SOS DIRECTORS ! - Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry

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Soyez sympas, rembobinez de Michel Gondry

Soyez sympas rembobinez

  • Titre Original : Be kind rewind
  • Pays/Année de Production : USA, 2008
  • Réalisation : Michel Gondry
  • Scénario : Michel Gondry
  • Dir. Photo : Ellen Kuras
  • Musique : Jean-Michel Bernard
  • Production : Georges Bermann, Julie Fong
  • Interprétation : Jack Black, Mos Def, Danny Glover, Mia Farrow, Melonie Diaz
  • Durée : 101'
  • Distribution : EuropaCorp Distribution
  • Sortie Originale : 22/02/2008
  • Sortie en France : 05/03/2008

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Bien qu'ils ne s'inscrivent pas dans une initiative de cinéma de genre à proprement parler, certains films parviennent néanmoins à s'attirer immédiatement la sympathie du public geek avant même leur sortie en salles, et ce grâce à un pitch fédérateur prompt à enflammer l'imaginaire de tout un pan d'une certaine mémoire cinéphilique. Le moins que l'on puisse dire, c'est que Soyez Sympas, Rembobinez, le nouveau film de Michel Gondry, s'insère instantanément dans cette catégorie restreinte. Avec son histoire volontairement improbable de deux potes d'un quartier populaire du New Jersey obligés de tourner à l'arrache les remakes maisons des films du vidéoclub de l'un après que l'autre, magnétisé depuis un accident dans une centrale électrique, les ait involontairement effacé, Soyez Sympas, Rembobinez interpelle d'emblée le fanboy qui sommeille en chacun de nous (ou bien réveillé, ça dépend) dans ce que sa passion recèle de plus farouchement sincère, authentique et finalement (non ce n'est pas un gros mot) candide. Un vrai bol d'air frais donc à l'heure ou les critiques fusent contre la déshumanisation d'une industrie qui tend à viser davantage le larfeuille que le cœur de ses spectateurs, de moins en moins enclin à voir dans le 7ème Art un exutoire à une réalité parfois désenchantée. A l'arrivée, le film comble quasiment toutes les attentes que l'on avait placé en Gondry, le réalisateur de Human Nature se sentant pousser des ailes à l'aune de la mission qu'il s'est confié : rendre la dimension onirique du cinéma à celui par lequel il vit, à savoir le public.

Comme à l'accoutume chez Gondry, il s'agit d'opposer le monde réel et ses aléas parfois malheureux à l'univers alternatif que ce sont constitués les personnages, qui trouvent ainsi le moyen de s'évader d'un quotidien aliénant. Ici, la dure réalité se cristallise à travers le quotidien d'une communauté laissée pour compte, pas un ghetto mais l'un de ces quartiers déshérités d'où personne ne sort, et au sein duquel quelques habitants tentent tant bien que mal d'insuffler un peu d'espoir avec l'entretien de légendes urbaines mises de côté par la mémoire collective depuis longtemps. Un retour au film communautaire donc pour Michel Gondry après Block Party, qui se nappe ici des influences de Spike Lee pour la description de proximité de la vie de quartier et Kevin Smith pour la peinture de marginaux revendiquant pleinement leur particularismes et prêts à tout pour les conserver face à une pression sociale agressive, qui prend ici la forme du rouleau compresseur économique de l'uniformisation urbaine. Une thématique récurrente dans le paysage cinématographique U.S, mais que Gondry reprend à son compte en l'assimilant à sa démonstration militante visant à réhabiliter une certaine idée du cinéma. A partir du moment où les films "suédés" de Jerry et Mike (Jack Black et Mos Def, tous deux excellents) commencent à rencontrer un succès inespéré, leur démarche prend la forme d'un baroud d'honneur du peuple face aux corporations qui les compartimente, une manière de nier le processus en marche pour revendiquer leur identité. C'est d'ailleurs là que le bât blesse : malgré la peinture profondément attachante de personnages haut en couleur et les douces effluves de nostalgie se dégageant de la description douce-amère de cette communauté atypique, le film a finalement du mal à se débarrasser de ses oripeaux de fantaisie tournée entre potes. La faute à une narration qui aurait gagné à s'étoffer quand elle devient assez paresseuse dans la seconde bobine, la fièvre des tournages "suédés" par les personnages principaux vampirisant les enjeux humains au point de les faire passer au second plan, et empêche du même coup le message de Gondry de transcender son concept filmique et trouver la résonance universelle à laquelle il est pourtant destiné.

