John McTiernan
- Date de Naissance : 08/01/1951
- Lieu de Naissance : Albany, Etats-Unis
- Activités : Réalisateur, Scénariste, Producteur
Les Derniers Dossiers
- ...La Saga Terminator
- ...Le Culte De La Réalisation
- ...Portrait de Kathryn Bigelow
- ...La Genèse De Indy Iv
- ...Surviving The Game
- ...Portrait de Ernest Dickerson
- ...L'avocat Du Diable
- ...Portrait de William Friedkin
- ...Les Films En 3-d
Le 15 janvier prochain, John McTiernan devra se rendre aux mains de la justice américaine pour avoir menti au FBI au sujet de son implication dans la tristement célèbre affaire Pellicano. Une décision de justice qui donne le coup de grâce à une carrière qui ne demandait qu’à redémarrer sous de meilleurs auspices. Retour sur un réalisateur qui ne tourne malheureusement plus, mais qui compte plus que jamais dans le paysage hollywoodien.
Quatre mois fermes et 100 000 dollars d’amende. La sentence est tombée le 24 septembre dernier pour John McTiernan, accusé d’avoir menti au FBI lors d’un interrogatoire concernant son implication dans le scandale des écoutes téléphoniques mises en place par le détective privé Anthony Pellicano. Même s’il plaide coupable à ces accusations, le réalisateur de Piège de cristal compte faire appel, malgré une défense désastreuse. En effet, la juge Dale S. Fischer a rejeté en bloc l’argumentaire des avocats de la défense, qui ont tenté de démontrer la bonne foi de leur client en précisant qu’une absence répétée serait dommageable à son ranch du Wyoming et que ses refus précédents de réaliser des films mettant en scène des agents du FBI sous un mauvais jour (comme les agents Johnson & Johnson dans Piège de cristal ?) devraient l’abstenir d’un séjour derrière les barreaux. On a connu meilleure défense, et il n’est d’ailleurs pas question ici de revenir sur les responsabilités de notre réalisateur vénéré, mais plutôt d’apporter quelques réflexions sur sa carrière générale et son influence, toujours présente à Hollywood quoi qu’on en dise. L’affaire remonte à 2000 : McTiernan, alors en plein montage de Rollerball, s’adjoint les services du détective privé des stars Anthony Pellicano afin que ce dernier mène l’enquête sur le producteur du film Charles Roven, qui est tout de suite mis sur écoute. Probablement échaudé par le remontage barbare de son Eaters of the Dead (devenu Le 13ème guerrier, un demi chef-d’œuvre, mais chef-d’œuvre quand même !), McTiernan a donc utilisé des méthodes injustifiables, mais néanmoins courantes à Hollywood (l’affaire Pellicano concerne directement et indirectement des grands noms comme Tom Cruise, Michael Ovitz, Brad Grey, Sylvester Stallone, Liz Hurley et bien d’autres encore), et qui ne donnent d’ailleurs pas forcément tort à sa parano, si l’on prend en compte ce qu’il est d’ailleurs advenu de Rollerball, également remonté à outrance.
Absent du grand écran depuis la sortie de Basic en 2003, John McTiernan revient donc sur le devant de la scène, pour des mauvaises raisons. En le condamnant ainsi à une peine d’emprisonnement, même minime, la juge Fischer lance un message d’avertissement à Hollywood et ses célébrités. Il y a pourtant fort à parier que les plus grands noms ne seront pas touchés, et d’un point de vue purement cinématographique, cette sentence ne pouvait pas plus mal tomber pour la carrière du réalisateur, sur le point de se relancer avec plusieurs projets. Après la déroute de l’actioner Crash Bandits (avec Hayden Christensen) produit par Bauer Martinez Studios (qui attaque aujourd’hui McT à son tour pour avoir négligé de faire part de sa connexion avec Pellicano et demande le remboursement des 2 millions de dollars dépensés en pré-production !), le réalisateur développait effectivement plusieurs projets à divers stades de production : une relecture de Predator amorcée par la Fox (certainement une rumeur), High Stakes (deux flambeurs de Las Vegas font l’objet d’un pari mortel), The Camel Wars (un soldat américain prend conscience que les conflits au Moyen-Orient dépassent le stade de la guerre en Irak), Deadly Exchange (un terroriste poursuit un agent du FBI - !!! – responsable de la mort de son père) et surtout Run avec Karl Urban, l’histoire d’un agent d’Interpol qui démonte un complot international tout en poursuivant un meurtrier jusqu’à Buenos Aires. Parmi les promesses du projet dévoilé à Cannes cette année : l’assurance d’une longue course poursuite en voiture qui s’étend sur cent pages de scénario. Autrefois attaché à Speed, pour citer un projet similaire, avant que son chef opérateur Jan De Bont n’assure la relève, McTiernan avait ici matière à réaffirmer sa place au sein d’une communauté qui ne compte plus sur lui depuis longtemps.
