CITATION
Pour autant je ne vois toujours pas en quoi cela fait de TDK un mauvais film (mais j'ai du louper certains de tes posts).
tiens cadeaux
(punaise Mecha t'es le plus gros posteurs sur ce sujet

)
CITATION(Mechagodzilla @ 01 9 2008 - 17:11)

Ca y est, je l’ai vu hier en salles, et j’ai pas trouvé ça terrible (mieux que Batman Begins, certe, mais c’est pas un exploit)
Pour faire court, je dirais qu’il y deux approches principales dans ce film :
- une première, en gros la première heure, qui raconte rien mais suffisamment rapidement pour qu’on mette une bonne plombe avant de se rendre compte que ce foutu film n’a toujours pas débuté
- une deuxième (tout le reste du film) qui à la prétention de parler de trucs sérieux, mais qui ne brasse que de l’air.
Parce que bon, c’est bien gentil d’évoquer à demi mots les dérives de la société US post 11/9, le patriot act et tout le tremblement, mais quand ça débouche sur un Batman qui n’utilise qu’une fois ses super caméras espions («une seule fois, hein ? promis juré ; parce qu’on sait que c’est pas bien, c’est du fascisme latent, hein ? après, on casse la machine du diable, juré») et qui devient the Daaaark Knight (« a’que je suis le symbole vivant de la déroute d’une société en mal de repères et de symboles ») en endossant royalement les méfaits d’un autre dans un élan maso/sacrificiel digne d’un mauvais épisode du Silver Surfer, je me marre...
Parce qu’elle est où, l’approche radicale du perso tant promise, si ce n’est dans mon cul ?
« the Dark Knight », c’est pas seulement le titre de la BD qui a remis la planche à billet Batman en route il y un peu plus de 20 ans, c’est aussi la BD dans laquelle à un moment Miller (ce gros facho), ose faire dire à son perso « Oui nous sommes des criminels ! Nous DEVONS être des criminels !! ». Il n’y a rien de comparable entre le mateur honteux des frêres Nolan et le type qui monte sa propre milice afin de rétablir l’ordre dans les rues d’un Gotham en proie au chaos (après le choc d’un avion dans une tour, en plus...)
On aura beau farcir le film de dialogues redondants, manier une symbolique tellement lourde qu’on la dirait sortie de chez Creusot-Loire (la chute des deux « chevaliers » à la fin...), le fait est que Batman et Dent ne sont que des faire-valoir au service des prétentions des Nolan.
Ces deux-là sont visiblement emmerdés avec le concept du super héros ; il n’y a qu’à voir comment la photographie très laide du film enlève toute envergure visuelle au super-héros ayant pourtant le meilleur look au monde.
Ce qu’il veulent, c’est délivrer leur commentaire social, donner l’impression d’apostropher le spectateur citoyen (« et toi, petit spectateur confortablement assis dans ton fauteuil pour prendre du bon temps, que ferais tu sur le ferry ? Hein ?») tout en prenant bien garde à ne froisser personne (nan mais la résolution du truc sur le ferry, justement...). Ca pompe Frank Miller, mais au final, c’est à peu près aussi jusqu’au-boutiste que du Sam Mendes.
Du coup, le Batman devient au mieux un aventurier à l’ancienne (j’aime encore bien le Bruce Wayne qui voyage à Hong Kong ou qui balance sa Lamborguini contre la voiture des méchants), au pire un simple auxiliaire de la police au statut un peu particulier, qui plus est continuellement ridiculisé par le Joker.
Dent lui, passe du statut d’ « espoir vivant des habitants en un futur meilleur » (c’est dit dans le film mais jamais montré, faut l’accepter) à celui de pauvre cinglé sans aucune envergure dramatique ni visuelle, rapidement expédié dans le dernier quart d’heure du film (et tant pis si les scénaristes se tirent une balle dans le pied en bousillant connement le méchant le plus intéressant de la galerie des ennemis de Batman après le Joker)
Le seul à s’en sortir avec les honneurs reste le Joker (seul perso du film à faire quelque chose, d’ailleurs, même si c’est n’importe quoi), sauvé par la prestation de Ledger.
Sur la forme, c’est pareil : Nolan n’arrive jamais à insuffler un semblant de rythme à son film (rythme ne signifiant pas succession effrénée de scènes au détriment de toute progression dramatique), filme ses scènes d’action à peine mieux que dans le premier opus de sinistre mémoire et confond systématiquement richesse scénaristique et foutoir.
De la poudre aux yeux déguisée en foudre.
CITATION
Je comprends ton point de vue, mais dans ce cas tu dois détester tous les Batman, parce que dans aucun tu ne retrouve l'évolution que tu décris chez Miller...
Je répond pour lui, il me corrigera (ho oui ho oui) si je me trompe. Le problème c'est pas de regarder chaque adaptation par le prisme de la BD de Miller mais à partir du moment que tu as un film qui en prend le titre et qui aborde les même thèmes la comparaison est inévitable.