TIE & DYE ANOTHER DAY
14/02/2017

TIE & DYE ANOTHER DAY

Underworld : Blood Wars

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Increvable ! La saga Underworld (mieux connue sous le titre « Les Fesses de Kate Beckinsale moulées dans un pantalon en cuir ») refuse de mourir de sa belle mort et poursuit l’exploration mécanique d’une mythologie toc façon catacombes & soirée goth.

On en était où, déjà ? Ah oui : la vampirette Selene (les fesses de Kate Beckinsale, donc) est poursuivie à la fois par ses pairs et par la faction des loups-garous. Les premiers l’accusent de haute trahison, les seconds veulent mettre la main sur sa fille, une hybride dont le sang donnera un pouvoir immense à quiconque l’absorbe. Mais Selene est enfin pardonnée par la caste des suceurs de sang, la puissante Semira (Lara Pulver) voulant lui confier la formation des jeunes recrues afin de mieux résister aux assauts des lycanthropes, menés par le balaise… Marius (Tobias Menzies).

La scène d’introduction d’Underworld : Blood Wars fait craindre le pire (déjà qu’on n’attendait pas grand-chose…) : une poursuite motorisée découpée à l’arrache, façon kebab à Château Rouge, avec une absence totale de spatialisation et des tics poseurs façon « J’ai vu Matrix hier, c’est bien ce truc dis donc ! ». De quoi nous faire presque regretter la grammaire cinématographique d’un Len Wiseman qui, avec le second volet – Underworld 2 : Évolution –, avait quoi qu’on en dise signé un gros B efficace. Les choses ne s’arrangent guère avec la présentation d’un méchant ridicule et d’une caste vampirique fin de race toujours figée dans ses clichés gothiques pour midinettes. Au milieu de tout ça, Kate Beckinsale se prend de grosses mandales dans la tronche de la part de mecs baraqués (on voit bien que ce n’est plus son ex-mari derrière la caméra !) dans des séquences sans grande originalité… puis meurt. Avant de revenir super forte (elle se déplace façon Flash !) par la grâce d’un rituel obscur dont le résultat immédiat est de l’avoir affublée d’un tie & dye déjà has-been.

La réalisatrice Anna Foerster (réal’ télé – sur Esprits criminels ou Outlander – et ex-chef-op’ de seconde équipe, notamment chez Roland Emmerich) se démène comme elle peut et sans passion d’un script basique qui ne fait jamais avancer le semblant de mythologie de la saga et se contente d’empiler les bastons d’usage, piochant çà et là quelques influences visuelles modernes incongrues (le clan nordique à la Game of Thrones). Seul objet de réjouissance bis : le cabotinage éhonté de Lara Pulver en maîtresse domina aux tenues suggestives. Visiblement consciente du côté camp involontaire de l’entreprise, elle apporte à son personnage une démesure en roue libre qui insuffle à Underworld : Blood Wars l’infime étincelle de vie qui manque à la franchise depuis… toujours ?

 

Laurent Duroche