CODE GEASS : LELOUCH OF THE REBELLION -

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CODE GEASS : LELOUCH OF THE REBELLION

Code Geass : Lelouch of the Rebellion

  • Titre Original : Kôdo giasu : Hangyaku no rurûshu
  • Pays/Année de Production : Japon, 2006
  • Réalisation : Goro Taniguchi
  • Interprétation : Jun Fukuyama, Yukana Nogami, Takahiro Sakurai

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Grand vainqueur du dernier Anime Grand Prix du magazine Animage, Code Geass : Lelouch of the Rebellion de Goro Taniguchi (Infinite Ryvius, Planètes, s-CRY-ed et Gun X Sword) est la série actuelle la plus populaire au Japon. Ce blockbuster du studio Sunrise (la saga Mobile Suit Gundam et Cowboy Bebop) de 25 épisodes diffusé entre le mois d’octobre 2006 et juillet dernier au Japon a rapidement conquis les masses. Si la présence du célèbre collectif CLAMP parmi le staff technique fut un coup médiatique ingénieux, c’est bien l’approche résolument innovante du genre "mécha" qui a permis à Code Geass de sortir du lot. Gundam n’a plus qu’à bien se tenir car une nouvelle franchise vient de naître !

2010, le Japon est envahit par l’Empire de Britannia grâce à leur supériorité militaire évidente. Désormais, le pays s’appellera Zone 11, pour la 11ème colonie de l’Empire, et ses habitants seront les Eleven. 2017, la résistance est en marche et les attentats sont nombreux. Un jour, Lelouch Lamperouge, un jeune étudiant Britannien vivant dans la Zone 11, se retrouve impliqué malgré lui dans une poursuite entre l’armée et des terroristes. Pris pour un résistant, Lelouch voit sa vie sauvée in extremis par l’intervention d’une mystérieuse jeune fille qui lui offre le Geass. Ce pouvoir lui permet désormais de donner des ordres à quiconque rentrera en contact avec son œil gauche. Malgré le fait qu’il soit membre de la famille impériale, Lelouch a toujours détesté l’Empire. Il décide alors de profiter de son nouveau don pour prendre les armes...

Mettons tout de suite les choses au clair : Code Geass n’est pas une énième série mécha de plus (comme Zegapain ou Idolm@ster : Xenoglossia, deux séries méchas récentes du même studio). Bien que l’ombre de Mobile Suit Gundam plane tout autour de la série, il est évident que les scénaristes Ichiro Okouchi (Planètes, Stellvia et le film Brave Story) et Hiroyuki Yoshino (My-HiME, My-Otome et Mobile Suit Gundam Seed) ont essayé le plus possible de se détacher de la saga phare du studio. Code Geass met davantage l’accent sur la lutte des japonais pour libérer leur pays du joug de l’Empire tout en y incorporant des affrontements plus tactiques que visuellement ébouriffant. Terrorisme, extrémisme, peur de l’envahisseur... La série de Goro Taniguchi n’hésite jamais à parler de sujets d’actualité tout en pointant du doigt son propre pays (le Japon et son patriotisme exacerbé). Cependant, Code Geass s’apparente davantage à un mélange des genres qu’à une série exclusivement politique et guerrière. Le ton relativement léger de l’ensemble dû au côté "vie estudiantine" (les romances adolescentes, les divers quiproquos humoristiques comme lors de l’épisode avec le chat...), nous fait souvent oublier que les Eleven meurent régulièrement sous le feu des soldats de l’Empire (à ce titre, le premier épisode est glaçant avec son massacre de civils). À l’instar des différents titres Gundam, Code Geass évite astucieusement d’être manichéen. Par exemple, certains représentants de la famille impériale n’ont pas les mêmes idées que l’Empereur et rejettent en bloc l’idée d’utiliser la violence pour résoudre les conflits. Un des points forts de la série est aussi de ne pas nous présenter un héros profondément positif. Lelouch (doublé par un Jun Fukuyama très impliqué) veut se venger de l’Empereur, accessoirement son propre père, qu’il croit responsable de la mort de sa mère et de l’infirmité de sa sœur. Peu importe les moyens, même si c’est pour sacrifier ses propres hommes, il faut tuer le père !

