CITATION(Bruttenholm @ 30 6 2008 - 07:26)

CITATION(JEF Byos @ 28 6 2008 - 11:24)

CITATION(Steerpike @ 28 6 2008 - 09:25)

Sinon, sur un aure sujet, ma question à deux balles: l'univers décrit dans Brazil peut-il réellement être considéré comme totalitaire?
Réponse à deux balles : L'univers décrit dans Brazil peut-il réellement ne pas être envisagé comme totalitaire ?

Je crois que l'interrogation est légitime, vu que le manque de liberté des personnages est largement consenti voire entretenu par les personnages eux-mêmes. Par ailleurs il est flagrant qu'aucun dictateur n'est représenté : le système n'a pas de tête, il n'y a finalement aucun dirigeant ou responsable qui organise l'asservissement. C'est pas une nouvelle, mais Gilliam n'explique pas là le mécanisme d'un Etat totalitaire, il pousse d'un cran toutes les petites entorses au libre-arbitre que la bureaucratie impose...
Pour moi, la question ne se pose pas, dès l'intervention policière brutale sur une erreur bureaucratique en fait.

Edit : Je précise un peu... Une société ne se définit pas comme totalitaire du fait d'avoir un dictateur à sa tête, même si c'est le cas le plus souvent représenté. Par contre elle l'est parce qu'elle impose à tous l'adhésion sans contestation possible à une idéologie, un mode de vie, une manière d'exister, bref, une unicité sans partage ni différence. Le fait que "Par ailleurs il est flagrant qu'aucun dictateur n'est représenté : le système n'a pas de tête, il n'y a finalement aucun dirigeant ou responsable qui organise l'asservissement." n'est donc pas un élément suffisant à une remise en cause de ce cadre totalitaire dans le film. D'autant que c'est une ellipse, en fait, le fameux big brother de 1984, on en suppose l'existence. Ce n'est pas indispensable à l'histoire qui nous est racontée et ça permet, en outre, de prendre ses distances avec l'oeuvre précitée pour laisser au film de Gilliam voler de ses propres ailes.
Vous faites la confusion entre société totalitaire et dictature amha. D'ailleurs, c'est bien le terme totalitaire qui est régulièrement employé pour les résumés de Brazil...
De plus, le fait que "le manque de liberté des personnages est largement consenti voire entretenu par les personnages eux-mêmes", c'est assez capilotracté comme remarque. Demandez-vous la part de consenti (et d'entretenu) par les peuples soummis à l'islam radical des Mollahs, par ceux qui ont subi le communisme stalinien... Bien évidemment qu'il y à eu, pour une part de ces peuples, une acceptation voire une adhésion sans failles, mais combien d'autres y ont vécu ou y vivent avec résignation ? Est-ce parce qu'on évoque la partie la plus convaincue du bien-fondé d'une société que l'ensemble des personnes qui la compose la vit pareillement ?
(Réponse : demande aux terorristes et aux chauffagistes !)
Sam Lowry fait partie de la part "intégrée" - voire de la haute société. La mère de Lowry jouit d'amitiés haut placées, amitiés dont il se sert afin d'acceder au dossier de Buttle/Tuttle... Effectivement, on part de personnages qui vivent la contestation comme un bruit lointain et gênant (attentat au restaurant), mais dont l'un d'entre eux, Lowry, va faire une remise en question... C'est un peu le principe du film !
CITATION(Steerpike @ 30 6 2008 - 12:50)

On est ici dans une satire, par effet de distortion et d'exagération, des disfonctionnements de n'importe quel état moderne.
Pour moi la satire était un biais pour atténuer la représentation de la violence morale, créer une distanciation afin d'impliquer le spectateur. Quand bien même, en admettant qu'il s'agit d'une vision déformée d'une société pas si totalitaire que cela, il s'agit du point de vue de Lowry (idée suggérée tout le métrage puis appuyée lors du final). Voyant le film au travers ses yeux, on peut déduire que le monde décrit dans Brazil, son interprétation du monde dans lequel il vit, est totalitaire