Et c’est bien là que le bât blesse. Il suffit de jeter un œil sur ce qui se produit actuellement à Hollywood pour comprendre que John McTiernan a marqué son époque de façon durable. Prenons Die Hard 4 – Retour en enfer et Alien vs Predator : Requiem pour citer deux exemples directs : deux suites qui doivent non seulement leur existence en rapport à l’œuvre séminale du réalisateur, mais qui ne se gênent pas pour la citer (piller ?) explicitement (il suffit de jeter un œil sur le trailer de AvP : Requiem et son retour, même partiel, à la nature verdoyante). Et qu’en est-il des influences indirectes ? Rien que cette année, Hot Fuzz (qui détourne le cinéma d’action, comme avait pu le faire Last Action Hero en son temps) et La Vengeance dans la peau (qui ramène le principe de la caméra porté dans le blockbuster hollywoodien, comme le faisait le précurseur Die Hard 3 en 1995) doivent beaucoup à la maestria filmique et conceptuelle du cinéaste. Même le jeu vidéo, qui n’hésite pas à citer des influences cinématographiques, s’y colle. En 2005, Ubisoft fait appel à lui pour développer Killing Day, un FPS ultra violent qui ne verra jamais le jour, tout comme cet autre projet de jeu d’aventure, sans titre, qui narre les exactions d’un cambrioleur à Moscou. Enfin, il n’est pas impossible que l’éditeur ait recyclé des concepts de gameplay mis en place par le cinéaste sur ses projets, tel que l’excellent Rainbow Six : Vegas, dont l’atmosphère et le style visuel doivent beaucoup à Piège de cristal. Enfin, on reparle actuellement d’une adaptation du roman Sans aucun remords de Tom Clancy (McTiernan y était déjà attaché en 1994, mais le projet n’a pas abouti), qui n’aurait peut-être pas de carrière cinématographique à l’heure qu’il est sans le succès foudroyant de A la poursuite d’octobre rouge, et même d’une suite au remake de Thomas Crown, intitulée The Topkapi Affair, en relation directe au film de Jules Dassin. Bref, si la pérennité de son œuvre n’est plus à prouver au sein des studios hollywoodiens, qui n’hésitent pas à replonger dedans régulièrement, le respect et la reconnaissance du milieu sont malheureusement encore loin d’être acquis pour John McTiernan. En 2003, quand le cinéaste se confiait à Mad Movies pour la sortie de Basic (cf. n° 153), il nous avouait avoir retrouvé une fringale de cinéma, une envie de faire des films qui ne l’avait pas habité depuis longtemps. Espérons qu’il pourra se relever après cette sordide affaire et sera entendu par un exécutif hollywoodien cinéphile (y’en a encore, non ?) capable de lui donner une seconde chance. S’il n’a plus rien à prouver à personne sur le plan cinématographique, John McTiernan le mérite plus que quiconque !
- Vos Réactions
- Réaction de Diane
- le 06/11/2007 à 04h15
- C'est risqué de faire appel, il peut prendre plus non ? Je veux dire, quatre mois c'est déjà dur, mais vu de l'extérieur, artistiquement, ça le met sur la touche pour les projets actuels, mais pas pour d'autres, futurs. Une relecture de Predador ? Fausse rumeur ou pas, c'est ridicule, le premier n'a pas cinquante ans dans les dents, loin de là .
En tout cas, ça sent terriblement mauvais son histoire. Je dirais même que c'est sombrement nébuleux (sic). Mais regardez le 13 ème guerrier. Même remonté avec les pieds, on a pas enlevé la grande rigueur et le génie qui se ressentent toujours dans ce film sacrifié. Peu de réalisateurs peuvent se flatter de ça.
Pardonnez-moi mais 4 mois il sera au plus sur la touche, pas brisé complètement... Enfin je lui souhaite.
PS : je m'en fiche du sort de Nacéri (entendre Luc Besson dire que Taxi 4 a été fait pour lui c'est assez dégoûtant). Mais c'est facile de s'en prendre à quelqu'un qui est déjà à terre et ridicule. Je voulais juste dire ça par rapport aux vannes d'en dessous. C'est vrai que c'est à mourir de rire les prisons et ceux qu'on met dedans (surtout si c'est Charles Pasqua, là c'est plus drôle tout de suite). - Réaction de McClane
- le 01/11/2007 à 16h19
- Et merde, la sentence est finalement tombée...Bon, inutile de revenir sur l'importantce de McT dans le paysage du cinema U.S, tant sa mise en scène n'a eu de cesse de révolutionner le cinéma d'action, soit en definissant ses codes pour la decennie (Die Hard), soit en l'analysant dans la perception que le public en a pour mieux le sublimer (Last Action Hero) ou le critiquer (Rollerball), en implosant les codes qu'il a crée (Die Hard3 , dont 24 et Greengrass sont hautement tributaire)...Bref, ce gars est trop important pour disparaitre, même après une peine de zonzon. Aller McT, regarde Robert Downey jr ou même Danny Trejo, ils en sont sortis grandis !
