On le sait tous, même sans avoir vu un seul de ses films, que Uwe Boll est un nullos de première, capable de transformer un script déjà mauvais à la base en un film encore plus pourri. C’est dire si le bonhomme est doué.
House of the Dead, précédent opus du maître avait le mérite de proposer un spectacle nanaresque avec filles en bikini, zombies en plastiques, dialogues à pleurer de rire, poitrines dénudées, sans oublier l’hilarante prestation de Clint Howard. Point de ça dans
Alone in the Dark, adaptation du cultissime jeu de Infogrames.
Le film commence par une poursuite en taxi tout droit sorti d’un épisode de
Navarro. Le poursuivant (un colosse au look Fabien Barthez) cogne sa voiture contre celle de Edward Carnby (Christian Slater mal rasé). Plan suivant, Carnby et son chauffeur bouge n’importe comment pour nous faire croire qu’ils sont percutés. Le faux raccord est tellement grossier qu’on se demande si s’est fait exprès ou non. Uwe Boll est un dieu. Après avoir amoché la voiture du héros, le balèze s’en prend à Carnby, la baston s’annonce mémorable. Sous une musique Ushuaia, nos deux compères se prennent la tête comme deux gamins dans une cours de récréation. Carnby envoie un kick, le balèze vole comme dans
Matrix. C’est trop beau. Boll n’oublie pas d’insérer un plan séquence de malade en bullet time avec une balle traversant un bloc de glace (Kubrick aux chiottes !). Finalement, le méchant finira empaler, ouf.
Pour l’instant, le spectateur peut avoir deux types de réactions : la première sera de se rouler comme un petit chien sur son canapé, heureux d’assister à une séquence ultra Z, donc forcément jouissive. L’autre sera purement un simplement un suicide, car nous sommes en aucun cas devant l’adaptation de
Alone in the Dark. Pour rapidement revenir sur le jeu, il faut savoir qu’il est à la base du survival horror, genre aujourd’hui mondialement connu grâce à la saga
Resident Evil. Le jeu Infogrames reste et restera à jamais comme un monument vidéoludique de trouille. Qu’en reste t-il aujourd’hui ? Un pseudo film d’action dont le seul élément qui le rapproche du jeu est de nom des deux héros : Edward Carnby et Aline Cedrac (on pourrait aussi citer la lampe torche du quatrième opus, mais je crois que l’hommage était involontaire).
Christian Slater interprète Carnby, le détective du paranormal. On est bien heureux de retrouver ce has been de Slater dans un premier rôle mais force est de constater qu’il a du mal à faire croire à son personnage (le chèque était sûrement alléchant). Quoi qu’il en soit, Carnby n’a évidemment rien à voir avec le personnage du jeu. Ici, c’est un gros beauf tatoué qui s’habille avec un grand manteau à la
Blade (Uwe Boll voulait que le personnage soit un mixte entre
Blade et
The Crow). Tara Reid joue Aline Cedrac. Pour la rendre plus intelligente (car oui pour une blonde aux gros seins, il est difficile de paraître intelligente comme ça), Boll lui rajoute une paire de lunettes. Et hop ! Le tour est joué ! On la dirait sorti de Polytechnique.
La preuve :
Autant vous dire tout de suite que son rôle ne sert à rien. Aline est un authentique pot de fleur (il est le loin le temps où les héroïnes de films de monstres étaient des Rambo féminins !). Bref, sa présence aura au moins le mérite d’avoir une scène d’amour entre nos deux héros qui restera dans les annales de la nullité (je précise d’avance, on ne voit même pas un bon de nénés). Pendant ce temps là, la maigre intrigue se met en place avec une histoire monstre des ombres, oui bref, on s’en fout de toute façon, Boll ce qu’il veut c’est de l’action ! Et on va en avoir ! Yeah !
Le réalisateur buveur de bière connaît ses classiques. Il a vu
Alien,
Aliens,
Starship Troopers et même
Resident Evil (oui oui c’est aussi un classique). Alors pourquoi pas faire le films de monstres ultime en reprenant pleins de trucs déjà fait : la bave qui tombe du plafond de
Alien, La mitrailleuse automatique de
Aliens, le mini Fort Alamo de
Starship Troopers (ainsi que le look des commandos) et bien sûr des monstres dont le design est pompé sur celui du licker de
Resident Evil (tant qu’on y est, Boll a même repris la fin apocalyptique mais sans les mêmes ambitions). Au final,
Alone in the Dark ressemble à un vomi de tous les films cités plus haut. C’est du joli.
Comme je suis sympa, voici une photo de la fusillade finale :
Et un bout de monstre ! (les jolies dents) :
Si j’ai tenu jusqu’au bout c’est par pur perversion et pour vous faire partager mon calvaire car
Alone in the Dark est un film désespérant (après on s’étonne que je considère que Paul Anderson est la réincarnation de Elia Kazan).
0/6