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Version complète : Brazil - Terry Gilliam
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Bruttenholm
Soit j'ai très mal cherché soit il n'existe toujours pas de sujet sur ce film (chef-d'oeuvre diront certains) de Terry Gilliam. Anticipation, dystopie, uchronie, quand capra rencontre kafka, on en a dit des trucs, on pourra y revenir...
Mais là j'aimerais commencer sur une info triviale : en revoyant le film hier sur Arte, j'ai vu qu'il avait une scène en plus (j'ai vérifié par rapport à ma vieille VHS) : juste avant que Sam soit arrêté, il y a une minute avec Jill nue avec un ruban de papier cadeau noué sur elle... Quelqu'un sait-il quand cette scène a-t-elle réintégrée dans le montage ?? A l'occasion d'une sortie dvd ? Y a-t-il d'autres bouts de scènes en plus qui m'auraient échappé ?

P.S : Dites-moi si on peut se passer de balises spoiler...
Elica
Alors cette scène, je me souviens l'avoir vu... sur ma vieille VHS achetée il y a plus de dix ans blink.gif
Steerpike
Exact. Elle était également présente sur ma VHS achetée vers 96.

Petite hypothèse: il s'agirait du montage européen par opposition au montage américain (attention, je ne parle pas de la version charcutée par Universal, mais d'une version agréée par Gilliam).

Les deux montages sont presque identiques et de durée similaire, avec néanmoins quelques différences:
par exemple, le montage américain commence par un plan de nuages accompagné de la chanson "Brazil", tandis que la version européenne démarre directement sur l'écran de télévison ("Central Serviiices, we do the work, you do the pleasuuuure..")

Ce plan de Jill enrubannée ferait partie de ces différences mineures...
Bruttenholm
CITATION(Steerpike @ 24 6 2008 - 10:20) *
Exact. Elle était également présente sur ma VHS achetée vers 96.

Petite hypothèse: il s'agirait du montage européen par opposition au montage américain (attention, je ne parle pas de la version charcutée par Universal, mais d'une version agréée par Gilliam).

Les deux montages sont presque identiques et de durée similaire, avec néanmoins quelques différences:
par exemple, le montage américain commence par un plan de nuages accompagné de la chanson "Brazil", tandis que la version européenne démarre directement sur l'écran de télévison ("Central Serviiices, we do the work, you do the pleasuuuure..")

Ce plan de Jill enrubannée ferait partie de ces différences mineures...

'Ffectivement, la page du wikipédia anglais sur le film liste cette modification dans les différences entre version ricaine et version européenne (britannique) : http://en.wikipedia.org/wiki/Brazil_%28film%29
Ce qui est bizarre c'est qu'il ne me semble pas que les autres modifications de la version US (les nuages à la fin, helpmann qui ne dit pas que Jill a été radiée deux fois) étaient présentes dans la version que j'avais vue... Du coup il me semble que la version que j'avais enregistrée il y a quelques années est une version mélangée européano-ricaine (?)
Ce que j'ai trouvé bizarre avec la "nouvelle" scène de Jill, c'est qu'en VF la doubleuse de l'actrice semblait changer juste pour cette scène -ce qui confrmerait une inclusion tardive de la scène dans la version française...
Je vais re-revisionner ma vieille vhs avec la liste de wikipédia à la main du coup...
El Pistolero
Bon elle est pour quand la sortie en super édition BR ??
Vintage
CITATION(El Pistolero @ 24 6 2008 - 11:15) *
Bon elle est pour quand la sortie en super édition BR ??

Ouh là, ça fait bien 5 ans que le studio nous le fait miroiter ce DVD collector.
Sven
Le film a eu une petite ressortie en salles en avril. Peut-être que est-ce pour bientôt en DVD et BR ?
Sharkoux_
Il est passé hier sur Arte? Et mince... Je voudrais tant voir ce film qu'on me dit grandiose!
Bruttenholm
En même temps, si tu veux tant le voir, c'est pas comme si c'était un film ouzbèque disponible nulle part.

