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Version complète : Southland Tales - Richard Kelly
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LMD
CITATION(DarK ChoueTTe @ 19 5 2008 - 15:26) *
CITATION(LMD @ 19 5 2008 - 11:23) *
Quand à "l'ambition" sleep.gif Y a quoi qui mérite ce qualificatif dans ST?

Au moins formellement : la taille de l'univers, la gestion de quarante sous intrigues ?
Après pour le fond, je m'avancerai pas à en parler plus sans l'avoir revu.


Oui mais là pour moi c'est pas de l'ambition, mais une erreur ou un défaut. Je trouve la représentation de l'univers particulièrement pauvrette (cf. comparaison avec Repo Man, mais ça marche aussi avec plein d'autre film...): c'est L.A. avec plus de caméras et des tourelles, en gros. Une grande partie des sous intrigues me semblent rigoureusement inutiles: Le fait que The Bock voyage dans le temps ça n'a par exemple aucune sorte d'intérêt au final.

CITATION
CITATION
On à là qu'un empilage sans queue ni tête de personnages tous plus unidimensionnels, bêtes, caricaturaux

Ca c'est le genre de truc que je comprends pas.
Si je sors un perso du type Snake Plissken (et oui rien à voir, c'est jsute pour parler de persos définis simplement), tout le monde va crier au génie pour son côté simple et caricatural, et là, ces qualificatifs deviennent un défaut ?
Et puis ça veut dire quoi ce "bêtes" ?
Tu crois pas que Gellar ou The Wok on des rôles volontairement simplets, pour en citer deux principaux ?
Et l'empilage sans queue ni tête, c'est volontaire aussi.
Le choix de ne pas dégraisser l'univers donne un côté plus vivant, coloré.
Si on ne jure que par les structures directes et la réduction au strict minimum pour aller d'un point A à un point B, c'ets sûr que ça risque d'être une démarche vachement relou, mais bon, ce n'est pas un manque de maîtrise, c'est un choix, je pense.
Il y a aussi ce côté dominos avec les personnages, actions/réactions à plus ou moins grandes échelles, des petits qui peuvent influencer le gros tableau, chacun son rôle à jouer, etc.
Du coup j'avoue qu'il m'est difficile de t'expliquer les tenants et les aboutissants du truc bien à plat puisque je me suis surtout laissé porter par ce flot de portraits colorés et de petites situations.


Snake n'est ni bête, ni unidimensionnel, en témoigne ses réactions face au personnage de Harry Dean Stanton et lors du final, ou son cynisme à toute épreuve cache en réalité son humanité. Après entre archétype et caricature, il y a une ligne assez mince, donc je vais pas aller sur ce terrain là. Et puis surtout le problème c'est que tu peux t'attacher à Snake, et ça je ne le vois pas dans ST. Je vois pas d'autres mot qu'antipathique pour qualifier le scientifique, le simili-Bush, tous les rebelles communistes, le perso de Miranda Richardson, l'opératrice bouffeuse de chips, et ainsi de suite: ça braille, ça surjoue, il y a aucune humanité dans ces personnages, à l'exception de celui de S.W.Scott (bis). Et comme en plus toute cette "artificialité" ne débouche sur rien... J'ai beaucoup de mal à trouver ça vivant du coup. On est quand même très loin d'un Short Cuts de la SF sur tous ces tableaux

CITATION
Et pour le côté réalisateur qui "perd son public avec des disgressions pas claires et une narration éclatée", c'est tout l'opposé d'un Besson, complètement épuré dans la démarche (que ce soit dans le fond ou dans la forme), donc lui, out, mais out du sujet quoi...

Après oui, cent fois oui, c'est un film bancal. Mais bancal ne veut pas dire mauvais et à jeter, pour moi.


