
Zak
DE TOUTES FACONS, ELLE MARCHE JAMAIS CORRECTEMENT CETTE FONCTION!!!!!!!
Rabat joie!
Je viens de voir ce classique du sieur Cohen et, sans pour autant avoir été complètement "convaincu", je l'ai trouvé très étrange et assez envoûtant. Les sfx en ont pris un coup, certes, mais le scénario est assez habile, évitant les pièges grossiers que tendent en général ce genre d'histoire. Ici, le film commence curieusement en suivant les mésaventures d'un looser traqué qui se réfugie finalement dans les hauteurs d'un building, sans qu'on sache trop comment va se dérouler la suite. Un monstre qui tue d'un côté, en plein jour, et de l'autre un petit truand raté qui s'enfuie et se cache...
Les sfx sont datés, certes, mais l'ensemble fleure bon la bonne série B des 80', et des trognes comme celle de David Carradine font bien plaisir à voir, d'autant que son perso n'est pas ici l'habituel flic borné qui refuse de voir l'évidence - bien au contraire-, ajoutés à cela des effets de maquillages assez craspec', un brin d'humour noir, une musique glauque et belle à la fois ressemblant par moment à du Berstein, et cette perpétuelle filliation aux célèbres mythes que sont King Kong et Godzilla, qui sont au final autants d'atouts certains. Je repprocherait au film, cependant, de ne pas assez appuyer le côté "farfelu" des sacrifices donnés en l'honneur du monstre, et perpétré par un sorcier qu'on pourrait croire cinglé, ni sur les origines mystérieuses de cet oiseau millénaire. En fait, cet aspect du mythe est trop discret à mon goût, de même que l'effroi/la fascination que suscite cette apparition sur les hommes. Tout comme le final, un peu radin sur sa fin, qui propose tout de même de jolies prises de bec entre le Quetzalcoatl et les policiers, balancés par l'oiseau du haut de L'empire state building (si je ne m'abuse), avant que celui-ci ne meure lamentablement (en hors champ, d'ailleurs, ce qui est assez frustrant); sa dépouille devenant on ne sait quoi!
Mais bon, il s'agit ici de légères déceptions, le film offrant de beaux moments spectaculaires d'attaques fulgurantes, ainsi que des scènes avoureuses, comme celle où Billy -le ring'- fait du chantage au commisaire de police et aux autorités de la ville, ou cette autre où, embobiné par David Carradine, il est prêt à avouer où ce trouve le nid du monstre. Bien filmée, assez bien rythmée, desservie par un Carradine de premier choix qui mitraille aussi bien qu'il cause, cette "fausse" histoire de monstre est somme toute très agréable à suivre, dispensant un symphatique purfum de "vieux", d'antique, j'entend par là quelque chose de précieux, qui tient encore bien la route, le genre de bon vieux film habile et soigné qu'on prend toujours plaisir à voir et revoir, et ce malgré ses petits défauts (un peu comme Star Wars Episode I, à un degré nettement moindre ceci dit) qui, au final, participent de cette ambiance particulière.
Histoire étrange d'un chassé croisé entre un ringard et une bestiole, qui finira par la mort du monstre et la "libération" du raté -comme si celui-ci avait tué ses démons intérieurs, n'y gagnant là qu'une rédemption (quelque part), et non le million de dollars exigé pour revéler la cachette du monstre que lui seul connaissais- Epouvante sur New-York est un film brutal et bizarre qui se termine sur l'éternelle, mais toujours savoureuse, fin ouverte du film de monstres, où la découverte d'un nouvel oeuf promet une rebellote certaine pour des suites rarement exécutées (Godzilla 98, Lake Placid etc. etc.). Ce qui n'est, ici, pas bien grave, le film se suffisant nettement à lui-même.
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Je voulais juste rajouter qu'en réfléchissant de nouveau au film, le fait que celui-ci était beaucoup plus centré sur la quête de renouveau du perso de Quinn m'est apparue plus justifiée encore: d'une part, par le biais de l'initiale "Q" partagée par le monstre et le héros, et d'autre part enfin avec le rôle qu'à ce dernier, à un moment, lorsqu'il "offre" en sacrifice au monstre les deux bandits qui l'ont brutalisé.
