
Le docteur Ted Grey, sorti premier de sa promotion à l'école médicale de Harvard, rejoint l'un des programmes les plus prestigieux sur la pathologie. Extrêmement talentueux, il est rapidement invité dans une fraternité par une élite d'internes. Mais cette opportunité va bientôt virer au à l'horreur. Ces collègues se lancent dans un dangereux défi : lequel d'entre eux pourra imaginer le crime parfait, celui que même les plus grands pathologistes ne pourraient pas élucider ?
Après le jouissivement débile Hyper tension, voici le deuxième travail duo Mark Neveldine et Brian Taylor, qui signent ici uniquement le script. Sorte de mixte entre L’Expérience interdite (pour les étudiants en quête de savoir), Anatomie et Unrest (pour le cadre), ce Pathology nous plonge dans l’univers de jeunes internes friqués, complètement irresponsables, s’adonnant aux beuveries, à la drogue et dont le trip ultime est de trouver la meilleur façon de tuer une personne. Ted, notre héros (interprété par Milo Ventimiglia, le Peter Petrelli de Heroes) est un jeune arrivant ambitieux dont la vie semble déjà toute tracée : un prestigieux boulot de médecin et une fiancée très riche qui n’attend que le mariage (jouée par la revenante Alyssa Milano). Sa rencontre avec un petit groupe d’étudiants brillants et excentriques va changer sa vie si parfaite et si morose. N’ayant aucune morale, aucune compassion pour l’être humain, ce petit groupe s’amuse à tuer à tour de rôle pour ensuite se réunir la nuit dans un coin désaffecté de l’école et trouver de quelle façon est morte la victime. A ce jeu-là, Ted se montre tout de suite très doué au point de devenir le rival du leader, Jake Gallo (Michael Weston).
Sorti en avril dernier aux USA dans une combinaison limitée de salles, le premier film de Marc Schölermann (réalisateur de clips) pourrait très bien surfer sur la vague des torture flick avec moult séquences trashs plus gratuites les unes que les autres. Sauf qu’il préfère se pencher sur la nature humaine, capable des pires exactions juste pour le désir d’apprendre ou pire, pour s’amuser. Ces jeunes médecins (trop) ambitieux ne sont-il pas les héritiers directs des nazis durant la seconde guerre mondiale. En quelque sorte oui. La bonne idée du métrage est de faire du héros - bien sous tout rapport en apparence au début - un être encore plus détestable que les tarés qu’il côtoie. Ce jusqu’au-boutisme assumé est clairement le point fort du film... peut être le seul en fait. Car aucun des personnages n’arrivent à attirer la moindre sympathie. C’est juste une bande de cons que l’on observe de loin et dont on se contrefiche de ce qu’il peut leur arriver. De plus, si Schölermann refuse de faire un Saw-like avec un gore gratos, il en a gardé le style visuel (les séquences de trip, help !).
On s’aperçoit de même que son expérience à la télévision allemande lui a fait perdre le bon goût de la photographie avec des couleurs ternes à la Derrick. L’autre problème majeur est sans conteste le script, intéressant de prime abord mais qui fonctionnerait mieux pour un court apparemment puisqu’ici on tourne vite en rond avant de partir en vulgaire thriller neuneu pour finir de façon très prévisible. Certaines idées de mise en scène tournent aussi au ridicule comme ce parallèle entre deux séquences de baise, l’une sensuelle (Alyssa Milano n’enlève pas sous sous-tif c’est dans le contrat) et l’autre sado maso. Alors que celle qui ouvre le film est bien plus glauque. Bref, le bilan n’est pas très glorieux même si c’est loin d’être honteux (et intéressant au début, un peu).