A part ça, après investigation, il semblerait que la version que j'avais vue avant celle d'arte reprenait le montage européen+l'intro sur les nuages et sans la scène de Jill en paquet cadeau (scène qui apparemment n'apparaissait pas non plus dans la version salle française)... Une version qui n'aurait été diffusée que sur france télévisions... Je m'y perds.
En passant, j'étais surpris que même après de multiples visions, le film me faisait encore son petit effet. La fuite finale me renverse toujours le cerveau.
Steerpike
Moi, j'aimerais bien voir le cut de Sid Sheinberg, juste par curiosité... En même temps, ça doit être assez douloureux, surtout la fin...

Bon, alors, sinon, Brazil...

Par où commencer?

Le film est extrêmement complexe, et plusieurs visions sont loin d'en épuiser la richesse. La première fois, on est littéralement submergé par la richesse visuelle, par l'énergie et l'humour de Gilliam, au point d'en être un peu perdu dans ce maelstrom d'images, de sons et d'idées. Une impression assez destabilisante, mais totalement jubilatoire, qui laisse généralement son empreinte... Beaucoup ne s'en remettent jamais.

Ensuite, on commence à pouvoir analyser un peu, et là, on se rend compte de la cohérence du film, et de sa richesse thématique, chaque élément pouvant être pris à la fois littéralement et métaphoriquement (par exemple, les fameux tuyaux)... ce qui donne au final un film à la fois cérébral et totalement vicéral.

On ne compte plus les scènes d'anthologie: l'enchaînement du début, le restaurant "français", tout le passage du ministère (la greffière chargée de retranscrire les séances de tortures...), et bien entendu, la terrifiante, hallucinante, opératique, etc... poursuite finale, dont on sort littéralement sur les rotules.
Et la conclusion, déchirante.

Les acteurs sont évidemment géniaux, de Katheryn Helmond en mère accro à la chirurgie esthétiques à Robert De Niro en super-plombier, en passant par Michael Palin, fabuleux en tortionnaire affable. Et bien entendu, Jonathan Pryce, qui trouve là le rôle de sa carrière, totalement crédible en petit employé pussilanime, acceptant de faire partie du système, puis se révoltant si maladroitement contre lui qu'il finit par être totalement broyé par la machinerie dont il était jusque là le rouage efficace.

On est à la croisée des genres, entre satire, s.f., cartoon transgressif, fable et tragédie...

Bref, on n'est pas loin du film "total", et il faut rendre homage à Gilliam d'avoir réussi envers et contre tout à porter sa vision à l'écran.
Bruttenholm
CITATION(Steerpike @ 25 6 2008 - 16:29) *
Les acteurs sont évidemment géniaux,

En revoyant le film, j'ai été frappé de voir que Kim Greist jouait un peu à côté de tout le monde... Je crois que c'est l'unique point noir du film. Elle a du mal à faire exister son personnage alors qu'elle est quand même censée être le rêve ultime.
Steerpike
Oui, tu noteras que je l'avais laissée de côté dans mon petit commentaire.

Disons que dans le dispositif du film, son personnage fonctionne quand même dans la mesure où il reste asservi à la vision idéalisée qu'en a le héros. Elle paraît ne pas vraiment avoir d'existence propre, et semble plus être un fantasme de Sam qu'autre chose... même s'il s'agit là plus d'un accident dû aux capacités limitées de l'actrice que de l'intention première de Gilliam.
snoopymaclaine!
ah là là brazil...
souvenir de moi gamin a 5 ans comprenant que dalle à la (sublime) scene de disparition de deniro sous les papiers...une scène marquante!
l'un des plus belles déclarations d'amour à l'imagination et au reve, que l'on pourrait rapprocher (le background historique en moins) au labyrinthe de pan...
ah et puis quel grand moment mad de voir l'hilarant bob hoskins suffoquer dans la merde!!! icon_twisted.gif
Bruttenholm
CITATION(Steerpike @ 25 6 2008 - 17:32) *
Oui, tu noteras que je l'avais laissée de côté dans mon petit commentaire.