J'ajouterais encore une scène que j'avais bien aimé, sans réellement savoir trop pourquoi, jusqu'au moment où cela m'apparut comme une évidence: la mort du Quetzalcoalt sur le toit d'un building en forme de pyramide Aztèque. Une sorte de boucle bouclée, à l'instar du serpent qui se mord la queue, quelque part...
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Moi, j'irais même jusqu'à le comparer à Brasil, de Gilliam. A un moment, Guinn dit qu'il était dans le caniveau, et qu'à présent il se trouve au sommet, alors qu'il est en présence du nid dans le fameux building! En fait, Quinn s'identifie à l'oiseau fabuleux qui, lui, vole, est respecté, et peux chasser et tuer sans que personne ne puisse l'arrêter; il est au-dessus de tout. Alors que lui, Quinn, n'est rien qu'un minable truand écrasé et humilié par tous. Le fait même qu'il possédât l'information ultime qui délivrerait la ville de son cauchemar lui donne l'impression d'être important, d'être respecté, en fin de compte. Un peu comme dans Brasil, où le perso de Jonathan Pryce est broyé dans la machine administrative de son monde kafkaien, et rêve qu'il vole au-dessus de tout et délivre les opprimés, pour finalement oeuvrer dans le monde réel. Les ailes, c'est la liberté! Mais, à l'instar de Brasil, à la fin de Epouvante sur New-York, Quinn s'aperçoit qu'en fait, entre être un misérable ou être un Dieu (ou un pseudo dieu, comme Icare) tout puissant, il faut peut-être se contenter de n'être qu'un homme libre après tout, détaché, qui prend en main sa propres destinée et non celle des autres. Ce que n'a pas eu le temps de prendre conscience le héros de Brasil, mort avant même de pouvoir réaliser son rêve d'être enfin heureux, c'est à dire d'être enfin lui-même, loin de tout et de tous.
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J'ai beaucoup aimé aussi la scène de la "pluie" de sang, qui
s'abat sur la population de N-Y, un peu comme l'une des plaie de l'Egypte. Le Mal est antique, comme l'eau se transformant en du sang il y a de cela 4000 ans (avant notre ère). Le sang tombe du ciel comme un jugement, une punition divine. Mais il s'agit surtout d'une vengeance. C'est Quinn qui se venge ici, et sa vengeance est personnalisée par cette chose monstrueuse, suivant le dégré de "haine" qui l'habite, de ressentiment à l'égard de ses concitoyens. Tout comme Sam Lowry qui s'apparente à Icare, mais à un degré différent. Il est d'ailleurs intéressant de comparer (encore) ces deux personnifications/identifications, Quinn étant à la fois plus à plaindre dans sa situation et plus féroce dans sa "revanche" (il tient tous les New-yorkais à sa mercie), que Lowry, qui semble voué à mourir par manque d'agressivité. Ce serait un peu comme un Dragon qui rugit et s'impose, et le papillon qui papillonne et se brûle les ailes. Quinn s'en sort mieux, dans son cas, parce que plus réaliste, Lowry étant un doux-rêveur neuneu se faisant embarqué malgré lui, et qui ne contrôlant rien; d'ailleurs, autant Quetzalcoalt est une menace
tangible, autant le Icare est une allégorie
fantasmatique. Et là où Quetzalcoalt faisait "remarquer" aux hommes que les grattes ciels/cieux étaient le domaine exclusif des Dieux, réservés à eux seuls, en ne dévorant que ceux qui osaient s'y aventurer, Lowry en Icare se faisait malmener par l'irruption brutale des buildings sortant/surgissant de la terre...
Epouvante sur N-Y, moins pessimiste que le film de Gilliam tout de même, essayerait quand même de nous faire prendre conscience de quelques vérités sur l'Homme, qui serait plus faible et plus présomptueux qu'on pourrait le croire, insolent et brutal. Que sa supprématie serait précaire et artificielle, trop réfléchie et injuste à la fois. Une sacrée série B intelligente, en somme, à la fois sombre et optimiste (dans un certains sens).
En fait, ce film, plus je l'analyse, et plus je l'adore! Une vraie bonne surprise...