CITATION(LMD @ 17 8 2008 - 13:29)

CITATION(bishnouf @ 17 8 2008 - 13:05)

Mais euh je parlais de Batman, pas de Bruce Wayne

!
Non bon j'ai dit une ânerie, mais c'était surtout en réponse à l'autre qui le traitait de faf, ça m'a fait perdre mon jugement.
Je suis pas sur que la remarque était à prendre au premier degré.
(Sur le Batman faf-pofaf on en parlait dans le sujet 300 et killer-pokill sur le sujet Batman Begins, pour ceux que ça intéresse).
D'ailleurs comme tu le notes, il est étonnamment peu violent dans ce film hors situations d'exceptions "
arh j'ai trop les glandes à cause du Joker", à se demander pourquoi on le qualifie de Vigilante (dans le DKR il ne tue personne mais il hésite pas à péter des membres par exemple).
J'ai trouvé que TDK était aussi tiède que la majeure partie de la production Zollywood de ce point de vue.
ATTENTION SPOILERS A SUIVREComme le coup du super sonar: on nous gratifie d'une séquence bien longuette et bien "signifiante" "
Roohh mais c'est pas bien d'espionner les gens même pour arreter les criminels, on se croirait dans les USA post 11 Septembre monsieur Wayne! Je démissionne!" pour la désamorcer au bout de 30 secondes a peine les enjeux posés "
Non mais c'est bon Lucius, c'est vraiment juste exceptionnel. J'avais prévu que tu me saoulerais avec ça, tape ton nom quand t'as fini, soit gentil.. Le film n'a pas le cran de nous présenter Batman comme un perso potentiellement un tout petit peu aveuglé dans des penchants liberticides par sa quête de justice pendant plus de 15 secondes. Même Alfred est plus bourrin que lui...
Il est clair que TDK est un film sur l'état d'exception. A la fin du film, l'état de droit n'est pas vraiment reconstitué, et Batman décide de devenir lui-même l'exception. Autant il était déjà hors la loi et s'en inquiétait plus ou moins, autant à la fin il pérennise cet état et décide que c'est la seule posture à prendre pour sauver Gotham de... On ne sait pas trop. Nolan est pas vraiment clair là-dessus. Si j'ai bien compris, les habitants de Gotham doivent réapprendre ce qu'est l'état de droit, en gros, et dans cette optique, il faut une figure d'exception visible, Batman, et non pas une clique de malfrats en tous genres. Je trouve aussi que les frères Nolan ne sont pas allés assez loin sur le terrain philo-politique. Vu l'intelligence de Memento sur ce point, je doute qu'il nous sorte des comparaisons faciles comme j'en ai entendu par ci par là, genre le Joker est le méchant Ben Laden, etc...
Toujours est-il, et on ne peut le nier, que toute l'oeuvre de Batman s'inscrit en dehors de l'Etat de Droit, et donc de la démocratie. Le passage que cite LMD, avec le sonar géant que Wayne décide de détruire, en disant l'utiliser que temporairement, c'est exactement le même message que l'Administration Reagan puis Bush, essentiellement composée des mêmes personnes, a utilisé pour justifier le Patriot Act. Vous me direz, Wayne le détruit, etc... C'est pas le problème. Le problème c'est qu'il admet lui-même que l'Etat d'exception est nécessaire pour rendre Justice. Et là, certains diront que je glose, mais je suis certain que Nolan, intelligent comme il est, y a beaucoup réfléchi : quel est le sens de la Justice dans un Etat qui ne connaît plus le Droit?... Les flics sont corrompus, Dent est corrompu par les sentiments, ce que le Joker a fort bien compris, mais Batman est incorruptible. A partir de là, Batman, en incorruptible roberpierriste qu'il est possède la légitimité de dire ce qui est bon ou pas, ce qui est démocratique ou pas... comme dans la scène du sonar géant... oui, c'est liberticide mais bon c'est moi, c'est le BIEN, qui en use, donc c'est JUSTE... Wayne./Batman impose ses règles, mais où sont les contre-pouvoirs ? Il y en a pas. Or un état d'exception qui se pérennise, comme à la fin, c'est le propre des régimes totalitaires. Cela promet une suite très intéressante.
PS : Rien ne dit que Nolan est tout à fait en sympathie avec Batman... on verra par la suite... j'en doute vu l'intelligence morale de Memento, dans lequel Nolan nous fait comprendre, à l'issue du métrage, que la seule manière pour le héros de rendre honneur à l'amour de sa femme est de faire un sacrifice : se résoudre à ne pas punir le meurtrier, cad refuser de se mettre dans un état d'exception. Accepter son handicap, faire le choix de l'humilité. Certes, c'est une morale innatendue, et je crois guère en vogue à notre époque, où l'état d'exception est devenue la norme, mais c'est largement plus subtil et intéressant d'un point de vue moral que de prôner la vengeance personnelle à tout va, qui n'est, je le rappelle, qu'une autre forme de totalitarisme.