Land of the zombies
11/09/2007

Land of the zombies

28 semaines plus tard

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Dans une interview donnée à Mad lors de la sortie de Sunshine, Danny Boyle confiait son désarroi face au modèle de production hollywoodien actuel, qui offre selon lui une marge de manœuvre limitée aux réalisateurs désireux de sortir des sentiers battus. Bien décidé à ne rien lâcher, Boyle assure donc la production de 28 semaines plus tard et place aux commandes un jeune metteur en scène espagnol très doué (encore un !), Juan Carlos Fresnadillo, responsable de l’efficace thriller Intacto.

Grand bien lui en a pris car cette sequel est un ride sauvage, une claque dans la gueule qui surpasse aisément son prédécesseur et constitue un des meilleurs zombi flicks de tous les temps, pour peu que l’on assimile les contaminés à des morts vivants. A l’instar du premier opus, 28 semaines plus tard ne ménage pas ses personnages, surtout Don et Alice Harris (le trop rare Robert Carlyle et Catherine McCormack, très justes) si bien qu’il s’avère extrêmement difficile de déterminer la trajectoire de ces derniers au fur et à mesure que l’histoire avance. En l’espace de 10 petites minutes, l’hallucinante séquence d’ouverture balaie ainsi toutes nos certitudes et fait passer au premier plan les enjeux humains qui sous tendront le film jusque la toute dernière bobine sans rien sacrifier au spectacle. En effet, là où 28 jours plus tard assenait une charge anti-militariste un peu balourde dans sa seconde partie et limitait surtout l’espace cinématographique au manoir des soldats (ce qui était un peu anti-climactique), Fresnadillo choisit quant à lui d’effectuer le chemin inverse, du cloisonnement aux grands espaces, multipliant les scènes de snipings et fait même intervenir un hélicoptère dans une séquence TRES gore qui rappellera forcément Planète Terreur mais en beaucoup plus convaincant ! Fresnadillo utilise également le même dispositif de mise en scène initié par Boyle en ayant recours à la caméra à l’épaule chaque fois que les infectés passent à l’attaque ce qui donne lieu à quelques plans séquences rappelant évidemment la brillante poursuite dans les arbres d’Intacto. Il y a fort à parier que l’industrie du jeu vidéo ne s’y trompe pas et cite abondamment 28 semaines plus tard (on pense bien sûr à Resident Evil 5) tant 28 semaines recèlent de trouvailles visuelles et de mises en situation rocambolesques.

Audacieux dans son concept, souvent virtuose dans son exécution, 28 semaines plus tard souffre à peine de quelques menus défauts : une illisibilité ponctuelle sur certaines scènes même si Fresnadillo maîtrise l’hyper montage presque aussi bien qu’un Paul Greengrass et une accélération narrative expédiant un peu le face à face final déchirant entre trois personnages. Mais qu’importe, le plaisir, immense, est bien là et les scénaristes trouvent même le moyen de passer le relais aux réalisateurs hexagonaux qui seraient partants pour s’attaquer à un hypothétique 28 mois plus tard. On prie d’avance pour qu’une âme charitable et compétente le saisisse !

David Doukhan