Con-smique
12/09/2014

Con-smique

Lucy

6

Au vu du début catastrophique de Lucy (inserts comparatifs grotesques, long discours de Morgan Freeman en montage parallèle), on se demande comment le film a pu faire la nique aux plus gros blockbusters au box-office. Toutefois, si l’ensemble est vraiment à se taper les mirettes, cela tient surtout à une structure où la SF métaphysique est couplée à une intrigue de polar justement digne d’une production Besson. Telle Bridget Fonda dans Le Baiser mortel du dragon, la Johansson (excellente, elle, en apparaissant à la fois robotique et hypersensible) se fait ainsi latter par un mafieux oriental. Sauf qu’ici, cela la transforme en sur-femme aux pouvoirs illimités, qui devrait donc logiquement se débarrasser de ses poursuivants en deux secondes. Mais comme elle le dit elle-même, « la mort n’est pas la fin », entre autres vérités profondes.

Le plus étrange est cependant que le film n’est pas exactement prétentieux : l’impression dominante est plutôt celle d’une naïveté confondante, à l’image d’une durée inattendue d’une heure et quart hors générique. À moins qu’à l’instar du monolithe de 2001, l'odyssée de l'espace (modèle évident), Lucy soit un chef-d’oeuvre dont nos descendants saisiront toute la portée. Dans l’état actuel des connaissances, on peut dire que c’est très mauvais, mais qu’en matière de pure excentricité, ça vaut le détour.

Gilles Esposito