William Friedkin

- Date de Naissance : 29/08/1935
- Lieu de Naissance : Chicago, Etats-Unis
- Activités : Acteur, Réalisateur, Scénariste, Producteur
- Site Web :
http://www.williamfriedkin.com/
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Cette sensibilité dévoile naturellement tout son sens dans les scènes d’action, tout particulièrement lors des poursuites automobiles chorégraphiées d’un film à l’autre par le maître. Longue de 13 minutes, la course endiablée de French Connection, opposant le véhicule de Gene Hackman à un métro aérien lancé à vive allure, éclaire d’ailleurs le paradoxe premier du cinema de Friedkin : le parti-pris documentaire ne s’y fait jamais au détriment de l’implacable précision des mouvements d’appareil. Cadrée en grande partie en vue subjective, à même l’asphalte, et uniquement soutenue par des effets sonores allant crescendo, la séquence offre une représentation quasi-expérimentale de la vitesse à l’écran, ridiculisant au passage la fameuse scène similaire du Bullit de Peter Yates (1968). En 1985, Friedkin se frotte de nouveau à l’exercice. Plus courte que son aînée (sept minutes tout de même), la poursuite de Police Fédérale Los Angeles accumule les plans-séquences infilmables, parvient à désigner constamment les acteurs de la scène au milieu des embouteillages, accumule les interactions entre l’avant (des snipers par exemple) et l’arrière plan (le véhicule des héros, contraint de slalommer entre les tirs), se risque à une incroyable virée à contre-sens... Dans le genre, personne ne fera jamais mieux, pas même les Wachowski brothers qui, avec Matrix Reloaded, abordaient leur plat central avec le chef-d’oeuvre de Friedkin en tête. Friedkin qui se laissera de son côté tenter à deux nouvelles reprises par cette figure désormais imposée de son oeuvre : via l’étonnante traque au point mort de Jade d’une part, au beau milieu de festivités chinoises, puis la fuite musclée de Benicio Del Toro dans le trafic d’un quartier résidentiel dans Traqué, une brève explosion de violence mécanique qui aurait mérité d’être dilatée sur quelques minutes supplémentaires.

L’espace obsède à tel point William Friedkin qu’il lui dédie en 1977 l’un de ses meilleurs films: Le Convoi de la Peur (Sorcerer), projet fou de cinéma d’aventure dont l’échec commercial condamnera son auteur à quelques années de descente aux Enfers. Remake du Salaire de la Peur de Henri-Georges Clouzot (ou nouvelle adaptation par Walon Green du roman de Georges Arnaud), Sorcerer (titre original) éclaire un autre aspect du cinema de Friedkin : sa fibre anthropologique, qui se retrouve jusque dans ses longs-métrages les plus enracinés dans un genre (L’Exorciste, La Nurse, Le Sang du châtiment, L’Enfer du devoir, Bug). Les vingt minutes d’introduction du film, qui suivent à tour de rôle les destinées d’une poignée de criminels aux quatre coins du globe, donnent ainsi l’occasion au réalisateur de confronter les us et coutumes de plusieurs pays antinomiques, et d’étudier les différences entre des cultures qui, en definitive, seront parvenues à faire pousser des fruits communs. Quelles que soient leurs origines, les quatre “héros” du Convoi de la Peur sont décrits comme les produits d’une société moderne en pleine déliquescence. Accablés par les conséquences de leurs actes, ils trouvent exil dans un ghetto sud-américain en proie à la dictature, et ce n’est qu’au cœur d’une jungle dépolitisée qu’ils rapprendront à s’entraider de manière instinctive, avec comme seul et unique dessein celui d’en réchapper vivant. Survival tétanisant doublé d’une expérimentation sensorielle inédite sur la représentation du décor, Sorcerer rentre par ailleurs dans l’histoire grâce à une séquence hors du commun : frappés par une tempête divine, les personnages doivent traverser en camion un pont de lianes branlant, en évitant qu’un choc trop violent ne fasse détonner les kilos de dynamite entassés dans leur coffre.



