Scouts toujours
17/10/2014

Scouts toujours

Le Labyrinthe

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Adapté d’un best seller de la littérature ado, Le Labyrinthe s’embourbe dans une narration pastorale pépère qui ne s’excite que pour virer à la SF robotique poussiéreuse, le tout jouant sur le mystère avant de fournir des explications nébuleuses. Dans le genre, on a rarement vu plus dispensable.

Résumons la chose : un ado se réveille en sursaut dans une cabine d’ascenseur, sans se rappeler qui il est ni pourquoi il se trouve là, avant d’en être sorti par d’autres ados et de se retrouver dans l’équivalent d’un camp scout au milieu d’une clairière. On lui explique alors qu’il doit se faire une raison et surtout ne pas pénétrer dans le labyrinthe protégé par un mur infranchissable qui encercle les lieux. Comme il est un peu plus curieux que les autres, que la mémoire lui revient peu à peu et qu’il commence à trouver inconfortable d’être entouré de garçons torses nus très tactiles qui ne regardent même pas la seule fille du coin quand elle débarque alors qu’ils n’en ont pas vu une depuis trois ans, l’ado venu d’on ne sait où rejoint le clan des coureurs munis d’un sac à dos qui parcourent le labyrinthe pour en trouver la sortie, et dans lequel rôdent des gardiens très agressifs. On l’aura compris, le but du Labyrinthe est de concurrencer Hunger Games sur son propre terrain avec de jeunes comédiens plus ou moins talentueux (le héros de Teen Wolf, une sosie moche de Kristen Stewart, la tête à claques du dernier Monde de Narnia) dont les personnages se rebellent contre l’autorité tandis que d’autres se résignent ou l’épousent. Malheureusement, Jennifer Lawrence, son arc bandé et les photos de son cloud ne sont pas là pour maintenir l’attention.



Autant dire qu’on s’ennuie ferme et que le temps semble bien long, les jeunes éphèbes consacrant l’essentiel de leurs journées à faire du camping en discutant de choses et d’autres autour d’un feu de camp et à gentiment se bouffer le nez toutes les dix minutes histoire de jouer les mâles alpha avant d’entamer l’exploration de la zone interdite. A partir de là (soit au bout d’une heure, tout de même), il commence à y avoir un peu de mouvement : les cerbères du labyrinthe, à savoir des insectes de métal situés quelque part entre les aliens de Starship Troopers et les araignées de Runaway de Michael Crichton, passent enfin à l’action. On se raccroche donc tant bien que mal à leurs assauts, plutôt bien emballés en termes techniques à défaut d’être très sanglants (il y a des victimes, mais elles ont une fâcheuse tendance à mourir hors-champ), mais cet aspect devient lui aussi vite redondant jusqu’à une « révélation finale » assez confuse qui achève de faire du film un mauvais épisode de Lost, malgré une photo et une musique nettement supérieurs à la moyenne. La suite, The Maze Runner : Search Trials, confiée au même réalisateur (Wes Ball, dont c’est ici le premier long), est déjà en chantier. On n’est vraiment pas pressés de savoir ce qu’elle nous réserve.

Cédric Delelée