Frontière(s)

- Titre Original : Frontière(s)
- Pays/Année de Production : France, 2006
- Réalisation : Xavier Gens
- Scénario : Xavier Gens
- Dir. Photo : Laurent Barès
- Musique : Jean-Pierre Taïeb
- Production : Laurent Tolleron
- Interprétation : Samuel Le Bihan, Karina Testa, Aurélien Wiik
- Durée : 108'
- Distribution : EuropaCorp Distribution
- Sortie Originale : 23/01/2008
- Sortie en France : 23/01/2008
- Site Web :
http://www.frontieres-lefilm.com/
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Globalement, l’interprétation est à saluer. Les quelques réserves concernant Le Bihan dont le cabotinage est à la limite de décrédibiliser la brute épaisse qu’il joue et les dialogues assez pauvres qui n’aident pas vraiment Estelle Lefébure et les autres. Cette dernière est d’ailleurs dans ce film le portrait craché de Sheri Moon Zombie, la femme de notre métalleux préféré. On en vient donc au point névralgique, les références qui imprègnent tout le film. En premier lieu, le Massacre à la tronçonneuse de Hooper puisque Frontière(s) en reprend la trame principale et ses moments clés (le repas de famille notamment) mais sans jamais virer au plagiat éhonté. Gens a l’intelligence de s’en démarquer et de ne pas en livrer une pâle copie aussi ostentatoire qu’inutile. Autre film imprégnant le métrage, Psychose de Hitchcock mais sans scène de douche. On peut s’amuser à dénombrer les autres emprunts (en vrac The descent, Hostel, La mouche, Die hard… mais là n’est pas le but. La reconnaissance cinéphilique importe peu à Gens comme fin en soi mais s’en sert avant tout pour stimuler les cerveaux des spectateurs. Un cinéma qui se rapproche d’un autre fan-réalisateur, Christophe Gans. Mais en plus viscéral, Gans peinant à créer un lien avec le spectateur autre qu’esthétique. Ses films sont très beaux et virtuoses mais souffrent d’un manque émotionnel certain. Frontière(s) propose donc de suivre le calvaire initiatique de 4 jeunes des cités, plongés en plein cauchemar nazi au cœur même de la campagne française. Réalisation au cordeau, bien que souffrant parfois du surdécoupage des fusillades, et inventive, photographie léchée, construction des plans remarquable, ambiance délétère, Gens est un cinéaste émérite. A peine si on peut déplorer des séquences de torture et d’action qui ont tendance à s’autonomiser, perturbant quelque peu le rythme. Mais ce qui laisse pantois, ce sont bien le CSA et certaines critiques taxant le film de complaisance et de voyeurisme. Les rapports de force sont violents, mais jamais gratuit. Mieux, Gens utilise toujours la bonne distance pour filmer ces horreurs. Si les nazis se font découper ou sauter la tête dans des gros plans bien gores et craspec, au contraire les malheureuses victimes subissent les derniers outrages avec dignité, soit à chaque fois à l’abri des regards. Et si le film se termine dans une rage libératrice, elle est loin d’être apaisante.

Frontière(s) est loin d’être le chef-d’œuvre définitif attendu et espéré, la faute à un script bancal et des sautes de rythme sans doute dues à la difficulté de passer d’un format court à un long métrage. Mais en l’état, il reste une formidable expérience éprouvante, un film sincère et humble, transgressif et avec de vraies propositions de mise en scène et que l’on aurait tort de snober. Xavier Gens est un mec à suivre et supporter et non à conspuer. Parce que des films comme ça, déjà que l’on en voit peu, on est pas près d’en revoir. Alors, lorsque l’on est capable de s’enquiller des Détour mortel I et II, Feast, le remake de Nispel de Massacre à la Tronçonneuse sans sourciller, que l’on estime A l’intérieur sur-estimé et que l’on fait la fine bouche devant Frontière(s), il y a de quoi s’inquiéter….
Note : 4/6



- Vos Réactions
- Réaction de McClane
- le 24/02/2008 à 22h52
- Crtique un peu radicale, mais à laquelle je souscris globalement. Frontières démontre en effet l'épatante maîtrise visuelle de Xavier Gens qui parvient à retranscrire un climat de tension oppressant les personnages dans leur statuts de victimes (à ce niveau, la parabole sociale est plutôt bien amené), des influences bien digérée qui ne donnent jamais l'impression d'un patchwork bricolé à la va-vite et des scènes d'horreurs viscérales qui mettront la morale à rude épreuve. Bref, un premier film qui se tient vachement bien, malgré des comédiens pas tous convaincants ( malgré un Le Bihan absolument démoniaque en nazi dégénéré, qui rappele que le bonhomme merite bien mieux que les bouses franchouillardes dans lesquelles il s'est compromis), des dialogues parfois malheureux et une métaphore politique bien hasardeuse dans sa conclusion, correctement amenée narrativement parlant mais qui témoigne d'une vision des choses bien trop caricaturale de la part de son réal. Mais sinon très bon premier film, qui fait d'autant plus regretter l'occasion manquée Hitman et attendre Vanykoro.
4/6 - Réaction de herman bio
- le 21/02/2008 à 18h35
- effectivement, estimer "A l'intérieur sur-estimé" il y a de quoi s'inquiéter, coquille ou lapsus révélateur? Merci de m'avoir prévenu, maintenant je "m'inquiète" d'avoir trouvé le remake de Nispel "honnête", tout comme Feast et Détour Mortel 2, tu penses que je dois consulter de ne pas aimer le métrage de Gens, oups, désolé, c'est vrai que ce n'est pas un film à "conspuer".
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