- Vos Réactions
- Réaction de TIMM
- le 01/07/2008 à 11h27
- CITATION(Le Toursiveu @ 30 6 2008 - 20:29) (source)J'aimerais rappeler l'existence de deux films "mineurs" de Friedkin, The Brink's Job (Têtes Vides cherchent Coffre Plein), une comédie hilarante de 1978 sur un braquage de banque par une bande de bras cassés (Peter Falk, Peter Boyle, Warren Oates, Paul Sorvino ) handicapée par le genre de titre français d'habitude réservé aux films de Philippe Clair ou de Jean Lefèbvre, mais néanmoins savoureuse (un des meilleurs rôles de Peter Falk!).
Digne d'intérêt également Deal Of the Century (Le Coup du Siècle - [b]1983) [/b] une autre excellente comédie réalisée avec la virtuosité habituelle du réalisateur. Avec Chevy Chase et Sigourney Weaver.
Bien vu !!! c'est vrai que l'on a tendance à oublier ces deux films vraiment drôles (tout comme on oublie l'excellent "Wise Guys" aka "Mafia Salad" de De Palma, avec Danny De Vito et Harvey Keitel, tourné entre "Body Double" et "Les Incorruptibles" et lui aussi handicapé par un titre français débilitant. "Mafia Salad"... n'importe quoi...).
à quand des éditions DVD de ces films dits "mineurs", hein? plutôt que de nous sortir des éditions "director's ultimate collector platinum" (qui n'en sont pas) de films, eux, bien mineurs... (non, pas de nom...).
- Réaction de molasar
- le 01/07/2008 à 11h09
- J'aime bien sa filmo des années 70 et 80...j'adhère beaucoup moins à ce qu'il a fait après 1987 et RAMPAGE -son dernier vrai bon film à mes yeux- même si je ne déteste pas le très décrié LA NURSE...

- Réaction de McClane
- le 01/07/2008 à 00h12
- Super article! C'est vrai qu'on peut repprocher McT de Friekin, notamment sur la façon dont ils renversent progressivement le point de vue de l'histoire. To Live and To Die in L.A et Basic sont assez proches en cela. Dans le premier, au fur et à mesure que Pankow et Petersen s'approchent du point de non-retour et que le second contamine le premier de ses, c'est vraiment à ce dernier que Friedkin va s'interesser, surtout quand leur crime commun fait naître chez lui une culpabilité à laquelle Petersen va rester de marbre. Dans Basic, c'est l'acharnement et la tenacité du personnage de Connie Nielsen qui va lui permettre de prendre le dessus sur celui de Travolta, au fur et à mesure qu'elle découvre la vérité. Bon, c'est pas du tout les mêmes structures narratives ni les mêmes enjeux, mais dans la manière virtuose d'amener progressivement ce changement de perspective, on peut faire la liaison.
- Réaction de Le Toursiveu
- le 30/06/2008 à 20h29
- Excellent article!
J'aimerais rappeler l'existence de deux films "mineurs" de Friedkin, The Brink's Job (Têtes Vides cherchent Coffre Plein), une comédie hilarante de 1978 sur un braquage de banque par une bande de bras cassés (Peter Falk, Peter Boyle, Warren Oates, Paul Sorvino ) handicapée par le genre de titre français d'habitude réservé aux films de Philippe Clair ou de Jean Lefèbvre, mais néanmoins savoureuse (un des meilleurs rôles de Peter Falk!).
Digne d'intérêt également Deal Of the Century (Le Coup du Siècle - [b]1983) [/b] une autre excellente comédie réalisée avec la virtuosité habituelle du réalisateur. Avec Chevy Chase et Sigourney Weaver.
Dans la section "pas vu", j'aimerais découvrir le documentaire "Fritz Lang Interviewed By William Friedkin"... La rencontre au sommet de deux maîtres. A ma connaissance ce documentaire de 1974 n'a jamais été édité en DVD...
Sinon j'ai appris récemment que William Friedkin avait été marié très brièvement à Jeanne Moreau. Non, ça n'a aucun intérêt. Ca m'a étonné, c'est tout...
Deuxième anecdote, plus intéressante, Michael Mann lui a intenté un procès en 1985, affirmant que To Live and Die In L.A. était plagié sur la série Miami Vice... Michael Mann a perdu le procès. - Réaction de TIMM
- le 30/06/2008 à 18h02
- HURRICANE BILL!!!

- Réaction de Movieboy
- le 30/06/2008 à 16h40
- Un papier récapitulatif excellent, notamment dans l'analyse de FRENCH CONNECTION et ce chef d'oeuvre monstrueux qu'est SORCERER, mais il y aurait peut-être un peu de plus de place pour CRUISING, L'EXORCISTE ou LE SANG DU CHATIMENT, ça aurait été parfait...
Big up, en tout cas !
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