Disons que dans le dispositif du film, son personnage fonctionne quand même dans la mesure où il reste asservi à la vision idéalisée qu'en a le héros. Elle paraît ne pas vraiment avoir d'existence propre, et semble plus être un fantasme de Sam qu'autre chose... même s'il s'agit là plus d'un accident dû aux capacités limitées de l'actrice que de l'intention première de Gilliam.

Ce qui me dérange, c'est que l'évolution du personnage est imperceptible... Le passage de la pitié à l'amour pour Sam est assez mal rendu... Et je ne sais pas si c'est un défaut d'écriture (il ne serait pas impossible que des scènes aient été coupées au stade du scénar pour cause de budget, aussi) ou de jeu... Gilliam dit que Kim Greist était géniale lors des auditions et n'a jamais plus retrouvé ce génie pendant le tournage...
Ed Wood
Le problème aussi avec cette actrice c'est qu'elle est censé représenter la femme de ses rêves, alors qu'elle est quand même assez moche et ne me fait pas du tout fantasmer. Ca parait con comme ça mais c'est aussi pour moi le seul bémol de ce chef d'oeuvre qui fait parti de mon podium des meilleurs films de tout les temps.
JEF Byos
Lowry à des rêves simples dans le fond... Dans le fond car c'est vrai que dans la forme, c'est assez tarabiscoté, mais je me dis que c'est parce qu'il tape contre le mur qu'élève cette société totalitaire entre les êtres humains et les prive d'une chose aussi fondamentale et simple que l'amour.

Du coup ça ne me choque pas qu'il idéalise une personne qui dans la vie à tout d'une camionneuse ! Leurs comportements quand ils se rencontrent enfin sont assez savoureux : Lowry d'un coté qui espère parler à son fantasme, s'adresse à elle avec force attention et une délicatesse exacerbée (alors qu'il est pas franchement un gros dur à la base) tandis que son monde vole aux éclats aux alentours... smile.gif Et elle qui ne fait, pour le moins, aucun effort pour correspondre à la vision fantasmée que Lowry à d'elle.

Vu comme ça j'ai moins de mal que toi avec la plastique de l'actrice - qui n'est pas une mocheté non plus, faut pas pousser mémé aux orties. Et à la limite ça aide même à la distanciation, à ce qu'on ne vive pas le film qu'au travers du regard de Sam - ce qui allège un peu la charge, grand principe du Brazil (ou fait passer la pillule, c'est selon)

Sorti de là, il est vrai qu'a coté de la prestation haut de gamme de Jonathan Pryce et celles mémorables de DeNiro ou Bob Hoskins, celle de Greist n'est peut-être pas du même niveau. Elle n'occupe pas l'écran, mais reste distante au spectateur, ce qui au vu de mon interpretation plus haut ne constitue pas nécessairement une contre-performance.

Voire, au contraire.
Steerpike
CITATION
Elle n'occupe pas l'écran, mais reste distante au spectateur, ce qui au vu de mon interpretation plus haut ne constitue pas nécessairement une contre-performance.

Voire, au contraire.


Oui... d'autant que le personnage refuse obstinément d'être touché.

Toujours à propos de Kim Greist, il me semble que, sans être extraordinaire, son jeu est plutôt correct. Le problème, c'est qu'il demeure constamment en dessous des autres, en terme de stylisation et d'excès.
N'importe quel personnage de Brazil, transporté dans un autre film, paraitrait monstueusement excessif, clownesque et caricatural. Celui joué par Kim Greist pourrait presque passer pour normal.

Celà dit, je maintiens que ce décalage entre Jill et le reste du film a quelque chose d'intéressant...
Comme si elle était détachée du reste de l'univers de Brazil. Ce qu'elle est, dans une certaine mesure.

Bon, sinon, on peut aussi envisager que le personnage était moins bien écrit que les autres.

