Sitting Bull
27/10/2015

Sitting Bull

Le Dernier chasseur de sorcières

50

Il existe des films qui défient la compréhension. Témoin Le dernier chasseur de sorcières, qui est un véritable mystère dans le sens où il ne s'adresse à personne : ni aux fans de Vin Diesel (qui, malgré son indéniable capital sympathie, joue comme une chaise et passe le film à s'asseoir dès que l'occasion se présente), ni à ceux qui ont craqué sur la sauvageonne de Game of Thrones (Rose Leslie, ici déguisée en sorcière patronne de bar gothique imitant Kristen Stewart) et encore moins à ceux de Michael Caine qui, et ce n'est pas une blague, roupille sur un canapé au bout de quelques minutes. Quant à la magie noire, elle produit moult éclairs aveuglants, tandis que la reine des sorcières éructe et que Vin campe un Duncan McLeod chauve (il perd ses postiches rigolos dès le prologue bouclé) visité par des souvenirs ressemblant à s'y méprendre à des clips d'Evanescence. On pense donc beaucoup à Highlander (la série, pas le film) tout au long de l'histoire de cet immortel plus enclin à papoter qu'à dégainer son épée, ce qui n'est pas bien grave compte tenu de la pauvreté visuelle de la mise en boîte de Breck Eisner (à croire que Sahara et The Crazies ont été shootés par quelqu'un d'autre). On reste d'ailleurs stupéfait que tant de dollars puissent avoir été engloutis dans un produit aussi vain, qui aurait peut-être été acceptable en DTV dans les années 90 mais qui, aujourd'hui, ferait presque ressembler Le dernier des templiers et Solomon Kane à du John McTiernan. Quelle tristesse... 


Cédric Delelée