LA RECONNAISSANCE Â DOUBLE TRANCHANT - Portrait de Tony Todd

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LA RECONNAISSANCE Â DOUBLE TRANCHANT

Portrait de Tony Todd

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Cette nouvelle notoriété permet donc à l’acteur de prétendre à des seconds rôles conséquents, à condition qu’il s’agisse d’une œuvre fantastique, comme c’est le cas de The Crow, où il incarne Grange, l’homme de main de Top Dollar. Sur ce tournage aux conditions très difficiles, il se lie d’amitié avec Brandon Lee, seulement quelques temps avant l’accident tragique : « J’ai fini de tourner mes séquences quelques jours avant l’accident, donc je n’étais pas présent. On m’a appelé pour me prévenir, et c’était dur à entendre. Paramount, qui devait sortir le film à l’époque, nous mettait la pression. Ils savaient que le film était spécial et que le rythme de travail était infernal : 17 heures par jour. Quelque soit votre métier, 17 heures de travail par jour, c’est beaucoup trop, surtout dans l’environnement dans lequel nous tournions, une sorte de caverne souterraine. Depuis cet accident, Hollywood s’est un peu calmé, et il est plus rare aujourd’hui de dépasser les 15 heures de travail par jour ». Un an après la sortie de The Crow, Tony Todd reprend le rôle du Candyman pour une inévitable suite réalisée cette fois par un Bill Condon (Gods and Monsters, Dreamgirls) pas encore abonné aux niaiseries de Broadway. Loin d’égaler la sensation provoquée par le premier film en son temps, Candyman 2 souffre de l’absence de Virginia Madsen et devient un petit shocker dont le seul intérêt réside dans les flashs-backs relatant les origines du personnage en titre. La mode des boogeymen étant passée depuis longtemps, le film ne récolte que la moitié des recettes de l’original et condamne surtout le personnage à une autre suite, télévisuelle cette fois, qui sortira en salles chez nous en 1999, dans l’indifférence générale. Réalisée par le tâcheron Turi Meyer (l’inédit Sleepstalker), ce très médiocre Candyman : Day of the Dead signe la mort de la franchise, mais n’empêche pas Tony Todd de continuer à tourner.

Avec pratiquement une centaine de rôles à son actif, que ce soit au cinéma, à la télévision (il apparaît dans des séries populaires comme Xena, Star Trek DS9 et Voyager, Babylon 5) et même dans le jeu vidéo (Half-Life 2 : Episode 2), Tony Todd profite principalement de son statut d’icône du genre horrifique. C’est en tant que tel qu’il apparaît dans Wishmaster (pour se faire dégommer par le boogeyman en titre), dans la série des Destination Finale (ou il joue un croque-mort énigmatique et omniscient), dans le sulfureux Murder Set-Pieces, le slasher comique Hatchet de Adam Green ou encore dans le second épisode de Masters of Horror réalisé par Mick Garris (Valerie on the stairs). Reste que la quantité lui permet de se diversifier un minimum et de changer subtilement de registre, puisqu’il incarne également un mercenaire teigneux transformé en « rocket-man » par Nicolas Cage dans The Rock de Michael Bay, des flics dans 24 heures chrono ou encore Les Experts à Miami et même un amant délicat dans le très parisien Le Secret de Virginie Wagon, film d’auteur français co-écrit par Erick Zonca, l’auteur de La Vie rêvée des anges ! Un titre surprenant, qui détonne dans une carrière désormais vouée aux DTV souvent anonymes et tournés à la chaîne. Une orientation qui ne semble pas forcément enchanter l’acteur ces derniers temps : « Si j’avais les moyens de choisir le médium dans lequel je m’exprime en tant qu’acteur, je ne ferais que du théâtre. Je préfère le théâtre au cinéma, c’est plus réel, plus honnête et impossible à feinter. Mais le seul théâtre qui paye, c’est Broadway ». C’est sûr qu’avec des futurs titres comme Shadow Puppets, Dark Reel ou encore 2001 Maniacs : Beverly Hellbillys, on en est loin !

Stéphane Moïssakis
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  • Vos Réactions
  • Réaction de Le Toursiveu
  • le 06/05/2008 à 17h34
  •  
  • Excellent acteur ce Tony Todd, malheureusement relégué aux séries Z depuis Candyman 3.

    Il y a quelques années j'avais lu une longue interview dans laquelle Tony Todd avait été obligé de remettre les pendules à l'heure sur une rumeur tenace qui le concernait. Plusieurs sites ou magazines avaient lancé la rumeur selon laquelle il était atteint du SIDA. Je ne me rappelle plus comment cette rumeur était née. Mais ce que Todd disait dans cette interview c'est que malgré le fait que c'était totalement faux et fabriqué de toutes pièces, certains réalisateurs avaient préféré ne pas l'engager à cause de cette rumeur tenace...

    Ce serait sympa de le revoir dans un quatrième Candyman, avec un vrai réalisateur aux commandes!

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