J'adore Terry Gilliam, mais je ne suis pas sûr que ses films regorgent de personnages féminins intéressants...
(A l'exception de "Fisher King" et éventuellement de "Twelve Monkeys" mais, Gilliam n'était pas scénariste pour ces films)

Bon, y a Sally dans Munchausen....

Sinon, sur un autre sujet, ma question à deux balles: l'univers décrit dans Brazil peut-il réellement être considéré comme totalitaire?

Ne répondez pas tous à la fois...
JEF Byos
CITATION(Steerpike @ 28 6 2008 - 09:25) *
Sinon, sur un aure sujet, ma question à deux balles: l'univers décrit dans Brazil peut-il réellement être considéré comme totalitaire?

Réponse à deux balles : L'univers décrit dans Brazil peut-il réellement ne pas être envisagé comme totalitaire ?

icon_mrgreen.gif
Bruttenholm
CITATION(JEF Byos @ 28 6 2008 - 11:24) *
CITATION(Steerpike @ 28 6 2008 - 09:25) *
Sinon, sur un aure sujet, ma question à deux balles: l'univers décrit dans Brazil peut-il réellement être considéré comme totalitaire?

Réponse à deux balles : L'univers décrit dans Brazil peut-il réellement ne pas être envisagé comme totalitaire ?

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Je crois que l'interrogation est légitime, vu que le manque de liberté des personnages est largement consenti voire entretenu par les personnages eux-mêmes. Par ailleurs il est flagrant qu'aucun dictateur n'est représenté : le système n'a pas de tête, il n'y a finalement aucun dirigeant ou responsable qui organise l'asservissement. C'est pas une nouvelle, mais Gilliam n'explique pas là le mécanisme d'un Etat totalitaire, il pousse d'un cran toutes les petites entorses au libre-arbitre que la bureaucratie impose...
Steerpike
CITATION
Je crois que l'interrogation est légitime, vu que le manque de liberté des personnages est largement consenti voire entretenu par les personnages eux-mêmes. Par ailleurs il est flagrant qu'aucun dictateur n'est représenté : le système n'a pas de tête, il n'y a finalement aucun dirigeant ou responsable qui organise l'asservissement. C'est pas une nouvelle, mais Gilliam n'explique pas là le mécanisme d'un Etat totalitaire, il pousse d'un cran toutes les petites entorses au libre-arbitre que la bureaucratie impose...


C'est précisément là où je voulais en venir.

On est ici dans une satire, par effet de distortion et d'exagération, des disfonctionnements de n'importe quel état moderne.

Pour autant que l'on sache, la société dépeinte dans Brazil pourrait très bien être une démocratie. Il ne semble pas y avoir de leader maximo, ni d'idéologie bien définie, si ce n'est la double obession consumériste et sécuritaire, laquelle fait déjà notre quotidien.

Quant aux "petits" excès du régime (lourdeur de l'appareil policier, arrestation arbitraire, torture légitimée par "la guerre contre le terrorisme"... ), il n'y a rien là qu'on n'ait vu et revu dans l'Amérique post-11 septembre.

neokobaya
je crois que Gilliam lui-même décrivait Brazil comme la vision post-orwellienne d'un monde pré-orwellien ...

(et il ajoutait : ...ça ennuie les gens prodigieusement, comme ça ils me laissent tranquille icon_mrgreen.gif )
Sharkoux_
Je vous conseil de lire les écrits de Max Weber, un grand sociologue (père fondateur même) qui a étudié la bureaucratie justement. Je n'ai plus en tête mes cours mais il développe la thèse d'une bureaucratie aveugle et ignorant les cas ou les personnes en particuliers. Ca pourra peut-être répondre à vos questions.

Faut vraiment que je regarde ce film, je vais de ce pas voir si je peu me le procurer pas trop chère.
JEF Byos
CITATION(Bruttenholm @ 30 6 2008 - 07:26) *
CITATION(JEF Byos @ 28 6 2008 - 11:24) *
CITATION(Steerpike @ 28 6 2008 - 09:25) *
Sinon, sur un aure sujet, ma question à deux balles: l'univers décrit dans Brazil peut-il réellement être considéré comme totalitaire?

