Eden Log

- Titre Original : Eden Log
- Pays/Année de Production : France, 2007
- Réalisation : Franck Vestiel
- Scénario : Franck Vestiel, Pierre Bordage
- Dir. Photo : Thierry Pouget
- Musique : Alex Cortés, Willie Cortés
- Production : Cédric Jimenez
- Interprétation : Clovis Cornillac, Gabriella Wright, Vimala Pons
- Distribution : Bac Films
- Sortie Originale : 26/12/2007
- Sortie en France : 26/12/2007
- Site Web :
http://www.bacfilms.com/site/edenlo...
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Bon, on va la faire rapide en ce qui concerne le manque de projets ambitieux et réussis dans le cinéma de genre français, puisqu’on le ressort à l’occasion de chaque prod’ hexagonale abordant le genre qui nous réunit en ces lieux. Le sujet reste malheureusement pertinent, mais comme l’a fait judicieusement remarquer Pascal Laugier dans le Mad 201, il faudra certainement se résigner à voir surgir des œuvres éparses tenues à bout de bras et avec conviction par quelques forcenés passionnés. Et Eden Log est assurément de celles-là.
Tolbiac (Clovis Cornillac, à fond dans son rôle) se réveille nu, dans le froid et la boue. Autour de lui, les ténèbres d’un monde souterrain et déliquescent, ruines spectrales hantées par les fantômes d’une technologie obsolète, et par des créatures terribles et féroces. Tolbiac va devoir se frayer un chemin vers la surface pour trouver qui il est et surtout, ce qu’est Eden Log, ce monde meilleur qu’un hologramme désincarné l’enjoint à rejoindre…
De la SF graphique, ambitieuse, engagée, avec une vraie proposition de mise en scène et des choix couillus bien éloignés des canons cinématographiques en vigueur dans notre noble patrie ? Oui, tout cela, on le trouve dans Eden Log. Tout d’abord dans le parti pris visuel et narratif qui préfère, au clinquant clinique et claudiquant d’un Chrysalis, une esthétique du chaos et du clair-obscur (superbe photo de Thierry Pouget, on se croirait tour à tour dans les deux premiers Alien, dans Doom 3, et surtout, référence détectée par nombre de critiques geeks, dans le fabuleux manga Blame !, qui narrait lui aussi les déambulations cauchemardesques d’un personnage solitaire au cœur d’un étrange monde souterrain). Même les éléments technologiques du film évitent le côté gadget pour coller « harmonieusement » à cette patine dégénérescente. Résultat : on y croit dur comme fer, et il suffit seulement de quelques images à Franck Vestiel (premier assistant réal’ sur Saint Ange, Ils et Dante 01) pour conférer à son univers une véracité et une texture bien réelles. De fait, il était hors de question de filmer le tout à coups de travellings épurés et de plans rigoureusement géométriques, sous peine de désolidariser les images de leur mise en scène. Naturel, donc que la caméra à l’épaule soit reine, afin non seulement d’épouser le chaos ambiant, mais aussi d’accompagner au plus près Tolbiac dans son voyage des ténèbres vers la lumière… Le cadrage se charge d’enraciner les personnages dans ce monde agonisant en déséquilibrant les éléments visuels et leur agencement au sein de la composition. Des choix qui illustrent idéalement les thématiques du film, en traduisant presque physiquement la révolte d’une nature à l’agonie dont la rage contamine la terre, l’air, et les hommes…
Car ces galeries souterraines qu’arpente Tolbiac ne sont rien d’autre que les entrailles d’une planète au stade terminal d’une longue maladie. Et les origines de cette maladie, le personnage devra les découvrir par lui-même, dans un parcours qui ressemble diablement à une version cinématographique de l’allégorie de la caverne de Platon où, rappelons-le, des hommes enchaînés dans une sombre caverne doivent remonter vers la lumière pour accéder à la connaissance, sans se laisser leurrer par les ombres que projette cette même lumière, simulacres de la vérité tant désirée. En une séquence étonnante, Vestiel reprend à son compte la célèbre parabole platonicienne et associe philosophie et cinéma : Tolbiac, face à un projecteur, doit construire avec un bric-à-brac délabré un écran de fortune pour comprendre l’image projetée dans le vide. Il apprend ainsi un des éléments qui compose la vérité, mais un élément fragmenté, qui ne peut lui apporter la réponse recherchée. Et quand la révélation arrivera, cet homme nouveau, débarrassé des préjugés inhérents à sa condition précédente, « re-né » dans la boue originelle et doté d’une psyché vierge, sera le vecteur d’un renouveau (ou d’une fin, c’est selon) dont la radicalité et la représentation graphique n’est pas sans rappeler nombre d’images issues de la japanime. Une conclusion puissante qui balaie d’un revers de main énervé les quelques scories du long-métrage (maladresses visuelles et rythme parfois défaillant) pour laisser le spectateur sur le cul. Inutile de préciser qu’on attend avec impatience le prochain projet de Franck Vestiel, qui vient de lancer mine de rien un sacré pavé dans la mare et de se poser comme un cinéaste exigeant, ambitieux et talentueux, tout ça en un seul (sacré) film…