P.S: Le mec a fait Die Hard, et il a pas pu se payer un meilleur avocat ? Bon, il est plus aussi populaire qu'avant, son divorce a du lui coüter bonbon, mais quand même le coup des agents du F.B.I quand même....What the Fuck ? - Réaction de christian
- le 31/10/2007 à 02h59
- CITATION(christian @ 31 10 2007 - 03:53) (source)Salut Jésus!!!!
(t'as eu mon mail, au fait?
)
Soit dit en passant, je matais les news sur MacT et je viens de voir que Sami Naceri vient encore d'être condamné... A dix mois ferme (que l'on pourra rajouter je crois à ses 9 mois ferme déjà "cherement" acquis...). Eh beh...
En plus, il est gravement malade du foie, le mec... 2007 risque pas d'être un grand crû pour lui non plus.
Il n'est donc pas prêt de sortir du gnouf, le père Samy.
(Ouaip... Et d'ailleurs, il va peut-être falloir qu'il envisage de se ranger, sinon, à force de passer trop de temps en prison, et en plus du foie, il va peut-être aussi finir par devoir de se racheter un nouveau trou du cul, après sa sortie de taule
).
Par hasard, il nous préparerait pas "zonzon 2, le fils du retour" (L'accroche du film : "Dans les douches, personne ne vous entends crier...") ??
Sacré dégringolade que tout ça... Je n'aime pas le type ou "l'acteur" (limite, il méritait déjà la prison rien que pour avoir joué dans Taxis...), mais - même si mes pensées iraient plus du côté des victimes - il est difficile de ne pas déplorer ses problèmes, qui semblent particulièrement graves.
Et J'ajouterais quand même, en dehors de mes vannes, que j'espère malgré tout qu'il s'en sortira, ne serait-ce qu'au niveau santé... Tout ça, ce n'est sûrement pas marrant pour sa famille, après tout, à commencer par son môme. - Réaction de christian
- le 31/10/2007 à 02h53
- Salut Jésus!!!!
(t'as eu mon mail, au fait?
)
Soit dit en passant, je matais les news sur MacT et je viens de voir que Sami Naceri vient encore d'être condamné... A dix mois ferme (que l'on pourra rajouter je crois à ses 9 mois ferme déjà "cherement" acquis...). Eh beh...
En plus, il est gravement malade du foie, le mec... 2007 risque pas d'être un grand crû pour lui non plus.
Il n'est donc pas prêt de sortir du gnouf, le père Samy.
(Ouaip... Et d'ailleurs, il va peut-être falloir qu'il envisage de se ranger, sinon, à force de passer trop de temps en prison, et en plus du foie, il va peut-être aussi finir par devoir de se racheter un nouveau trou du cul, après sa sortie de taule
).
Par hasard, il nous préparerait pas "zonzon 2, le fils du retour" (L'accroche du film : "Dans les douches, personne ne vous entends crier...") ??
Sacré dégringolade que tout ça... Je n'aime pas le type ou "l'acteur" (limite, il méritait déjà la prison rien que pour avoir joué dans Taxis...), mais - même si mes pensées iraient plus du côté des victimes - il est difficile de ne pas déplorer ses problèmes, qui semblent particulièrement graves. - Réaction de Jesus Gris
- le 31/10/2007 à 00h32
- Nan, c'est clair, Mann et McT ne sont pas comparable, en dehors du fait que ce sont deux des plus grands metteurs en scènes en activité.
Celà dit, il y a quelques similitudes assez étonnantes entre Thomas Crown et Miami Vice (la structure narrative avec "entracte"/histoire d'amour, l'aspect Nouvelle vague/Cinéma vérité de certains plans, dont un ou deux quasiment identiques d'un film à l'autre, la reprise de la musique du climax, etc.).