Réponse à deux balles : L'univers décrit dans Brazil peut-il réellement ne pas être envisagé comme totalitaire ?

icon_mrgreen.gif
Je crois que l'interrogation est légitime, vu que le manque de liberté des personnages est largement consenti voire entretenu par les personnages eux-mêmes. Par ailleurs il est flagrant qu'aucun dictateur n'est représenté : le système n'a pas de tête, il n'y a finalement aucun dirigeant ou responsable qui organise l'asservissement. C'est pas une nouvelle, mais Gilliam n'explique pas là le mécanisme d'un Etat totalitaire, il pousse d'un cran toutes les petites entorses au libre-arbitre que la bureaucratie impose...

Pour moi, la question ne se pose pas, dès l'intervention policière brutale sur une erreur bureaucratique en fait. wink.gif

Edit : Je précise un peu... Une société ne se définit pas comme totalitaire du fait d'avoir un dictateur à sa tête, même si c'est le cas le plus souvent représenté. Par contre elle l'est parce qu'elle impose à tous l'adhésion sans contestation possible à une idéologie, un mode de vie, une manière d'exister, bref, une unicité sans partage ni différence. Le fait que "Par ailleurs il est flagrant qu'aucun dictateur n'est représenté : le système n'a pas de tête, il n'y a finalement aucun dirigeant ou responsable qui organise l'asservissement." n'est donc pas un élément suffisant à une remise en cause de ce cadre totalitaire dans le film. D'autant que c'est une ellipse, en fait, le fameux big brother de 1984, on en suppose l'existence. Ce n'est pas indispensable à l'histoire qui nous est racontée et ça permet, en outre, de prendre ses distances avec l'oeuvre précitée pour laisser au film de Gilliam voler de ses propres ailes.

Vous faites la confusion entre société totalitaire et dictature amha. D'ailleurs, c'est bien le terme totalitaire qui est régulièrement employé pour les résumés de Brazil...

De plus, le fait que "le manque de liberté des personnages est largement consenti voire entretenu par les personnages eux-mêmes", c'est assez capilotracté comme remarque. Demandez-vous la part de consenti (et d'entretenu) par les peuples soummis à l'islam radical des Mollahs, par ceux qui ont subi le communisme stalinien... Bien évidemment qu'il y à eu, pour une part de ces peuples, une acceptation voire une adhésion sans failles, mais combien d'autres y ont vécu ou y vivent avec résignation ? Est-ce parce qu'on évoque la partie la plus convaincue du bien-fondé d'une société que l'ensemble des personnes qui la compose la vit pareillement ?

(Réponse : demande aux terorristes et aux chauffagistes !)

Sam Lowry fait partie de la part "intégrée" - voire de la haute société. La mère de Lowry jouit d'amitiés haut placées, amitiés dont il se sert afin d'acceder au dossier de Buttle/Tuttle... Effectivement, on part de personnages qui vivent la contestation comme un bruit lointain et gênant (attentat au restaurant), mais dont l'un d'entre eux, Lowry, va faire une remise en question... C'est un peu le principe du film !

CITATION(Steerpike @ 30 6 2008 - 12:50) *
On est ici dans une satire, par effet de distortion et d'exagération, des disfonctionnements de n'importe quel état moderne.

Pour moi la satire était un biais pour atténuer la représentation de la violence morale, créer une distanciation afin d'impliquer le spectateur. Quand bien même, en admettant qu'il s'agit d'une vision déformée d'une société pas si totalitaire que cela, il s'agit du point de vue de Lowry (idée suggérée tout le métrage puis appuyée lors du final). Voyant le film au travers ses yeux, on peut déduire que le monde décrit dans Brazil, son interprétation du monde dans lequel il vit, est totalitaire wink.gif
oeil de faucon
Bon allez courage...Il faut assumer ses opinions. Allez, allez..; Vas y. Ca doit sortir, tu as le droit d'être différent.....Go, go, go... Il n'y a pas de dictature dans le cinéma. Tous les ressentis ont le droit d'exister... Allez, 1,2...






