Singes à canon
12/09/2014

Singes à canon

La Planète des singes : L'Affrontement

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Encensé à juste titre, le premier chapitre du reboot de la saga primate ne pouvait se permettre une séquelle de moindre qualité. Tout a donc été mis en oeuvre pour qu’elle soit à la hauteur, quitte à ce qu’elle joue plus à hauteur de singe qu’à hauteur d’homme. Et c’est bel et bien là que réside le problème : le film s’emploie avec tant de soin à caractériser les animaux qu’il en oublie les humains, réduits à des silhouettes manichéennes au sein d’une intrigue faisant lourdement référence au conflit israélo-palestinien.

Malgré l’ampleur du spectacle (dont une longue bataille finale inspirée de toute évidence par celle du 13e guerrier) et ses allures de péplum, La Planète des singes : l'Affrontement fait partie de ces films qui s’apprécient beaucoup sur le moment, mais qui s’effacent vite de la mémoire, faisant regretter l’équilibre narratif de l’opus précédent et le personnage joué par James Franco, dont la présence aurait sans doute été salutaire au vu du peu d’émotion dégagée par la relation qui s’établit entre César et son nouvel allié humain. Qu’on ne se méprenne pas : on tient tout de même là un blockbuster plus qu’honorable, mais ni celui-ci ni son prédécesseur, sans aller jusqu’à prétendre rivaliser avec le classique de Franklin J. Schaffner, ne parviennent à retrouver l’énergie brute et la portée politique qui habitaient le pourtant modeste La Conquête de la planète des singes du sous-estimé J. Lee Thompson.

Cédric Delelée