
Conspué par le public et la presse, en plus de s’être pris une grosse veste au box-office (même pas 25 millions récoltés pour un budget de 60*), l’adaptation cinématographique de Chapeau Melon et Bottes de cuir est maudite. Surtout parce que le film à subit de lourdes coupes avant de sortir. Pour cela je renvoie à l’excellent article parut dans Mad il fut un temps. Pour synthétiser, le montage originel ne plut pas durant les projections tests. La Warner ramena le film à moins de 90 min en charcutant à tout va comme la séquence d’ouverture où la fausse Emma Peel s’introduisait dans le complexe Prospero pour le détruire. Une scène que l’on aperçoit beaucoup pourtant dans le trailer diffusé à l’époque !
Que reste-il au final de ce long-métrage ? Pleins de choses pourtant qui en font un film certes décousu, voir mal fichu, mais foncièrement sympathique car disposant d’un esthétique unique (gros boulot sur la production design) et d’une atmosphère décalée très proche de celle du show télévisé. L’alchimie entre Ralph Fiennes et Uma Thurman (qui n’a jamais été aussi sexy) fonctionne et Sean Connery s’amuse en méchant mégalo. On retiendra l’hilarante séquence des nounours, la poursuite avec les guêpes, les sous-entendus sexuels entre Steed et Peel et le climax aux décors vertigineux. Jeremiah Chechik (Benny & Joon, Diabolique) s’en sort comme il peut. Il est évident qu’il n’était pas le meilleur choix pour faire le film. D’ailleurs, il n’a plus rien fait après au cinéma pour partir à la télévision. Bref, un film bancal (l’intrigue, ce n’est pas trop ça...) qui met pourtant à l’amende la moitié des blockbusters fades sorti cet été. J’espère un jour voir le director’s cut, même si je n’y crois plus trop...
*Toutefois, le bide du film n’arrêta pas les adaptations de séries TV pour autant puisque Wild Wild West débarqua l’année suivante avec Charlie’s Angels dans la foulée...