Zorro, je pense que la "complexité" (et la longueur) des discours du méchant et le discours sur l'argent est volontairement un peu opaque pendant toute la scène on se fiche un peu de ce qu'il raconte, ce qui marque c'est ce qui transparait en général : le monde du sport que l'on croyait mignon est en fait pourri, et l'accumulation d'exemples, de faits et de personnages qu'on n'a pas le temps d'assimiler donne au spectateur l'impression d'un monde beaucoup plus compliqué que ce qu'il croyait alors (enfin ça m'a fait un peu cet effet en tout cas).
Même sans comprendre les dialogues, on a :
- le héros arrive et fait son discours simplement d'une seule traite
- le méchant apporte une multitudes d'autres facteurs et complique le problème
- le héros apprécie pas
- le méchant se mets en colère et menace le héros
Sans oublier les interruptions de Spritle et du singe qui rythment la joute et "font sens" :
- lorsque le héros arrive, Spritle/singe prennent tous les bonbons => l'usine de Royalton représente le rêve du héros, comme les bonbons le rêve de Spritle
- le héros fait son spitch et le méchant se présente ouvertement comme tricheur, Spritle/le singe se réveillent d'une overdose de bonbon et doivent se cacher pour pas être pris => le héros réalise la tromperie et doit faire attention lors de l'affrontement qui arrive
- le méchant fait son discours sur les manipulations boursières, Spritler/le singe foutent le boxon => le héros se voit profondément attaqué dans ses convictions profondes, sa seule défense est la simplicité d'un bon bordel de gamin
- le méchant dit "si tu es prêt à devenir un vrai pilote de course, alors signe ce contrat", Spritle/le singe découvrent le "fer de lance", outil de tricherie par excellente => derrière le discours du méchant qui expose une vision trompée mais "pragmatique" du monde de la course, se cache en réalité le degré le plus bas du comportement sportif : la tricherie
- après le flash-forward de la course de Fuji où Speed échoue à cause de Royalton, Speed dit à Royalton "vous êtes le démon", Royalton cligne des yeux et les portes de l'ascenceur derrière lui s'ouvrent, révélant Spritle et le singe emmenés par un garde : à l'inverse d'une séquence précédente, Speed n'est pas faché de voir Spritle et le singe, il est plutôt inquiet et se dépêche de repartir avec eux. Je suis pas un spécialiste de Jung, mais je serais pas surpris qu'il y a derrière une histoire de la reconstruction du Moi, avec un vague processus d'acceptation de son
Trickster ou d'
enfant intérieur.
Bon j'ai un peu dévié de la question de base (les peuvent-ils comprendre ce passage ?) mais je pense que ce que les Wacho ont voulu faire c'est d'agir sur le spectateur de manière subtile pour que le film fasse sens même sans comprendre consciemment tous les enjeux. Après si ça marche ou pas, sur moi ça a marché (avant que je me rende compte de comment la scène fonctionnait), sur d'autres moins apparemment...
Y a un autre truc assez important je pense, c'est que cette énorme scène (qui suit celle d petit-déjeuner) présente et "fixe" le méchant : c'est un gros sans-gêne qui parle tout le temps (le plus souvent pour ne rien dire) qui aime bien contrôler son environnement et n'aime pas être contredit.
Et dans la séquence où il explique le "vrai fonctionnement" du monde automobile au héros, y a aussi le côté "gros gars énervant qui monopolise la parole, on aimerait bien passer à l'action mais qu'est-ce qu'il cause !", et qui est assez étouffante finalement, Speed dira plus tard un truc du genre "c'est comme s'il compressait ma poitrine".
C'est toujours un peu dur de juger ces séquences "désagréables", dans la mesure où on a du mal à faire la part du volontairement désagréable bien/volontairement désagréable raté/involontairement désagréable parce que raté