L'HORRIBLE INVASION - Body Snatchers - Les différentes versions

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L'HORRIBLE INVASION

Body Snatchers - Les différentes versions

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Peu importe cependant que Don Siegel ait continué de nier la portée thématique de son film. L’invasion des profanateurs de sépultures a fini par contaminer des hordes de cinéphiles au fil des années, et ceux-ci ont fortement été impressionnés par le contenu thématique du film. C’est le cas du réalisateur Philip Kaufman et du scénariste frappadingue W.D. Richter (Les aventures de Buckaroo Banzai à travers la 8ème dimension, c’est lui !), qui se chargent de concert du remake officiel et décident de l’orienter vers la fable politique. Nous sommes en 1978, et les Etats-Unis viennent de traverser une décennie difficile, avec le scandale du Watergate et la déculottée au Vietnam en premier lieu. L’état d’esprit ambiant est retranscrit dans quelques films avançant la thèse du complot gouvernemental (les films de Alan J. Pakula, comme Les Hommes du président, en tête) et l’idée de mixer le genre fantastique avec le film de complot s’impose rapidement pour les deux hommes. Il apparaît alors évident que ce remake, cette fois titré L’invasion des profanateurs comme le roman dont il s’inspire, est une œuvre de fan, ne serait-ce que dans sa propension à intellectualiser le film original pour en régurgiter le résultat à l’écran. C’est dans cette logique que les caméos de Kevin McCarthy et Don Siegel prennent tout leur sens, le premier reprenant rapidement son rôle pour permettre à son personnage de connaître le sort qui lui était autrefois réservé, et le second apparaissant comme un chauffeur de taxi suspicieux et déjà assimilé par les profanateurs de sépulture en titre.


Bref, on pourrait presque parler de post-modernisme avant l’heure, d’autant que cette version de 1978 profite de l’original pour rebondir et développer des nouvelles idées qui feront date : le procédé d’assimilation est cette fois plus graphique (lors d’une séquence mémorable, Bennell est confronté à son double), la menace physique est plus présente avec cette fameuse imagerie de dénonciation accompagnée d’un cri strident (la très célèbre séquence finale) et il est possible de tromper les assimilateurs en ne montrant absolument aucune émotion. Autant d’éléments qui permettent de nourrir la mythologie de ce nouveau monstre du fantastique au point d’influencer directement les prochains remakes à venir, ainsi que quelques œuvres plus officieuses (le très sympa Hidden en tête). Servi par un casting de luxe (Donald Sutherland, la trop rare Brooke Adams, Jeff Goldblum, Veronica Cartwright et cette vieille ganache de Leonard « Spock » Nimoy), quelques idées barges (un croisement humain/chien assez Z en provenance directe du cerveau torturé de Richter) et un scénario souvent percutant, L’invasion des profanateurs souffre cependant d’une mise en image brouillonne et peu rigoureuse de la part de Kaufman, certainement handicapante pour un film dont les ambitions dépassent la logique de série B de l’œuvre originale. Un défaut répréhensible, mais qui n’empêche pas le film de remporter un franc succès (25 millions de dollars pour un budget de 3 millions) et d’être érigé en exemple dès que l’on évoque la notion de remake réussi.

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  • Vos Réactions
  • Réaction de kaylios
  • le 26/07/2008 à 03h23
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  • Ben moi, j'ai vachement aimé le dernier remake "INVASION"! C'est un film net et sans bavure, en plusieurs actes qui se téléscopent sans bobos. De toutes les versions (toujours politisées), c'est celle qui approndie le plus l'essence fantastique du concept, la seule qui va gratter au fin fond du trou du cul de son pitch. L'approche, qui comporte de multiples facettes (la fesse scientifique, la fesse philosophique, politique, psychologique+ un peu d'action + un brin de tension sans exagération), prend le temps de traiter tout ça sans rien omettre, ni rien releguer au second plan, et sans que le rythme n'en souffre. Au contraire, on s'immerge, on est sollicité par toutes les promesses contenues dans le thème et du coup, on ne sait plus ce que veut voir se réaliser à la fin. Toutes les possibilités sont alléchantes. En deux heures on a le contenu d'une mini-série en quatre épisodes...Alors oui, était-il besoin de tout formuler, plutôt que de faire passer un certain nombre d'idées dans les images et la mise en scène? De laisser l'esprit de déduction et de réflexion du spectateur tirer les conclusions ? On nous mâche le boulot, mais merde, à force de tout suggérer, de tout dire à mi-mot, d'explorer les films à travers les codes et les visions personnels du réal, on en oublie que de temps en temps, il faut formuler clairement les choses. C'est ce que fait INVASION. Mon seul regret, j'attendais une fin pessimiste...ça manque de couilles dans les derrière secondes. Mais dans l'ensemble, la multiplicité des créas qui ont planchés dessus à été plutôt salutaire...L'ayant vu sans attentes, et même sans savoir au début ce que que c'était le remake, j'ai eu l'impression de me faire enc... par une très très grosse bi.. et pour une fois, même pas mal!
  • Réaction de Tigelz
  • le 15/05/2008 à 21h11
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  • Très bon article. Le seul problème c'est qu'il aurait peut-être été préférable de le publier en octobre dernier avec la critique accompagnant Invasion (critique contenant en substance les grandes lignes de l'article ici présent d'ailleurs). Et au risque d'être le seul, j'aime beaucoup Invasion, que je considère au niveau de la version de Kaufman (plus flippant, mais moins bien rythmée). Celle de Ferrera étant juste une merveille.
  • Réaction de Movieboy
  • le 15/05/2008 à 17h42
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  • Excellentissime article, tout simplement.

    Qui soulève d'inquiétantes questions, par ailleurs : Mad prépare-t-il une mue prochaine vers le médium internet ? Va-t-il, à l'instar de Premiere (qui n'en finit pas de chuter au niveau commercial pour la version papier) se dissoudre dans les pixels d'un écran 19 pouces ?

    Car franchement, depuis un moment, on a l'impression que l'équipe réserve ses meilleurs papiers pour le Net, et bâcle à mort les sommaires du mag'... Non mais sérieusement !

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