Je me suis grave fait chier en regardant Brazil !!!!!!


Je suis désolé ! unsure.gif unsure.gif Désolé ! Je voulais l'aimer ce film, je m'attendais à prendre un pied terrible comme tout le monde ! Mais j'ai juste trouvé ça sympa sans plus, et encore même un peu moins que ça....


Pardon, pardon ! Pourquoi moi ????? Qu'ai-je fait pour ne pas comprendre le chef d'oeuvre de Gilliam !!!!!


Putain, maintenant je ne vais avoir aucune crédibilité pour défendre l'épisode III. ninja.gif


Bruttenholm
CITATION(JEF Byos @ 30 6 2008 - 22:24) *
CITATION(Steerpike @ 30 6 2008 - 12:50) *
On est ici dans une satire, par effet de distortion et d'exagération, des disfonctionnements de n'importe quel état moderne.

Pour moi la satire était un biais pour atténuer la représentation de la violence morale, créer une distanciation afin d'impliquer le spectateur. Quand bien même, en admettant qu'il s'agit d'une vision déformée d'une société pas si totalitaire que cela, il s'agit du point de vue de Lowry (idée suggérée tout le métrage puis appuyée lors du final). Voyant le film au travers ses yeux, on peut déduire que le monde décrit dans Brazil, son interprétation du monde dans lequel il vit, est totalitaire wink.gif

Je pense qu'on est plus ou moins d'accord mais qu'on s'entend mal comme d'habitude sur internet... L'idée n'est pas de nier que Brazil représente un cauchemar de société, mais de savoir par quel réflexion on arrive à ce cauchemar... Pour être plus clair, je pense qu'il s'agit effectivement d'une société qu'on peut qualifier de totalitaire mais qui n'a qu'un lointain rapport avec les régimes totalitaires actuels... Comme je n'ai pas lu 1984, je ne pourrais pas faire de comparaison avec le roman d'Orwell mais pour moi il est clair que Gilliam décrit une société totalitaire qui est une caricature du monde actuel/occidental/aisé et pas qu'il s'est amusé à inventer un monde basé sur les doctrines staliniennes, par exemple.

A oeil de faucon : faut préciser. smile.gif .. Tu t'es fait chier comment ? Tout du long ou sur une partie précise ? Les personnages t'ont bloqué ? L'intrigue ?...
Steerpike
Oui, développe, camarade au regard d'acier... icon_mrgreen.gif

Je connais bien des gens de goût qui n'ont pas aimé Brazil!

Souvent parce que l'extrême stylisation des décors, de la mise en scène, etc. les laissait un peu en dehors du film.

Ou bien parce que l'histoire, n'étant pas très facile à suivre à la première vision, leur laissait une impression de confusion un peu pénible.

Il y a aussi des gens qui pensent que le film a pris un coup de vieux... Ce serait intéressant de les entendre ici.

Personnellement, après de nombreuses visions, il y a quelques scènes que je trouve un peu longuettes (celle avec le samouraï), mais en général, le film gagne à être revu.
JEF Byos
CITATION(Bruttenholm @ 01 7 2008 - 17:08) *
L'idée n'est pas de nier que Brazil représente un cauchemar de société, mais de savoir par quel réflexion on arrive à ce cauchemar...

Heureusement, il me semble assez difficile de contester l'aspect cauchemardesque de ce film, tout de même ! Cela dit, Midnight express représente la société Turque comme cauchemardesque, avec force exagérations (dont certaines leur valurent des excuses, de la part de Oliver Stone notamment). Pour autant, s'appuyer sur la seule vision de ce film ne suffit pas pour autant à qualifier la turquie de dictature, mais de pays répressif envers les traficants de drogue. Mais comme tu le dis toi-même ensuite :

CITATION(Bruttenholm @ 01 7 2008 - 17:08) *
Comme je n'ai pas lu 1984, je ne pourrais pas faire de comparaison avec le roman d'Orwell mais pour moi il est clair que Gilliam décrit une société totalitaire qui est une caricature du monde actuel/occidental/aisé et pas qu'il s'est amusé à inventer un monde basé sur les doctrines staliniennes, par exemple.

