Les Derniers Dossiers
- ...La Saga Terminator
- ...Le Culte De La Réalisation
- ...Portrait de Kathryn Bigelow
- ...La Genèse De Indy Iv
- ...Surviving The Game
- ...Portrait de Ernest Dickerson
- ...L'avocat Du Diable
- ...Portrait de William Friedkin
- ...Les Films En 3-d
Avec son mètre 96 et sa tronche des mauvais jours, Tony Todd pouvait difficilement passer inaperçu dans le domaine de la série B, toujours avide de trognes « bigger than life ». Ce sera plus spécifiquement le cinéma d’horreur qui va le révéler, un genre dans lequel il débute en fait sa carrière, au début des années 70, mais pas forcément sur grand écran.
« J’ai commencé à faire l’acteur durant mon adolescence, quand ma professeur d’anglais s’est intéressée à moi » raconte Tony Todd. « Elle disait que j’avais la taille idéale et que ma voix commençait à changer. J’ai auditionné pour une adaptation théâtrale de Dracula, en espérant être choisi pour le rôle titre. J’ai finalement joué Van Helsing, et c’est depuis ce jour-là que je suis accro au métier d’acteur. Il est d’ailleurs intéressant de constater que mes débuts se sont effectivement fait dans le genre horrifique ». Ce n’est qu’en 1986 que l’acteur met les pieds sur un plateau de cinéma pour la première fois, lorsqu’il tourne dans Platoon de Oliver Stone. Une petite apparition qui lui permet d’enchaîner les boulots alimentaires à la télévision (MacGyver, 21 Jump Street, Simon & Simon) et d’accrocher quelques réalisateurs prestigieux à son palmarès (il apparaît dans Bird de Clint Eastwood et dans Colors de Dennis Hopper). Une amorce de consécration se présente pour l’acteur en 1990, sous la forme d’un cadeau empoisonné. Effectivement, Tom Savini le choisit pour jouer le rôle de Ben dans son remake de La Nuit des Morts-vivants, qui fut interprété dans la version d’origine par le regretté Duane Jones, une des influences majeures dans la carrière de Tony Todd. Si le rôle est forcément intéressant, le film n’est pas à la hauteur des attentes, tant en termes artistiques (il faut dire que le studio a grandement remonté le film) qu’en termes commerciaux. Heureusement pour lui, Todd se relève sans souci de cet échec et enchaîne avec le rôle de la reconnaissance : celui de Daniel Robitaille, alias le Candyman, un nouveau boogeyman qui débarque sur les écrans en 1992, alors que le genre est en fin de course et que les suites des Griffes de la nuit, de Hellraiser, Vendredi 13 et Halloween n’attirent plus grand monde au cinéma. Le talent de son créateur Clive Barker et la vision du réalisateur Bernard Rose font cependant la différence, puisque le personnage est présenté comme une figure tragique et émotionnelle, très éloignée de la concurrence qui bêtifie de plus en plus ses figures emblématiques. Même si le succès est au rendez-vous, avec 25 millions de dollars amassés rien qu’en salles aux Etats-Unis, Tony Todd explique que le film était censé aller plus loin dans sa logique romantique : « Ma première impulsion sur Candyman a été de rapprocher le personnage du Fantôme de l’opéra. A mon sens, les abeilles représentent plus qu’un simple accessoire de sa panoplie horrifique. Elles symbolisent la colère du personnage, et je pense que le film raconte également une histoire raciale. Le plus grand crime de ce personnage tragique est d’être tombé amoureux de la mauvaise personne. Dans le premier montage du film, l’histoire d’amour entre Candyman et Virginia Madsen était plus accentuée, mais le studio a pris peur et a grandement atténué cet aspect du film ». Comme c’est le cas pour d’autres acteurs avant lui (Robert « Freddy » Englund notamment), Tony Todd est tellement convaincant et populaire dans le rôle du Candyman, qu’il est aussitôt enfermé dans le genre fantastico-horrifique, avec les conséquences que cela entraîne sur sa future carrière : « Rosemary’s Baby est le premier film qui m’a fait comprendre qu’il était possible de faire de l’horreur avec un peu plus d’ambition que celle de Hollywood à l’époque, qui a toujours cultivé une relation amour/haine avec le genre » confie l’acteur. « Pourtant, le cinéma d’horreur a sauvé Hollywood tellement de fois que c’en est presque devenu une tradition. Peu de gens respectent vraiment le cinéma d’horreur, et je sais que j’ai perdu beaucoup de rôles plus traditionnels à cause de mon travail dans le cinéma d’horreur ».



- Vos Réactions
- Réaction de Le Toursiveu
- le 06/05/2008 à 17h34
- Excellent acteur ce Tony Todd, malheureusement relégué aux séries Z depuis Candyman 3.
Il y a quelques années j'avais lu une longue interview dans laquelle Tony Todd avait été obligé de remettre les pendules à l'heure sur une rumeur tenace qui le concernait. Plusieurs sites ou magazines avaient lancé la rumeur selon laquelle il était atteint du SIDA. Je ne me rappelle plus comment cette rumeur était née. Mais ce que Todd disait dans cette interview c'est que malgré le fait que c'était totalement faux et fabriqué de toutes pièces, certains réalisateurs avaient préféré ne pas l'engager à cause de cette rumeur tenace...
Ce serait sympa de le revoir dans un quatrième Candyman, avec un vrai réalisateur aux commandes!

RSS 2.0