Comme un Rock
12/09/2014

Comme un Rock

Hercule

0

Unanimement considéré comme un vulgaire tâcheron, Brett Ratner semble enfin avoir trouvé en Hercule le sujet apte à faire de lui sinon un grand cinéaste, du moins un honnête artisan, la présence de Peter Berg en tant que producteur n’étant sans doute pas étrangère à l’affaire. Évacuant toute velléité fantastique, Hercule prend le parti de raconter l’aventure de l’homme caché derrière la légende, à savoir un mercenaire plus costaud que la moyenne (campé par The Rock en grande forme, plus physique que dramatique toutefois), mais qui n’a rien d’un demi-dieu et dont les ennemis prétendument mythologiques ne sont que des trompe-l’oeil.

Là où les mauvaises langues verront une version antique de Scooby-Doo (d’autant que Hercule travaille en équipe), Ratner prend le risque de s’aliéner les fans de fantasy (qui ne manqueront pas de l’accuser de haute trahison) pour signer un péplum à l’ancienne au script réjouissant. Une authentique série B qui ne lésine pas sur la brutalité, bourrée jusqu’à la gueule de personnages picaresques et de batailles aussi lisibles que furieuses, le tout superbement éclairé par Dante Spinotti. Pour un peu, on se croirait dans une aventure de Conan, d’autant que Hercule enterre d’emblée le sinistre reboot du Cimmérien, mais aussi le récent La Légende d'Hercule, Le Choc des titans, Le Roi scorpion ou Kull le conquérant. Bref, Ratner signe là son meilleur film (qui a dit fastoche ?) et l’une des plus belles surprises de l’année en termes de divertissement.

Cédric Delelée