Je dirais surtout que c'est mauvais. Si vous y tenez absolument, on peut sortir Besson du sujet, mais à la base je parlais de l'inventivité et de la force du scénario et de ce que ça racontait.
Denver
CITATION(LMD @ 19 5 2008 - 16:01) *
Et puis surtout le problème c'est que tu peux t'attacher à Snake, et ça je ne le vois pas dans ST. Je vois pas d'autres mot qu'antipathique pour qualifier le scientifique, le simili-Bush, tous les rebelles communistes, le perso de Miranda Richardson, l'opératrice bouffeuse de chips, et ainsi de suite: ça braille, ça surjoue, il y a aucune humanité dans ces personnages, à l'exception de celui de S.W.Scott (bis). Et comme en plus toute cette "artificialité" ne débouche sur rien... J'ai beaucoup de mal à trouver ça vivant du coup. On est quand même très loin d'un Short Cuts de la SF sur tous ces tableaux

Ben il me semble que c'est voulu justement. C'est la fin du monde, mais d'un monde de connards antipathiques.
bradaviel
Je suis content de voir qu'il y a toujours de l'activité sur ce topic. il y en aura peut-être encore dans 6 mois, quand j'aurais réussi a lire le comic book indigeste. (mais je vais peut-être zapper et directement passer au film )
LMD
CITATION(Denver @ 19 5 2008 - 16:06) *
Ben il me semble que c'est voulu justement. C'est la fin du monde, mais d'un monde de connards antipathiques.


Bah ouais, sauf que ce monde de connards antipathiques, il est pas très intéressant de base parce qu'il y a aucune prise d'humanité la dedans, et que les enjeux globaux sont affreusement mal explicités (Que la disparition des personnages présent dans le Zeppelin entrainent un changement d'époque? Vraiment? Plus qu'une attaque terroriste nucléaire?).
Denver
Ben le changement qu'apporterait la destruction d'un symbole capitaliste, et sûrement la chute du même capitalisme.
LMD
CITATION(Denver @ 19 5 2008 - 16:35) *
Ben le changement qu'apporterait la destruction d'un symbole capitaliste, et sûrement la chute du même capitalisme.


Quel symbole capitaliste? (Je vois pas du tout là)*
La chute du capitalisme tu l'as vois dans le film ou tu la supposes/déduit de cela?

* Le film évoque plutôt la politique extérieure et sécuritaire que le capitalisme. Enfin je crois...
Denver
Ben le Zepellin sur-médiatisé et sponsorisé, rempli par des "connards" obnubilés par l'argent et le pouvoir.

Enfin, j'ai des vagues souvenirs du film, mais il me semble que c'est ça quoi, le Zepellin est le symbole de cet ultra capitalisme que les rebelles essayent de combattre.
LMD
CITATION(Denver @ 19 5 2008 - 16:42) *
Ben le Zepellin sur-médiatisé et sponsorisé, rempli par des "connards" obnubilés par l'argent et le pouvoir.

Enfin, j'ai des vagues souvenirs du film, mais il me semble que c'est ça quoi, le Zepellin est le symbole de cet ultra capitalisme que les rebelles essayent de combattre.


Bah comme je l'avais édité plus haut, le film ne parle pas réellement de capitalisme j'ai l'impression (quand aux rebelles, je trouve aussi que ce sont des connards antipathiques et crétins, et a priori la destruction du Zeppelin n'est pas leur fait mais celui du jeune appelé sous les drapeaux qui n'est affilié à personne), mais d'une politique sécuritaire doublée de plusieurs guerres suite à un attentat. Le Zeppelin est le symbole de la nouvelle source d'énergie censé remplacer le pétrole dont les Etats Unis, suite à la pénurie provoqué par les multiples interventions militaires.
Denver
CITATION(LMD @ 19 5 2008 - 16:49) *
quand aux rebelles, je trouve aussi que ce sont des connards antipathiques et crétins

Bé woé, mais encore une fois, j'ai pas eu l'impression que Kelly veuille qu'on les aime plus que le reste.

Mais bon, je vais arrêter ici, j'ai vu le film y'a deux mois, et vu la densité du truc, j'ai plus tout en tête. Je reviendrai après l'avoir revu.

smile.gif
LMD
CITATION(Denver @ 19 5 2008 - 16:52) *
CITATION(LMD @ 19 5 2008 - 16:49) *
quand aux rebelles, je trouve aussi que ce sont des connards antipathiques et crétins

Bé woé, mais encore une fois, j'ai pas eu l'impression que Kelly veuille qu'on les aime plus que le reste.