L'univers du film est multi-référentiel, il n'y à pas qu'une interprétation possible de la base totalitaire dans Brazil. Cette partie de ta reflexion est intéressante, mais je crois que le malentendu - dans le post du 30/06 - consistait à poser cette réflexion en réponse à la question de savoir si l'univers de Brazil était totalitaire... Alors que tu répondait plutôt à une question du type "de quel type de totalitarisme l'univers de Brazil est-il affecté ?".

L'univers classico-futuriste du film fait autant le lien avec le passé que l'avenir, le totalitarisme tel qu'il à été et les visages qu'il peut prendre à l'avenir. J'abonde donc dans ton sens sur ce point.

wink.gif

(Et, évidemment, je te recommande 1984).

CITATION(Steerpike @ 01 7 2008 - 22:55) *
Ou bien parce que l'histoire, n'étant pas très facile à suivre à la première vision, leur laissait une impression de confusion un peu pénible.

(..)

Personnellement, après de nombreuses visions, il y a quelques scènes que je trouve un peu longuettes (celle avec le samouraï), mais en général, le fil gagne à être revu.


Je suis d'accord : ma première vision du film à été assez longuette, aussi. Il m'a fallu le revoir pour mieux l'apprécier.
piki
en parlant de v pour vendetta, Allan moore explique qu'il s'est demandé comment montrer que l'Angleterre avait viré état totalitaire...il a alors eu l'idée de placer des caméras à tous les coins de rue ninja.gif

sinon comme lecture auquel le film fait référence, enfin il me semble en tout cas (ça fait un bail emphytéotique que je ne l'ai pas vu), il y a également "le procès" de Kafka -> perte de l'identité individuelle au profit d'une bureaucratie lourde et enlisante..
Bruttenholm
CITATION(piki @ 02 7 2008 - 13:27) *
sinon comme lecture auquel le film fait référence, enfin il me semble en tout cas (ça fait un bail emphytéotique que je ne l'ai pas vu), il y a également "le procès" de Kafka -> perte de l'identité individuelle au profit d'une bureaucratie lourde et enlisante..

La construction en "épisodes" (Lowry passe de services en services, rencontrent différents personnages emblématiques d'une vision du monde, chaque personnage ayant sa scène) fait aussi penser à cette référence (en même temps, je me base sur l'adaptation de Welles pour dire ça -pas lu le bouquin de Kafka- putain d'inculte ! mais je me demande d'ailleurs si Gilliam, en bon fan de Welles, n'a pas puisé plus directement dans ce film que dans le livre)
piki
CITATION(Bruttenholm @ 02 7 2008 - 16:42) *
CITATION(piki @ 02 7 2008 - 13:27) *
sinon comme lecture auquel le film fait référence, enfin il me semble en tout cas (ça fait un bail emphytéotique que je ne l'ai pas vu), il y a également "le procès" de Kafka -> perte de l'identité individuelle au profit d'une bureaucratie lourde et enlisante..

La construction en "épisodes" (Lowry passe de services en services, rencontrent différents personnages emblématiques d'une vision du monde, chaque personnage ayant sa scène) fait aussi penser à cette référence (en même temps, je me base sur l'adaptation de Welles pour dire ça -pas lu le bouquin de Kafka- putain d'inculte ! mais je me demande d'ailleurs si Gilliam, en bon fan de Welles, n'a pas puisé plus directement dans ce film que dans le livre)


et moi j'ai pas vu le film sweat.gif

par contre j'ai vu Kafka de Soderbergh...dont j'ai gardé un très bon souvenir. On y retrouve les thématiques chères à l'écrivain ainsi que celles développées dans Brazil d'ailleurs..en fait elles se rejoignent clairement.

de plus le film offre une magnifique visite de cette magnifique ville qu'est Pragues.
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