Surveillance

- Titre Original : Surveillance
- Pays/Année de Production : Etats-Unis - Allemagne, 2008
- Réalisation : Jennifer Lynch
- Scénario : Jennifer Lynch, Kent Harper
- Dir. Photo : Peter Wunstorf
- Musique : Todd Bryanton
- Production : Kent Harper, Marco Mehlitz, David Michaels
- Interprétation : Julien Ormond, Bill Pullman, Pell James, Ryan Simpkins, French Stewart, Kent Harper
- Durée : 98'
- Distribution : Wild Bunch Distribution
- Sortie en France : 30/07/2008
- Site Web :
www.surveillance-lefilm.com
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Le FBI et des serial-killers : des éléments suffisants pour déclencher l’envie de voir un film attendu avec curiosité car réalisé par Jennifer « fille de David » Lynch (dont tout le monde a oublié Boxing Helena). Dire qu’elle fait honneur au sang qui coule dans ses veines serait un doux euphémisme : Surveillance est une grenade à fragmentation qui explose la rétine et le cerveau.
Imaginez qu’à la suite du tournage de Twin Peaks : Fire Walk with Me, David Lynch ait pris sa retraite et qu’il ait finalement décidé de rempiler cette année pour nous offrir un thriller redneck et déviant qui atomise la totalité de la production de genre US. Imaginez un Hollywood Night bourré jusqu’à la moëlle d’émotion brute et de folie furieuse, assemblé comme une pyramide dont chaque face n’est que le reflet de ceux qui apportent des pierres à l’édifice sans qu’il soit possible pour le spectateur d’en avoir une vue d’ensemble, à moins d’une totale empathie avec l’œil et l’esprit de celui qui en occupe le sommet mais dont on ignore l’identité. Imaginez, enfin, que Tueurs nés ait trouvé son égal.

A la vision de Surveillance (un titre loin d’être innocent), l’évidence saute aux yeux : la présence de David Lynch à la « production exécutive » n’est qu’un leurre, tant l’influence de son style est présente. Que ce soit dans la construction de l’intrigue, les moments où le temps semble suspendu, les regards échangés, les phrases mystérieuses (voire codées), les indices qui n’en sont pas et ceux qui en sont sans en avoir l’air, la caractérisation outrancière des personnages (qui n’est bien sûr qu’un masque de foire derrière lequel se tapit le Mal) ou la charge sexuelle qui transpire de l’écran, on nage en plein trip Twin Peaks. A une différence près : ce n’est pas l’homme de Blue Velvet qui nous y plonge, mais sa fille. A cet égard, Surveillance est à 100% l’œuvre d’une femme, avec tout ce que ça implique de sensualité, de douceur, de cruauté et de subtilité. Rares sont les séries B (car c’en est une dans le sens le plus noble du terme) qui fassent preuve d’une telle intelligence et qui fassent autant appel à celle du spectateur. Cérébral, Surveillance ? Certes, mais pas seulement.
Surveillance - Bande-annonce française vostf