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  • Vos Réactions
  • Réaction de BMWC
  • le 22/07/2008 à 16h10
  •  
  • Très bonne critique.

    J'ai adoré Be Kind Rewind (oublions le stupide titre français) qui est devenu instanément l'un de mes films préférés. Propulsé par une idée très originale qui ferait rêvé n'importe quel cinéphile, Michel Gondry rend un flamboyant hommage à l'art populaire (cette discussion autour du Roi Lion est effectivement très touchante) et, tout en gardant son propre univers, livre un des films les plus généreux de ces dernières années. En plus, Mos Def est excellent et Danny Glover a rarement été plus émouvant. C'est de loin mon film préféré de Gondry dont l'univers singulier ne souffre pas d'un traitement plus cadré et accessible comme dans ce nouveau film. Bien au contraire : c'est beaucoup plus agréable que La Science des Rêves qui peut paraître trop replié sur lui-même.
  • Réaction de Freddy K
  • le 20/03/2008 à 06h57
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  • Encore une excelente critique de McClane , bravo !! Meme si le film n'a pas l'impact de son formidable chef d'oauvre qu'est Eternal sunshine.." Michel Gondry reussit largement à faire oublier la semi deception de "La science des reves". Be kind rewind est un film genereux, sincere, drole et bouleversant qui transpire l'amour du cinema et rehabilite quelques unes de ses valeurs fondamentales; creation, imagination, generosite et partage. La scene de "la derniere seance" est vraiment magnifique, cette petite communaute soudee par l'acte de creation se revellant finalement vers l'exterieur par la poesie de l'image c'est tout simplement superbe. On pense effectivement à Clerks pour la peinture rempli de tendresse de ses gens en marge d'un systeme....
    Jack Black est formidable et son regard à la fin lors de la projection du film est juste bouleversant.
    Be kind rewind , evite le piege du passeisme nostalgique , meme si la scene ou Danny Glover visite le video club "moderne" en dit long sur l'aspect de plus en plus consumeriste et mercantile de notre comportement vis à vis des films.
    A travers Be kind rewind , Michel Gondry semble simplement nous dire que la magie du cinema nous appartient à tous, que ce soit dans l'acte creatif , que ce soit dans notre regard de cinephile ou cinephage...... peu importe les moyens ( blockbuster ou film intimiste), peu importe le support (numerique ou magnetique) l'important c'est l'imaginaire, c'est le reve , c'est la passion, c'est la capacite à partager le plaisir du cinema. Un film aussi drole et emouvant avec une thematique aussi riche et sincere ça merite bien un 5/6.
  • Réaction de fugazi
  • le 18/03/2008 à 23h11
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  • Un film très attachant, pas le meilleur gondry selon moi, eternal sunshine restant une pure merveille. Mais ouais quelle inventivité, quelle fantaisie, quelle poésie! C'est presque incroyable que ce soit un réalisateur français... Comment redevenir un gosse sans se faire prendre pour un con mais avec une vraie réflexion sur l'image, le rêve, la puissance d'évocation poétique qui peut donner au "réel " sa saveur. A l'heure du tout numérique ça fait du bien le carton pâte, les bouts de ficelle, la vidéo cassette, ah purée il a tout compris ..
  • Réaction de evilhost26
  • le 18/03/2008 à 22h57
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  • moins intimiste que la science des reves ou eternal sunshine mais putain quesque sa fait plaisir de voir un réal qui aime autant son public!

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