Maxi papa
11/06/2015

Maxi papa

San Andreas

8

Après Black Storm l'année dernière, voici que déboule un film de destruction massive tout aussi anecdotique où Dwayne Johnson est un papa héroïque qui vit mal son divorce mais qui sait conduire et piloter tous les véhicules sauf le vélo.

Produit il y a 40 ans par Mark Robson, Tremblement de Terre est généralement considéré comme l'un des films-catastrophes les plus médiocres de la belle époque du genre. San Andreas va permettre de le revoir à la hausse. Au lieu de suivre les déboires de plusieurs personnages, le film de Brad Peyton se contente en effet de coller au train du héros d'un côté et de sa fille de l'autre (et très vaguement d'un sismologue inquiet). Le reste de la population ? On s'en cogne, puisque de toute façon Dwayne Johnson, sauveteur héliporté de profession, décide de la laisser se débrouiller sans lui pour voler au secours de sa gamine, d'autant plus qu'il en a déjà perdu une dans un accident et qu'il aimerait bien retourner vivre avec sa maman. C'est d'ailleurs avec son ex qu'il va faire le voyage à l'aide de divers moyens de locomotion (hélico, voiture, avion, bateau), tandis que la Californie est dévastée par des tremblements de terre (et un tsunami). Généreux en termes de destruction massive (même si Alexandra Daddario et ses lolos en 3D cavalant dans le chaos de San Francisco ont tendance à détourner l'attention), le film est pourtant tellement prévisible, bourré de clichés et d'invraisemblances qu'il ne vaut finalement guère mieux qu'une production The Asylum (qui vient d'ailleurs de pondre...San Andreas Quake). On s'amusera cependant de voir Ioan Gruffud, matelot courageux dans Titanic, jouer un bellâtre lâche au point de détaler comme un lapin en laissant sa belle-fille piégée dans un parking souterrain, avant de se consoler en se disant que San Andreas reste tout de même bien plus sympathique que l'abominable 2012 de Roland Emmerich. Quant à The Rock, qui retrouve ici son réalisateur de Voyage au centre la Terre 2 : l'île mystérieuse (c'est dire la qualité de la mise en scène), il met son poing dans la gueule d'un type qui tente de le braquer, se prend pour Ed Harris dans Abyss et baisse la tête quand il est triste, mais on l'aime bien quand même !

Cédric Delelée