- Vos Réactions
- Réaction de Ice Cube
- le 13/08/2008 à 00h25
- Où est l'inspiration "David Lynch" dans la réal de ce film, si ce n'est dans son générique et dans le parallèle avec une scène torride (dont le but est sciemment détourné ici) de Mullholland Drive ? Je ne la vois pas.
Pour moi, "Surveillance" n'est un film ni "lynchien", ni semblable à "Boxing Helena".
Même si le twist est loin d'être original, Jenny nous fait vivre intensément les émotions vécues -ou imposées- par les personnages. Pour ça, chapeau.
Et puis, je l'avoue, j'ai triqué : plus Eros que Thanatos, donc... - Réaction de nikos
- le 03/08/2008 à 01h25
- Moui...........
Vu hier soir, et plutôt mitigé après réflexion...
J'ai apprécié cette tension et l'atmosphère poisseuse qui se dégageait du film, et que Lynch fille a su distiller tout au long du film.
Mais le twist m'a laissé sur ma faim, et en cela, je suis d'accord avec Bilouff, il est un peu trop prévisible et dénote du reste du film, comme si finalement, la révélation finale n'était pas ce qui intéressait le plus la réalisatrice...
Quant à l'aspect utilisation de différents points de vues pour retracer l'intrigue, là aussi, j'ai été déçu. Je cherche encore le pourquoi du comment du procédé dans ce film, puisqu'aucun des points de vues ne se contredit réellement, et que l'on assiste au déroulement du flash-back, sans qu'il ne soit contesté par aucun des témoins (si l'on exepte les oublis volontaires de chaque personnage...) Il s'agit en fait d'un long flashback, ni plus ni moins...
Bref, je m'interroge sur ce qui a vraiment motivé la réalisatrice pour ce film, et sur quel point de départ elle est partie pour construire son scénario : la multiplication de points de vues ? Auquel cas son utilisation est très décevante. Le twist final, l'identité des tueurs ? Là pareil, c'est prévisible et finalement peu intéressant.
Reste l'excellence des acteurs et l'ambiance générale
Et c'est déjà pas mal....
3/6 - Réaction de Rizimiou
- le 02/08/2008 à 13h41
- Vu hier..et entièrement d'accord avec cet article de ce coquin de Delelée...je me permets de dire "coquin" car la lecture de son papier a parfaitement (et implicitement) su évoquer ce que j'ai ressenti lors du film...on sent le savoir faire féminin pour ce qui est de faire monter la pression...mais quelle sensation!! Le cocktail violence/sexe a rarement su être aussi érotique; un érotisme qu'on ne contrôle pas, qu'on aimerait éviter vu la déviance de l'acte mais on ne peux pas, on en peux plus comme le dit l'article, c'est trop tard...il fait chaud dans la salle soudainement, non?
On peut dire ce que l'on veut par rapport à l'influence du père sur la fille, mais aucun film de papa Lynch ne m'avait fait ressentir ça...
"une grande claque" comme le dit Captain Spaulding, mais pas seulement dans la figure...
- Réaction de Marsellus
- le 31/07/2008 à 17h47
- Très bonne surprise en effet. Bill Pullman est bluffant, la mise en scène est ultra maîtrisée, les personnages bien écrits...
Qu'on se le dise, si on doit voir un film avec du "FBI" dedans, c'est bien celui qu'il faut privilégier, pas la bouse enneigée avec Mulder et Scully ! - Réaction de captain spaulding
- le 31/07/2008 à 07h22
- Vu hier soir et je dois dire que je n'avais pas pris une claque aussi forte depuis Funny Games US. Pour moi une vrai découverte cette petite Lynch qui à hériter du meilleur de son papa. Avec elle on revient à un cinéma Lynchien plus proche de Blue Velvet et Twin Peaks que de Mullholland ou Lost Highway, quoique...
- Réaction de guiyomus
- le 30/07/2008 à 22h03
- deja que je voulais le voir mais alors en plus si ya Ironside dedans...

- Réaction de bilouff
- le 30/07/2008 à 22h03
- 4/6 pour moi
Miss Lynch a un vrai talent pour créer une ambiance vraiment immersive, fascinante, étrange voire glauque, et pour faire monter la tension au fur et à mesure que les destins des différents persos convergent les uns vers les autres. Il y a clairement l'influence du pére là derrière, mais sans que cela fasse plagiat pour autant. La réalisation est vraiment léchée, et certains plans et scènes sont incroyables (le "kiss of death" est ENORME, pour moi une des scènes les plus marquantes que j'ai vue cette année).
ET Bill Pullman, tout en rage contenu, est impressionant.
Par contre, le "twist" et ce qui s'ensuit m'a un peu laissé sur ma faim. Même si cette "collision" entre réflexion et ressenti physique évoqué dans l'article existe bien, pour moi, ça a surtout eu pour effet de créer un léger creux dans le film et de faire rtomber la tension. D'une part parce que le twist en question n'est somme toute pas tres surprenant, d'autre part (là c'est ptet juste moi) parce que quand je vois un film de ce style, qui pendant uen heure te ballade, te plonge dans son univers, ne te donnant que quelques indices, et bien je vais chercher très loin les explications possibles, et si au final la révélation ne me laisse pas complètement sur le cul, je suis déçu. Or là, il faut bien reconnaître qu'elle est quand même très terre à terre. En gros, aprés un tel trip, je préfére quand il n'y a pas vraiment d'explication. Donner une explication raisonnable, c'est un peu mettre brutalement fin au voyage, limiter d'un coup l'univers créé jusque là. Ici la révélation m'a fait clairement fait sortir de l'atmosphère créée jusqu'alors pour me ramener sur terre. Dommage. Pour comparer avec le pére, je préfére un final à la Mulholland drive, qui ne vient pas réduire les possibilités de chercher une explication, et donc qui laisse cogiter encore longtemps aprés la sortie de la salle.
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