Mais bon, je vais arrêter ici, j'ai vu le film y'a deux mois, et vu la densité du truc, j'ai plus tout en tête. Je reviendrai après l'avoir revu.

smile.gif


Oui on pourrait continuer longtemps comme ça. Je te laisse le revoir...
Gatsu
CITATION(naamlock @ 17 3 2008 - 15:41) *
petite analyse interressante trouvé sur allociné :


Dans le film ,Kelly utilise beaucoup de poemes pour appuyer son propos évoquant les fins imminentes vers lesquelles nous entrainent nos sociétés:

"The Road Not Taken" de l'anglais Robert Frost dont un extrait est déclamé par le gouverneur, un certain... Bob Frost. Le poeme parlant des routes qui s'offrent à nous.

"The Hollow Men" de T.S Eliot ( qui est le nom de l'autre canditat Républicain dans le film) déclamé par Justin Timberlake. Mais avec une petite variante qui va faire toute la différence. Le poeme d'Eliot dit ceci " This is the way the world ends, not with a bang but with a whimper" ( Voici comment s'achève le monde, pas en explosant mais en geignant)alors que Timberlake dit " This is... not whith a whimper but with a bang" ( pas en geignant mais en explosant).
Tout le film va être basé sur ces vers. L'Apocalypse ne représentera pas la fin du monde mais la fin de cette époque de merde où le peuple est entièrement contrôlé par l'Etat, où l'homme n'a plus de liberté et de droits civiques. Où l'amérique doit faire le deuil du 11 septembre et de la guerre en Irak ( bien qu'elle ne soit pas terminée).
Ainsi, a la fin du film, le jeune Martin Kefauver, qui vient d'être recruté par l'armée américaine pour aller faire la guerre en Irak (et qui représente donc a lui seul l'emblème de la génération 18-25 ans américaine)fait "exploser" ,à l'aide d'un bazooka provenant de... Syrie ( retour à l'envoyeur)le mega-zeppelin contenant l'ensemble du gouvernement. Voici comment le monde s'achève, pas en geignant mais en explosant. Voici comment l'époque s'achève, pas en geignant mais en explosant.

Le film est également très biblique. Cet révolution a besoin d'un messie. Le personnage de The Rock représente ce messie, il a un tatouage de jésus dans le dos. C'est lui qui va mener a bien cet apocalypse et qui va se sacrifier au final pour qu'un nouveau monde existe.
Mais il y aura un autre messie en la personne de Roland Taverner alias Sean William Scott qui a blessé accidentellement Pilot Abilene alias Justin Timberlake durant la guerre en Irak. Ce personnage est une métaphore de l'Amérique qui se tue elle même, s'auto-détruit. Ce personnage à un double. Le thème de la schizophrénie permet a Kelly de parler du fait que l'amérique doit se pardonner à elle meme, d'oublier le passé comme le personnage de Taverner doit se pardonner a lui même d'avoir blessé le soldat Abilene. Cet poignée de main finale est l'emblème de ce nouveau monde qui va être créer. The Rock dit d'ailleurs dans le film que tout va se terminer par une poignée de mains.


Pas mal du tout comme analyse... Il ne me reste plus qu'à lire les comik books pour pouvoir tout comprendre.

simidor
SPOILERS

J'ai trouvé ça génial. Très dense, même parfois trop, sans doute à cause du remontage. Il faudra que je le revois. C'est le film d'anticipation le plus intéressant que j'ai vu depuis les fils de l'homme et certainement le plus ancré dans son temps, faux récit politique qui fustige une amérique engagée dans une spirale absurde, entre la course à la présidentielle (parodie de chantage et manipulations à tout va), le Patriot Act et la guerre en Irak. Dans leur scénario, The Rock et Gellar ont parlé d'un déplacement du monde qui affecte les comportements, qui renvoie directement à cette folie ambiante qui hante le film, résultat d'une mainmise de l'Etat. L'Amérique se détruit, d'ou la reprise du "wave of mutilation" des Pixies comme une partie même du récit. La question est de savoir si elle pourra tenir encore longtemps comme ça et s'il ne faut pas stopper la machine qui a tout déréglé. Kelly annonce la fin de ce monde qui existe depuis longtemps mais qui a grimpé en flèche depuis le 11 septembre, et cette fin ne pourra se faire que si quelqu'un arrive à faire exploser ceux qui le tiennent. Etonnant que ce soit Roland Taverner, ancien soldat, qui endosse le costume du messie et qui semble symboliser le traumatisme lié à ce passé. Cette poignée de main finale est éloquente et très émouvante, car elle permet au soldat exutoire de cette période sombre de se réconcilier avec lui-même afin de commencer une nouvelle vie. Ce ne sont finalement pas les groupes néo-marxiste (aussi ridicules que les autres) qui auront raison de ce monde, mais une histoire de dingues et un gamin tenu de partir à la guerre.

