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Version complète : [Masterpiece] Akira - Katsuhiro Otomo
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Sickboy
J'ai pas mal cherché et n'ai trouvé aucun topic dédié à l'ouvre. Si je me suis trompé, toutes mes excuses aux modos, qui rectifieront le tir smile.gif



Je viens à peine de terminer le dernier tome de l'oeuvre somme de Katsuhiro Otomo, la légendaire saga Akira, et mes joues sont toujours couvertes de larmes.
Adolescent je me souviens avoir lu les horribles versions colorées au lycée. Je me souviens aussi avoir reçu un sacrée claque visuelle en découvrant (grâce à l'émission de télé Babylone) l'adaptation en animé de la série mais je crois que relire en quelques jours l'intégralité de cette histoire a complètement bouleversé mes souvenirs et m'a procurer une sensation sans commune mesure avec ce que j'avais pu ressentir alors.
Ceux qui me connaissent un peu sur ce site savent très bien que je ne suis pas un analyste de grand talent et que mes avis sont plus souvent le fruit d'un ressenti global d'une oeuvre plutôt que de son décortiquage minutieux.

Ce qui frappe d'abord, dans Akira, c'est la l'état de puissance évocatrice et ses multiples propos et messages, toujours intacts. A l'instar d'un Blade Runner, Akira à conservé toute sa force et ce 26 ans après sa première publication au japon (je venais de naître, wow).
En plus de ça, Akira affiche toujours fièrement un univers visuel fascinant de détail et de profondeur. Otomo fait, avec Akira, preuve d'une maitrise remarquable, tant visuellement qu'au niveau du récit. Son trait, précis, donne naissance à un monde foisonnant de détails et tout de suite très attachant. Son style n'a rien à envier à tous les mangas qui m'on été donnés de lire ces 5 dernières années (je n'en lis pas non plus des tonnes mais bon). Ses personnages ne sont jamais raides (sauf pour les chefs militaires, hein), l'action est toujours intelligemment exposée au lecteur, tout est lisible et pourtant l'histoire regorge de sous-intrigues et de niveaux de lecture divers.
Les thèmes abordés tels l'adolescence, la transformation de la chair, la métaphore d'Hiroshima, etc, son toujours traités avec finesse et jamais le manga ne tombe dans le travers de la surenchère émotionnelle qui est souvent l'écueil de pas mal d''auteurs japonais (même de ceux dont j'admire le travail, comme Eichiro Oda).
Tetsuo, Kaneda, Kei, le colonel, etc... Otomo résussi les tour de force de rendre attachant plus d'une vingtaine de personnages diamétralement opposés. Tant et si bien qu'au final il laisse au lecteur le loisir de choisir son camp ou de se laisser emporter par le souffle épique qui balaye le dernier quart de l'histoire.

Après avoir fermé le dernier tome, j'avais l'impression d'avoir fait le tour d'une question passionnante grâce à la générosité d'un auteur rare. Jamais plaidoyer balourd, toujours cri de rage frondeur, Akira est une histoire pleine de coeur, de valeur et d'audace. Un chef d'oeuvre de la bande dessinée. Sur ce je vais revoir l'adaptation anime (qui risque de prendre un coup face à cette version papier intouchable...).



Ichi
Akira... le seinen par excellence, le Manga dans toute sa splendeur. Je ne peut dire que du bien de cette oeuvre prophétique. Otomo a su crée un univers exceptionel, une fresque apocalyptique magnifique, qui restera longtemps une oeuvre majeur, legendaire dans l'histoire des Mangas.
Si Akira est devenu culte, c'est grâce a une histoire extremement complexe, à base de complot politique, de prophétie et de culte scientifique, melée à la tragedie vecue par des adolescents qui sont totalement depassés par les évènements. On decouvre une ville detruite, qui essaye bien malgré elle de survivre, une population proche de la decadence (voir deja decadent ?). Le decors dépeint par Otomo est veritablement surprenant, car tellement realiste qu'elle nous fais peur...
Mais l'histoire d'Akira ne tient pas qu'a son univers extraordinairement riche. Ce sont ses personnages qui nous font vraiment vibrer. En effet Otomo a crée une galerie de personnages complexe, lié entre eux par un fil invisible qui se revelera fatidique. Kaneda et Tetsuo, les deux personnages principaux d'Akira, possèdent un charisme envoutant, de part leurs faiblesses et leurs forces. Et puis il faut dire que Tetsuo est carrement trop classe, meme s'il reste une personne detestable... Cela fait aussi partie de la magie d'Akira, nous faire naitre des sentiments completement antagoniste a la situation que l'on voit. Le but de chacun des personnages, motivés bien plus par leurs sentiments que par de grands idéaux, reste tres logique. En fait il n'y a pas veritablement de "méchant", les protagoniste subissent simplement le deroulement des évenements.
Les dessins d'Otomo sont aussi une part importante de la qualité du manga. Son style realiste sert a merveille le recit, sa maitrise des cadres et des traits permettent une immersion total dans l'univers. La violence du manga est omnipresente, c'est un seinen, ne l'oublions pas, et le sang coule facilement, mais sans jamais choquer ou paraitre inutile. Une fausse violence gratuite en somme. Le delire graphique d'Otomo arrive a son paroxysme lorsque Tetsuo pert le controle, avec un melange de chair et de metal tres cyberpunk. Les scenes de destruction sont tout aussi percutantes et inoubliables. On se sent vraiment dans le manga, et ça Otomo a été l'un des premiers a nous le faire vivre.
Au final, je ne peux que conseiller ce manga a tout ceux qui ne l'ont pas encore lu, et a ceux qui decouvre l'univers de la japanisation. Son homologue animé est tout aussi excellent, different, mais cultissime. Otomo a crée un veritable chef d'oeuvre, violent, percutant, qui nous plonge dans un univers unique et qui ne nous laisse pas de marbre...

