Etant devenue aveugle à la sortie de
Speed Racer, et ayant très envie dans un même temps d'adopter un singe (allez comprendre), je vais faire bref. De plus, j'ai bien trop la crainte d'une lapidation dont je pourrais être la victime (non en fait), tant est si bien que je me contenterais dans un premier temps d'appuyer à cent pour cent et de faire miens tous les arguments excellents et pleins de bon sens de Mechagozilleur. Jusqu'à un certain point.
Car en effet cher Madnaute, un dilemme m'habite.
Le nouveau Vachesauski est un film pour enfant, mais pas tout à fait, pour ados rien n'est moins sûr, pour adultes, vite sors donc les bières du frigo. Les courses s'étirent plus que de raison (ou s'arrêtent un peu trop vite pour laisser place à des combats, euh, dantesques - Matthew Fox a vraiment la classe dans son costume d'ailleurs

), entrecoupées forcément de souvenirs à deux balles et de commentateurs à se tirer une balle à chacune de leur ligne hystérico-emportée. Elles n'apportent JAMAIS le sentiment réel de la roue en contact avec le sol (ou la piste, véridique) et souffrent clairement d'un manque de finition. Faire des courses aussi longues et aussi statiques (on ne regarde pas des courses de bolides mais bien des acteurs qui tournent le volant dans leur fausse sueur sur fond vert) relevait de l'exploit, exploit qu'ont réalisé ici Andy & Lana, trop occupés à vouloir manger tout à toutes les sauces et à offrir le maximum du lard, avec le gras en plus.
Cette générosité qui les caractérise les fait une fois de plus tomber dans des travers incompréhensibles et gérer la chose en marchant sur un fil de funambule (j'ai beau trouver le film irrémédiablement mauvais, en étant honnête le résultat n'empêche pas d'être éminemment sympathique et cohérent avec lui-même et avec l'histoire des réalisateurs). En ce sens,
Speed Racer entre dans la catégorie de ces étranges choses qui défient toute critique et ne devient plus qu'une expérience sensorielle dans laquelle on entre ou pas. Là se trouve mon dilemme (qui m'habite). Le film a beau être terriblement moche et insupportable de bout en bout (enfin, en y repensant il y a bien pire quand même), on ne peut, après avoir posé cela, ne pas voir son énorme sincérité, sa générosité hors du commun et sa capacité à abattre les barrières les plus douteuses au fur et à mesure (j'en viendrais presque à penser que le singe et son gosse étaient nécessaires à l'ensemble, dans leur emploi justement, c'est dire).
Ce qui rachète un peu le truc et me permet encore un peu plus d'indulgence, c'est bien le traitement de la famille, très bien géré et très touchant, avec une Susan Sarandon absolument sublime (on a envie qu'elle devienne notre maman), et un John Goodman toujours imposant (on a envie qu'il devienne notre papa ou notre garagiste). Dommage qu'ils n'apparaissent pas plus même.
Donc j'ai envie de mettre deux notes à ce truc, deux notes qui expriment très bien ce que je ressens face à ce film. Mieux vaut ne pas chercher à expliquer la chose : c'est juste le dilemme
qui m'habite
1/6 et 5/6