
Août 1935. Malgré la canicule qui frappe l'Angleterre, la famille Tallis mène une vie insouciante à l'abri dans sa gigantesque demeure victorienne. La jeune Briony a trouvé sa vocation, elle sera romancière. Mais quand du haut de ses treize ans, elle surprend sa soeur aînée Cecilia dans les bras de Robbie, fils de domestique, sa réaction naïve face aux désirs des adultes va provoquer une tragédie et marquer à jamais le destin du jeune homme.
À force d’entendre du bien de ce mélodrame franco-anglais, il fallait donc que je jette un œil par moi-même à ce "Atonement". Et effectivement, c’est très bien et pourtant si c’est bien un genre avec lequel j’ai du mal, c’est bien le mélo. On est plongé en pleine bourgeoisie anglaise des années 30 où une passion amoureuse va être stoppée à cause d’un mensonge lourd de conséquences. La description du milieu est méticuleuse et surtout le réalisateur Joe Wright arrive à rendre cela passionnant grâce à une atmosphère quasi étouffante, des personnages aux motivations troubles et un montage astucieux (les scènes suivants différents points de vues, les balades entres les époques...). Mais le film renoue aussi avec la grande tradition du mélo flamboyant lors de sa seconde partie se déroulant en pleine seconde guerre mondiale où nos amants se retrouvent séparés (d’où le comeback to me). D’un côté Robbie sur le front et de l’autre Cecilia en tant qu’infirmière à Londres. Sans oublier la sœur, Briony, aussi devenue infirmière et qui vit dans le doute depuis son terrible mensonge qui ruina la vie de sa sœur et de Robbie. Ce qui fait que le triangle amoureux, stéréotype du genre, n’aura jamais lieu ici en fait.
Ce trio se retrouve face aux horreurs de la guerre, chacun de son côté. Briony doit soulager les soldats mutilés qui reviennent de France (voir l’éprouvante séquence de l’hôpital) ou pire, les accompagner dans leurs dernières souffrances (la scène émouvante avec le soldat français joué par Jérémie Rénier). De son côté Robbie, mal en point, essaye de revenir en Angleterre mais se retrouve bloqué à Dunkerque. Joe Wright, en profite, au détour d’un plan-séquence virtuose de plusieurs minutes, de s’octroyer l’exploit filmique de l’année. Peu connu encore, le jeune réalisateur (36 ans seulement) impressionne par sa maîtrise du cadre, des plans-séquences et de la direction de comédiens. Comme le souligne ce règlement de comptes final très théâtral et ahurissant d’intensité (James McAvoy est juste incroyable). Et quant arrive la toute fin, on est littéralement happé au cœur par le destin si tragique de cette passion.
Il ne me reste plus qu’à voir son précédent opus, d’aussi bonne réputation.
