Le film sort au cinéma le 17 février (!!!!). C'est distribué par E.D. (pas l'épicier), donc ça devrait pouvoir être assez visible (enfin perso j'ai toujours eu les Plympton dans mon coin).
Du coup je ressors ma vieiiiiiiiiiille critique.

Budgeté à 7000$, fait avec 3 bouts de ficelle, quasiment amateur,
Primer a remporté le Grand Prix du festival de Sundance en 2004 (c'est d'autant plus étonnant que personne s'y soit intéressé ici avant). Première constation au lancement du film : impossible de deviner qu'on a à faire à quelque chose de "non-professionnel" tant le soin porté à l'image (superbe photographie aux couleurs brûlées) et au jeu des acteurs, d'habitude le point faible de ce type de production, fait illusion. La mise en scène ample et sobre, mais se permettant parfois quelques expérimentations, achève de nous convaincre qu'on est face à des gens brillants (on apprendra plus tard qu'ils s'étaient roulés dans de la poudre phosphorescente; bilan : 38 morts). En particulier
Shane Carruth, l'instigateur du projet, crédité comme scénariste, réalisateur et producteur et qui fait jouer de nombreux membres de sa famille dans le film.
Mettons les choses au clair : je n'ai absolument rien compris à
Primer. Enfin si, pendant un moment puis j'ai été largué par les divagations théoriques des deux acteurs principaux. Durant la première partie du film, on est face à quatre personnes bidouillant de l'électronique, résolvant des équations, tentant de construire quelque chose. Quoi ? On n'en sait absolument rien. Beaucoup d'efforts sont donc demandés pour ne pas lâcher prise dès le début. En cela, Primer est exigeant, surtout qu'il privilégie un angle scientifique et rationnaliste par rapport à toutes les thèses que le film soulève. Pour tout dire, les compères vont s'apercevoir que leur appareil, à la base conçu pour recréer un espace sans atmosphère (enfin selon moi, jamais ils ne le disent franchement), s'avère finalement être une sorte de caisson hermétique créant des trous dans l'espace-temps. Qui dit voyage temporel, dit complexité de l'intrigue de par les paradoxes que cela peut engendrer. Là, c'est encore pire et c'est à partir de ce moment que j'ai perdu pied. Car jamais on n'entend : "alors là on fait un retour en arrière de 10 heures pour pouvoir faire telle chose et pendant ce temps nos doubles à cette époque ceci cela", rien n'est expliqué, à nous de nous démerder. Alors ça fait plaisir de voir un film qui ne prend pas les spectateurs pour des cons mais j'ai besoin d'aide ! HEEEEEEEEELP ! Les 15 dernières minutes furent un vrai casse-tête pour mon cerveau dans le plus pur "maintenant-tout-se-met-en-place-vous-allez-pouvoir-comprendre-le-pourquoi-du-comment" style sauf que, hélas, ça n'a pas marché avec moi. C'était même encore pire. Etant masochiste de naissance, j'ai apprécié le fait d'être complètement paumé dans ces sphères temporelles nébuleuses. Et cela tout en évoquant comment cette "découverte" va mettre à mal la relation entre les deux personnages principaux. Un film qui fait réfléchir des jours et des jours après sa vision, c'est quand même formidable.
Totalement ancré dans une atmosphère réaliste,
Primer annihile toutes les séquences inhérentes au genre : pas d'effets spectaculaires, pas de rencontre entre les doubles temporels (la méthode utilisée pour éviter cela est ingénieuse, et incroyablement simple), pas de tentatives de vouloir changer le passé. Tout est purement fait dans un but scientifique et remet en cause pas mal de fondements sur des notions telles que l'espace-temps ou les coincidences.
Une expérience ahurissante.
Si on aime la hard-science.
Mmmmh, faut vraiment que je le revois.
(on va finir par croire que je comprends jamais rien à ce que je regarde)

edit : ok ma gueule, d'après le site du distributeur c'est une sortie ultra-limitée.
CITATION
PRIMER
• à Paris à partir du 21 février: Espace St-Michel (5ème) et Mk2 Beaubourg (3ème)
• le 21 février à Montreuil au Melies
• du 21 au 28 février à Bordeaux au Jean Vigo
• du 21 au 28 février à Montpellier au Diagonal
• du 21 au 28 février à Lyon au CNP
• du 7 au 27 mars à Toulouse à l'Utopia