
http://cinemafantastique.be/spip.php?page=...mp;id_film=1852 - Réaction de crazy babysitter
- le 27/07/2008 à 01h37
- J'ai longtemps pensé que "1001 pattes" et "Toy Story 2" étaient les meilleurs Pixar et que l'enesmeble de leur filmographie depassait de lojn le reste du cinéma d'animation après Charles Schultz, Don Bluth et l'exceptionnelle (et je pèse mes mots) "Legende de Beowulf" de Robert Zemeckis (un film démesuré, difficilement regardable sans y songer longuement après).
Et j'ai vu "Wall-E". Et toutes mes convictions sont parties en fumée.
"Wall-E" est une uvre qui emmène le cinéma (tous genres confondus) très loin dans l'émotion. uvre pure, voire épurée, sommet d'esthétisme allié à une parabole qui saura faire réfléchir même le plus dur d'entre nous, film intelligent, intense et totalement abouti, le nouveau classique d'Andrew Stanton (j'aurai adoré voir la tête du bonhomme une fois la première vision de son film achevée) dépasse de loin tout ce qu'on aura eu la chance de voir dan le domaine de l'animation, médium qui est sur le point , si ce n'est déjà fait, de rattraper le cinéma traditionnel (et je pense à un autre film d'exception, "Kung-Fu Panda" qui est lui aussi formidable à plus d'un titre) et d'offrir une vision à la fois novatrice, différente et expérimentale d'une histoire d'amour.
"Wall-E" propose quelque chose de rarement atteint au cinéma : faire rire, pleurer, s'attendrir, réfléchir sur des personnages qui n'existent pas, qui ne sont pas faits de chair et d'os mais qui proviennent d'ordinateurs et de logiciels. Et c'est là qu'on peut effectivement se dire que le cinéma existe encore, qu'il peut nous proposer autre chose que du déjà vu, du prémaché ou du prédigéré.
Voir ce petit robot de nettoyage vivre sa propre vie, grandir, évoluer, se créer son propre univers au sein d'un monde qui ne veut plus dire grand chose et trouver une nouvelle raison d'être, de se battre et de vivre grâce à l'amour inconditionnel qu'il porte à Eve est u ravissement pour les yeux et les neurones,
Cette boite de conserve abandonnée par l'homme devint une espèce de symbole altermondialiste, une force de vie qui va san le vouloir révolutionner l'ordre des choses par amour.
Le film d'Andrew Stanton est l'incarnation d'une utopie qui ne doit pas disparaitre, qui doit perdurer, persister, devenir vraie pour aboutir à un monde meilleur, pas forcement idyllique (les douleurs passées demeureront) mais qui a encore le droit d'être modifié, bouleversé,
Wall-E est un combattant, un héros qui va rectifier le tir et sauvegarder l'humanité et cette fichue planète terre tant aimée, tant salie, tant défendue.
Les studios Pixar sont la source intarissable d'un bonheur qui est toujours vivace, qui est là, patient. Un jardin attendant d'être cultivé car la terre qu'il ensemence est bonne, fertile. Pas besoin de dialogues ni de discussions, pas besoin de démonstration de force, ce petit robot-éboueur représente quelque chose que l'on ne reverra pas de sitôt.
J'ai ri, j'ai pleuré, je me suis émerveillée devant ce spectacle exceptionnel qui prouve qu'il y a encore de l'espoir.
Ce film est magique, magnifique, important.
"It's good to be home!"

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