Rien à cirer
16/02/2015

Rien à cirer

La nuit au musée : Le Secret des Pharaons

2

Avec ses tornades d'images de synthèse et ses gags scatologiques intarissables, La Nuit au musée : Le Secret des Pharaons vient clore une trilogie très artificielle. Vu le niveau de la chose, on en viendrait presque à regretter les maladresses et l'humilité du premier épisode...

Alors que le climax touche à sa fin, la narration de La nuit au musée : Le Secret des Pharaons s'arrête soudainement dans un théâtre londonien où Hugh Jackman, dans son propre rôle, est confronté à une statue en cire de Lancelot persuadée d'être réelle. Plutôt que de soutenir une quête identitaire à la Toy Story, le caméo se nourrit de lui-même, soulignant plus que jamais la vacuité hallucinante qui plombe l'ensemble du projet. Venu soutenir son vieux copain, Jackman soulève par sa seule présence une question brûlante : comment le réalisateur inventif et ambitieux du très émouvant Real Steel a-t-il pu s'enfermer dans une routine aussi paresseuse ? Dire que La nuit au musée : Le Secret des Pharaons crève le plancher de la flemmardise serait lui faire honneur. Faisant mine d'enrichir ses enjeux dramatiques via une ouverture volée au Retour de la Momie de Stephen Sommers, et avec la réapparition d'un Dick Van Dyke au rôle totalement perverti, le film de Levy enchaîne sans aucune conviction les figures imposées de la série. Comme si ses producteurs le suivaient un calepin à la main, prêts à cocher des cases contractuelles, le cinéaste répète ni plus ni moins ce que proposait déjà La Nuit au Musée 2, y compris ses séquences les plus horripilantes.

Quand ils ne regardent pas sur Youtube des vidéos de chatons, les personnages miniatures campés par Owen Wilson et Steve Coogan se font uriner dessus par le petit singe de service, lequel gifle à l'occasion Ben Stiller, occupé toutes les deux minutes à improviser en champ / contre-champ avec un second peu inspiré (au choix, Ricky Gervais, Rebel Wilson ou bien lui-même, dans la peau d'un homme de Néanderthal). Etirant en longueur la moindre de ses situations "comiques" pour atteindre péniblement l'heure trente de projection, La nuit au musée : Le Secret des Pharaons ne propose quasiment rien à voir, son poil dans la main allant jusqu'à contaminer les artistes des effets visuels, coupables d'incrustations particulièrement vulgaires. Les fans de Ray Harryhausen pourront au mieux noter un hommage à l'Hydre de Jason et les Argonautes ; hélas, le clin d'œil cinéphilique n'excuse pas tout.

Alexandre Poncet