- Vos Réactions
- Réaction de Zdrek Fur
- le 24/08/2008 à 22h00
- ça faisait longtemps que je n'avais pas acheté un DVD sans être sûr de la qualité, mais là, frustré de l'avoir loupé lors de sa sortie en salle, j'ai acheté Eden Log presque par réflexe quand je l'ai aperçu dans le rayon.
Je l'ai maté comme sous hypnose, happé dès les premières images, envoûté par les premières notes de musique.
Franchement, les défauts ne m'ont pas choqué, et j'ai apprécié le rythme du début à la fin, complètement immergé dans le film grâce à la photo, la lumière, les décors, l'ambiance, l'histoire, et tout le reste...
Et puis ce final assied carrément les baloches de ce film qui va, sans jamais se salir dans l'ostentatoire, au bout de son propos et nous laisse gentiment sur le cul, les larmes aux yeux.
J'y vais peut être un peu fort, mais j'ai l'impression de ressentir ce qu'on du ressentir ceux qui, en 1976, sont sortis de la projection d'Assault on Precinct 13 les yeux écarquillés.
Je ne veux pas comparer les 2 cinéastes (ça sert à rien), mais en tant que grand fan de Big John, j'ai hâte de voir ce qui va sortir du cerveau de Franck Vestiel.
Z. - Réaction de ordinaire
- le 05/01/2008 à 11h23
- Je suis allé voir EDEN LOG et je m'interroge.... ce doit être un problème de vitesse de connexion, je dois être en (très) bas débit parceque je n'ai pas vu le même fantastique film ambitieux.
C'est très bien de faire de faire des dithyrambes (PLATON, allons allons...) sur les films des copains mais après il y a des gens qui y vont, qui payent... Alors CHRYSALIS est mauvais et EDEN LOG est bon, y'en a qui on la carte ou quoi ? car entre les deux, tout bancals qu'ils sont, il y a un incontestablement plus abouti, mais celui la c'est le cinema de papa pas un vrai MAD MOVIES, faut croire. Avec le numero 200 on nous fait un petit syndrome POSITIF.
Franchement un EDEN LOG, autre que français, s'eu été un film brouillon mais qui manque cruellement de finition, notamment à cause d'un scénario mince et d'une construction narrative éculée. - Réaction de Dr_Zaius
- le 04/12/2007 à 18h40
- je serai ravi si on retrouvait l'ambiance de Blame!
Bon, déjà on a le mot "log" qui fait écho à au découpage du manga.
Sinon, moi aussi je suis tenté par ce film - Réaction de guiyomus
- le 04/12/2007 à 17h48
- Vraiment hate de le voir celui-la!

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