L'autre force de Southland tales est d'avoir su utiliser des acteurs engoncés dans une image pour dénoncer la vacuité des médias et du paraître (Thimberlake, Lambert, The Rock, Gellar, William Scott). Casting le plus intelligent depuis Starship troopers (avec qui le film de Richard Kelly a pas mal de points communs). Kelly aime bien montrer à quel point ils symbolisent le monde dans lequel on vit, mais il n'est jamais meilleur que lorsqu'il les propulse vers un destin extraordinaire qui va leur révéler un pendant bien plus humain, contrairement aux groupes politiques qui les entourent. Ces acteurs crèvent l'écran et constituent une vraie surprise. Qui aurait cru qu'avec un tel casting, le film pourrait se suivre autrement qu'au second degré?
Sinon il y'a toutes ces zones d'ombre qui rendent le film encore plus inquiétant, comme progressant vers quelque chose d'inéluctable qu'on a souvent du mal à définir.
C'est aussi ce qui rend Southland tales envoutant, en cela Kelly reste un bon élève de Lynch. Les différents récits qui s'enchevètrent comme un simulacre de film chorale font aussi la part belle à l'humour absurde et aux obsessions du réalisateur. Les dialogues sont bien ciselés et les situations travaillés. Rien de prétentieux, juste des choses différentes de ce qu'on a l'habitude de voir et un vrai film d'auteur qui inscrit son époque dans une perspective, en somme du vrai cinéma.
Et puis la BO est excellente.

this is the way the world ends, not with a whimper, but with a bang/ 6
Aniya_san
CITATION
J'ai trouvé ça génial.

laugh.gif
thirdeyemachine
pardon... quand sort il chez nous ce gentil et sympathique film... en dvd...
(merci)
kitano
CITATION(simidor @ 19 7 2008 - 13:12) *
C'est aussi ce qui rend Southland tales envoutant, en cela Kelly reste un bon élève de Lynch. Les différents récits qui s'enchevètrent comme un simulacre de film chorale font aussi la part belle à l'humour absurde et aux obsessions du réalisateur. Les dialogues sont bien ciselés et les situations travaillés. Rien de prétentieux, juste des choses différentes de ce qu'on a l'habitude de voir et un vrai film d'auteur qui inscrit son époque dans une perspective, en somme du vrai cinéma.
Et puis la BO est excellente.

this is the way the world ends, not with a whimper, but with a bang/ 6


+ 1 je crois que le mot juste pour définir Southland tales est envoûtant.
Vlad
sinon on peut aussi dire justement chiant et bordélique icon_mrgreen.gif
guiyomus
tiens bah je vais me le rematter maintenant je crois! XD

pour moi Kelly est l'un des réal les plus interessant a l'heure actuelle avec des ptits gars comme joe carnahan, Alfonso Cuaron, et quelques autres!

edit: bon je viens de le revoir, je suis toujours aussi impressionné par ce film, putain 15 millions de dollars quoi quand on voit les mecs qui font de la merde avec 50, 100 millions!
j'ose a peine imaginer ce qu'il aurait pu faire avec un budget pareil!
sinon a la 3eme vision, je choppe encore des details, comme par exemple a la fin quand le missile est tiré et que boxer santaros se met en position christique, les bras en croix, ya un plan de lui de dos et la on voit apparaitre du sang sur sa chemise, se sang represente le tatouage du visage du christ qu'il a dans le dos. stigmates?
je sais que j'ai choppé d'autres details mais je les oublies au fur et a mesure que le film avance, faut le regarder avec un bloc notes! XD

me tarde de voir la version de Cannes
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