Juste comme ça pour pas être d'accord avec dmonteil :
CITATION(dmonteil @ 02 9 2008 - 19:00)

Effectivement, le scénar est bavard et explicite sans doute beaucoup (trop ? Pas pour moi, mais bon). Nolan est un metteur en scène qui se sert de tout pour raconter ses histoires, mais c’est vrai qu’il utilise avant tout son scénar et ses acteurs. (Et moi, des directeurs d’acteurs comme lui, j’en voudrais plus…).
Je peux me tromper mais j'ai l'impression que pour toi, le scénario c'est des dialogues et des personnages, alors que ça embrasse la structure, les transitions, la montée dramatique et une une quantité de détails quasiment infini dont mon intérêt pour le domaine m'a juste prouvé qu'ils existent.
Donc quand tu parles de ça :
CITATION(dmonteil @ 02 9 2008 - 19:00)

Par exemple, je cite le plus frappant : lorsque Bruce demande la suite de l’histoire à Alfred, qu’on a un cut violent après le "we burned the forest" sur Dent, et que Dent se réveille, voit la pièce et se rappelle, via flash-back, son amour perdu (s’ensuivant un cri muet, puis un nouveau cut). Ca c’est du pur Nolan, et ça raconte des sentiments par l’image (l’utilisation du cut, du flash-back, du muet…).
C'est pas de la mise en scène, ça a beau aboutir à plan + plan = sens, c'est le genre de chose qui se prépare directement à l'écriture et qui fondamentalement peut garder la même "puissance" entre les mains de n'importe quel faiseur tant qu'il suit le principe du scénario.
Ensuite y a ça :
CITATION(dmonteil @ 02 9 2008 - 19:00)

Mais pour ce qui est de la mise en scène, je trouve que Nolan se débrouille de mieux en mieux, et sait apprendre de ses erreurs. Alors non, ce n’est pas son point fort [...] mais la réa de The Dark Knight demeure, pour moi, très efficace et vraiment personnelle (On la compare souvent à Iron Man, mais là ou le Favreau est impersonnel (même si efficace), le Nolan est réellement reconnaissable…Enfin moi je la reconnais, et je dis ça en tout sincérité).
Outre la question de savoir s'il a réellement un style reconnaissable, j'ai l'impression que tu utilises ça comme un point positif, alors que fondamentalement, qu'est-ce qu'on a à faire qu'une mise en scène soit reconnaissable ou non ? Je peux comprendre qu'on puisse aimer reconnaître le style de ses réal' préférés, mais l'utiliser comme argument pour défendre un film...?
Pour les dialogues, je ne crois pas que le problème vient de leur overdose mais plutôt du fait qu'ils sont quasiment le seul véhicule de sens de tout le film, et vu que Nolan a soi-disant réalisé son film "à la Heat", je m'autorise une petite comparaison : dans Heat (film bourré de dialogues, donc) la compréhension des dialogues n'est pas importante. Ce qui compte, c'est que certaines personnes parlent ou ne parlent pas, s'énervent, murmurent, pleurent, se tombent dans les bras ou se tirent dessus. Bref : les dialogues n'ont jamais d'intérêt pour eux-mêmes mais pour les situations dans lesquels ils sont utilisés.
Dans TDK, le côté "trop plein" du film semble venir du fait que les dialogues ne sont JAMAIS utilisés dans des situations et qu'ils ne servent qu'à expliquer lourdement des relations, des états psychologiques et bien évidemment une multitude de réflexions toutes plus balourdes les unes que les autres (voir la critique de Jésus gris que je plussoie à tous points de vue).