Lelouch profite du Geass pour se lancer dans une vendetta contre Britannia. Il devient alors le leader de la résistance grâce à ses talents en stratégie militaire. En effet, Lelouch n’est pas, comme Kira ou Asran, un pilote hors pair de mécha. Il se sert avant tout de son intelligence pour mener la bataille et telle une partie d’échec, il mène ses troupes à la victoire. Etant un britannien de naissance, il cache son identité (y compris à ses hommes) sous les traits de Zéro, un justicier masqué. La seule personne qui connaît ses desseins est C.C., la fille qui lui a donné le pouvoir du Geass. La relation qu’entretiennent les deux personnes s’avère tout à fait ambiguë car nous ne savons pas les réelles intentions de la jeune fille (les romantiques pourront aussi s’imaginer qu’ils soient amants). On ne connaît pas encore le passé de C.C.. Est-ce une "arme" crée par l’Empire ? Manipule-t-elle Lelouch dans sa quête ? Que de questions qui restent actuellement en suspens... Outre Gundam, Code Geass est souvent comparé à Death Note. Les deux séries ont, certes, partagé le haut de l’affiche en même temps, mais par de nombreux points communs les quêtes respectives de Lelouch et de Light se rapprochent (notamment sur la notion de justice). Leur psychologie est assez proche (tout le côté "surdoué machiavélique"), sauf que Lelouch est montré comme quelqu’un de nettement plus humain que Light. Le rendant ainsi plus sympathique aux yeux des spectateurs, mais aussi plus vulnérable vis-à-vis de son but final. Sa relation, puis confrontation avec Suzaku est un des points d’orgue de la série (au même titre que celle entre Kira et Asran dans Mobile Suit Gundam Seed). Amis d’enfance, Lelouch et Suzaku se retrouvent par hasard dans la Zone 11. Bien que japonais, Suzaku s’est engagé dans l’armée impériale pour préserver la paix dans son propre pays, faisant de lui un alter ego idéal à Lelouch.

La série déçoit en revanche par ces personnages féminins (les camarades de classes de Lelouch ne sont que des clichés sur pattes), hormis C.C. évoqué plus haut et Kallen, une pilote d’élite de la résistance, rappelant la Cagalli de Mobile Suit Gundam Seed pour sa fougue et sa détermination. Nous avons aussi la Lacus-like avec la jeune princesse Euphemia, qui joue le rôle de vice-reine de la Zone 11 (l’autre reine étant sa sœur, la guerrière Cornelia). Euphie représente le côté positif de l’Empire, elle est généreuse et défend régulièrement les Eleven. Elle apporte même controverse au sein des nobles de l’Empire en prenant Suzaku comme chevalier. Même si son rôle est secondaire et apporte un cachet romantique à l’ensemble, le personnage d’Euphie prend toute son importance sur la fin. Je ne vous dirais pas pourquoi, il serait criminel d’en dévoiler davantage. Sachez juste que Code Geass marque un tournant tout à fait inattendu avec une séquence proprement hallucinante et viscérale lors du 22ème épisode (on sent que le scénariste de My-HiME est derrière). Les quatre derniers épisodes étant tout simplement monumentaux (le cliffhanger est frustrant à mort !), on finit obligatoirement l’animé sur une note très positive. Cependant, et malgré les efforts louables des scénaristes, Code Geass peine à se dégager de l’influence de Mobile Suit Gundam Seed. Certaines séquences semblent avoir été littéralement pillées comme par exemple le passage où Suzaku et Kallen se retrouvent sur une île déserte après une bataille (cf. Asran et Cagalli). Un des autres points gênants vient de la storyline avec Mao, un autre utilisateur du Geass. Cette dernière qui fleure bon le remplissage alors qu’il aurait été intéressant de développer sur le Geass et son origine (on sait juste que C.C. et Mao ont un passé commun, c’est un peu mince). Enfin, on regrettera une gestion des relations adolescentes nettement moins bien gérée que dans les précédents titres majeurs de Sunrise (trop de stéréotypes et de personnages taillés à la serpe).

En revanche, l’aspect technique est particulièrement soigné, comme souvent avec Goro Taniguchi. On sent à chaque plan que Sunrise a mis les bouchées doubles derrière. Par exemple, le chara design de Takahiro Kimura (Gun X Sword) rend parfaitement hommage au travail de CLAMP (Lelouch évoque le Kamui de X). Tandis que pas moins de quatre mecha designer ont travaillé sur les looks des différents robots. L’animation n’est pas en reste puisqu’elle ne faiblit que rarement durant l’intégralité des épisodes (ce qui est rare de nos jours). On regrettera juste que le score d’Hitomi Kuroishi (Last Exile) et de Kotaro Nakagawa (Gun X Sword et Planètes) soit si transparent alors qu’il aurait pu transcender certaines séquences marquantes par de sublimes envolées lyriques (cela manque lors de la bataille de Narita). Même si rien n’est officiel pour le moment, une seconde saison devrait voir le jour après la diffusion du nouveau Gundam. Gageons que celle-ci sera aussi foisonnante, surprenante et sans concession. L’évolution de la relation entre Lelouch et Suzaku, promet un duel titanesque (l’arrivée du personnage de V.V. permettra-t-il à Suzaku d’avoir lui aussi le pouvoir du Geass ?) tandis qu’on attend toujours de savoir les intentions de l’Empereur pour la Zone 11. Bref, vous l’aurez compris, on est loin d’en avoir fini avec Code Geass et cette première saison pourrait bien être l’introduction d’un futur chef-d’œuvre...

Zak
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  • Vos Réactions
  • Réaction de Zak
  • le 16/01/2008 à 22h54
  •  
  • Le texte datant déjà un peu, la seconde saison débutera en avril prochain au Japon. C'est bien officiel.

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