Par contre j'avoue, si il y a un cinéaste avec lequel je vois le plus de similitudes, bien plus que Welles, c'est Tsui Hark. Dans leur manière à tout deux d'aencrer les expérimentations les plus avant-gardistes dans les genres les plus populaires, mais aussi parcequ'ils partagent pas mal de thèmes (le langage, la dualité, le chaos, la barbarie...) et que certaines de leurs oeuvres majeures se répondent: La barbarie bestiale et tribale de Predator et de The Blade, la réflexion sur les origines (monde, mythes, genre) du même The blade et du Treizième guerrier, la virtuosité chaotique de Die Hard 3 et Time and Tide, le traitement reportage de guerre de Die Hard 3 toujours et de The Blade encore,l'univers visuel sursaturé de Time and Tide et celui de Rollerball, etc. Et puis bon, Le treizième guerrier et Seven Swords ont extrêmement à voir, au delà de la référence commune aux 7 samouraïs. - Réaction de Snowman
- le 30/10/2007 à 23h46
- Je ne sais pas si on peut comparer Mann et McTiernan (si ce n'est que ce sont 2 réals sous-estimé) dans la mesure où Mann est un réal qui cherche, à travers les codes du genre, à exprimer la psyché intime de personnages cherchant à fuir un monde qui leur échappe par une mise en image confinant à l'abstraction (voir Collateral ou Miami Vice - attendu comme un rip-off de Bad Boys par 95% des spectateurs
-), là où McT est un expérimentateur ludique (façon Orson Wells) s'amusant à jouer sur la perception du spectateur (voir comment il travaille les différences de langage et expérimente la notion de point de vue dans Le 13ème Guerrier et Rollerball).
En fait, ils ont aussi en commun le fait de bousculer les codes des genres qu'ils abordent (polar, fantastiques...) pour leur donner soit une facture intimiste, soit subversive. - Réaction de Jesus Gris
- le 30/10/2007 à 22h28
- McT est juste le plus grand cinéaste ricain en activité. Predator, Die Hard, A la poursuite d'octobre rouge, Medecine Man (oui oui, même celui-là ), Last Action Hero, Die Hard 3, Le treizième Guerrier, Thomas Crown, Rollerball, Basic.... Une filmographie exemplaire. Autant de films ultra-théoriques, et paradoxalement, parmis les plus sensitifs de ces 20 dernières années, proposant à chaque fois un projet formel toujours stimulant et passionnant. Toujours expérimentaux, mais instantanément des classiques. Son influence sur le cinéma mondial n'est pas à démontrer (quand des gens comme Tsui Hark ou, de manière plus discrète, Michael Mann, lui empruntent des idées de mise en scène marquantes, y a plus rien à dire).
Donc bon, là cette histoire, l'annonce de la fin de carrière de ce grand monsieur (j'espère que je me trompe, mais bon...), c'est l'un des plus grands drames qui soit arrivé au cinéma depuis pas mal de temps. Ca me donne envie de chialler... Et puis merde, ça veux dire qu'on va devoir attendre encore 50 ans pour avoir le droit à Eaters of the deads et à la director's cut de Rollerball (parceque en l'état, Le Treizième guerrier reste un chef-d'oeuvre ultime, et que le remake du Jewison, même s'il demeure l'un des films les plus charcutés et mal monté de la décennie, reste passionnant, furieux et bourré d'idée de cinéma qui pourraient nourrir au moins une dizaine de films, mais ce sont deux oeuvres extrêmement frustrantes.)
Voilà .
Sinon, bonjour à Chris
- Réaction de christian
- le 30/10/2007 à 21h15
- CITATION(Snowman @ 30 10 2007 - 22:04) (source)Je me demande ce qu'un film comme 300 aurait donné sous sa coupe
Et puis merde, j'attendais Run comme un fou (une poursuite de 100 pages, connaissant sa gestion et sa maitrise de l'espace et du rythme...
), ça fait chier qu'il se soit fait choper pour un truc aussi con
Et pendant ce temps-là Brett Ratner court toujours...
Au fait, mon pseudo d'avant, c'était "chris" opur ceux qui ne m'aurait pas reconnu. :-) - Réaction de christian
- le 30/10/2007 à 21h14
- Eh beh... C'est vraiment triste, tout ça... Croisons les doigts pour qu'il se sorte de tout ça, notre MacT pas nationnal du tout mais au talent internationnal... Allez, on lui balance tous notre soutien sur son site, tiens... (il en a un, d'ailleurs?).
- Réaction de Snowman
- le 30/10/2007 à 21h04
- Je me demande ce qu'un film comme 300 aurait donné sous sa coupe
Et puis merde, j'attendais Run comme un fou (une poursuite de 100 pages, connaissant sa gestion et sa maitrise de l'espace et du rythme...
), ça fait chier qu'il se soit fait choper pour un truc aussi con
Et pendant ce temps-là Brett Ratner court toujours... - Réaction de Décébé
- le 30/10/2007 à 20h12
- Mc T est tout bonnement l'un des meilleurs réalisateurs de ces dernières années. Incompris et conspué par Hollywwod, il reste tout de même le gars qui a réiventé le cinéma d'action (avec Prédator, Die Hard, puis Die hard 3) et l'un des rares à maitrise correctement la caméra, aux coté de Mann par exemple. Esperons tout de même qu'il renouera avec le cinéma car, tout comme l'un des grands autres absent depuis trop longtemps, Monsieur Big John, il manque cruellement au cinéma d0aujourd'hui.
RSS 2.0