Je m'appelle... Tetsuo



Lord-Of-Babylon
CITATION
Adolescent je me souviens avoir lu les horribles versions colorées au lycée




La colorisation d'Akira est un excellent boulot. Perso tant qu'il n'y aura pas une édition correcte de la série (c'est à dire dans le sens de lecture originale) je garderais précieusement mes tomes couleurs.

(mais sinon tout d'accord avec toi)
Sickboy
Hehehe, ouai, je crois que les éditions colorés font débat. Perso je trouve qu'elle amoindrissent la force du dessin. Mais chacun son avis. Si je me trompe pas la version couleur a été initiée par les USA, de peur que le manga ne se vende pas assez en version NB. Peut être que je me trompe mais il est possible que ça influence mon avis dans ce sens négatif.
En l'état je suis juste beaucoup plus séduit par la version NB.
Twain
Les versions couleurs me semblent vraiment de qualité aussi, surtout vu le contexte de la fin 80's où le fort des comics n'étaient vraiment pas la colorisation... La version couleur apporte une sacrée dynamique aux planches déjà nerveuses et parfaitement cadrées ( Akira est un véritable chef-d'oeuvre de découpage cinématographique), c'est ausi un tour de force vu la compléxité des décors et les milliers de détails. Et c'est tout à fait juste que cette version a été initiée pour la parution américaine (Dark Horse? Je ne sais plus...) avec l'accord de maître Otomo.

De tout les thèmes abordés par Akira, celui qui m'a le plus marqué est celui de la place de la jeunesse dans la société, de sa déification à sa marginalisation. Otomo a un regard visionnaire sur les enfants et les adolescents japonais et par extension occidentaux. Enfants sacralisés, poussés comme des cobayes à devenir une génération d'élite ou mis au ban car improductifs... Comment les adultes voit en eux un mirroir déformant ou un repoussoir, ce que les persos de Akira finissent par devenir. Une des réfléxion de Akira semble aussi être: que serait une société dirigée par des enfants aux pleins pouvoirs? Le théme est tellement vertigineux que j'ai du mal à bien exprimé la profondeur de cet élément central de ce chef-d'oeuvre (et ma lecture n'est plus toute fraîche). Otomo comprend que le XXIème siècle sera celui de la jeunesse reine mais s'en inquiétent. Les enfants même érigés en demi-dieux restent des enfants avec leur part de colérisme et d'anarchisme. Mais la réaction à ce nouveau totalitarisme , l'enfant devenu projection de notre désir de pouvoir et de puissance, viendra d'autres enfants (plus agés certes) qui ont un profond sens de la justice (une autre part du caractère des enfants). Cette question majeure la place de la jeunesse dans un monde qui les manipulent par le consumérisme et l'élevage est toujours aussi forte aujourd'hui. Voilà désolé si je n'ai pas été assez clair, c'est une réflexion spontanée qui me vient en souvenir de cette oeuvre dantesque.
komlan
Un chef d'oeuvre absolu. Et je mets l'adaptation animé sortie au ciné au même niveau.
Une ambiance unique que je n'ai retrouvé nulle par ailleurs. Le delire technobiologique a la Giger du personnage de tetsuo m avait traumatisé a l epoque et ces images ont été plus qu importante dans mon adolescence(surtout ds mon epoque drogue psychedelique!!!)
Avec ma bonne trentaine je suis moins calé en manga que la nouvelle génération, mais je n'ai jamais trouvé une serie en bd qui m'a autant transportée, hypnotisée..(excepté monster et death note dans une moindre mesure). D ailleurs si des specialistes sur le forum peuvent me conseiller une bonne serie je suis preneur!!!!!
Twain
Salut Komlam!

Si tu aimes le cyberpunk "bigger than life" en manga je te conseille évidemment Gunm (que tu dois connaître) ou Blame! qui est un monument cyberkeupon aussi ( de Tsutomo Nihei chez Glénat). Eden est génial, plus porté sur la géopolitique à la Shirow...

20th century boy de Urasawa (Mister Monster) et Homunculus de Yamamoto ( déviant à mort). Et bien sûr Domu de Otomo ( "matrice" de Akira).

Voilou c'est juste quelques titres mais que de la qualité!
DarK ChoueTTe
Gunnm c'est pas vraiment la même chose...y'a l'aspect recherche de soi à travers le combat par exemple qui en fait quelque chose de différent, et Blame idem, c'est ultra ambiant et épuré à l'inverse d'un Akira justement...mais effectivement ça reste deux très bon choix dans le genre (bien que j'aie personnellement eu un peu de mal avec Blame, je lui reconnais ses quailtés).
Eden risque plus de plaire à un fan d'Akira (et je ne parle pas seulement du dessin), même si j'en ai lu que deux volumes.

Edit : ah, j'avais pas vu qu'il parlait d'une bonne série en général...tant pis ^^...enfin pour ça tu peux tout simplement aller voir les topics spécifiques où on balance tous nos favoris.
Ikki
CITATION(Twain @ 02 10 2008 - 14:17) *
Les versions couleurs me semblent vraiment de qualité aussi, surtout vu le contexte de la fin 80's où le fort des comics n'étaient vraiment pas la colorisation... La version couleur apporte une sacrée dynamique aux planches déjà nerveuses et parfaitement cadrées ( Akira est un véritable chef-d'oeuvre de découpage cinématographique), c'est ausi un tour de force vu la compléxité des décors et les milliers de détails. Et c'est tout à fait juste que cette version a été initiée pour la parution américaine (Dark Horse? Je ne sais plus...) avec l'accord de maître Otomo.


+1

Epic Comics (division de Marvel) a été le premier éditeur US. Oliff devait envoyer les planches colorisées à Otomo pour qu'il les approuve.

Sickboy
Bin question de gout quoi. Sans du tout considérer la version couleur comme une hérésire, je continue de trouver vraiment plus belle l'originale en noir et blanc. Le côté plus brut et le magnificence du simple coup de crayon, sans autre ajout, me charme plus.
Twain
Bien sûr, l'oeuvre reste la même. On voulait juste souligner que la colorisation était de bonne tenue... Peut-être question d'habitude aussi, vu que beaucoup ont d'abord découvert la version colorisée. La matière reste la même, le trait fabuleux d'Otomo.
Quelqu'un a vu ses récents travaux d'animation? je me suis arrêté à Steamboy.

Ps: Ikki, merci pour les infos.
komlan
merci pour les conseils les gars! je connaissais gunm mais je crois que je vais me pencher sur Blame, Eden ou Domu.
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Tomfincher
Akira, on est d'accord, est un chef d'oeuvre, mais je dois avouer que j'ai un peu plus de mal avec la seconde partie du récit (à partir du tome 3 de la réédition en gros volume), quand Otomo enchaîne les explosions nucléaires. En plus, le dessin hyper détaillé d'Otomo est épuisant à suivre dans ces moments-là.
Beat Kiyoshi
Tiens j'en profite pour demander aux spécialistes ce que vaut l'édition intégrale. C'est juste un coffret contenant les volumes grand format, ou encore autre chose ?
Twain
Cela rassemble les 6 volumes noir et blanc sans ajout.
Une intégrale couleur avec les 13 volumes + le volume 14 qui faisait office de art_book light a été publiée par Glénat il y a une dizaine d'années mais je sais pas si c'est encore trouvable.
tonton
perso j'ai aussi découvert Akira via la version couleur (et là j'ai envie de dire un grand merci à mad qui m'a fait découvrir Otomo à l'époque). Donc j'ai une petite préférence pour celle-ci. Comme Babyboule, j'attends une version N/B dans le sens de lecture original pour avoir les 2 versions à la maison.
Bon, Akira, j'ai un peu de mal à en parler tellement cette oeuvre fait "partie" de moi. Que ce soit le manga ou l'animé, Otomo a provoqué un bloc d'émotion en moi que je n'arrive pas à analyser/décortiquer/comprendre.
La seule chose que j'arrive à peu près à analyser c'est le découpage cinématographique mentionné par Twain.
Akira, le manga, est une leçon de mise en scène et de montage cinématographique (ben ouais).
Je me suis repassé je sais pas combien de fois la planche contenant ce dessin et à chaque fois c'est la même chose: une claque dans ma gueule:



Chef d'oeuvre de chez chef d'oeuvre.


Yoshiki
Tonton a parfaitement résumé en une plance ce que c'est Akira.

Sinon, si on cherche un seinen intéressant, il y a aussi Dragon Head, ce n'est pas tout à fait dans le même genre que Akira, mais la force qui s'en dégage est énorme, on en dévore littéralement les pages.
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