CITATION(Nyarlathothep @ 02 6 2008 - 01:11)

Jade renverse l'opinion publique et pousse à la révolte tout un peuple en une dizaine d'heure de jeu, uniquement grâce à ses photos : je trouve qu'elle fait plutôt bien son boulot de reporter. Si le journalisme n'est pas au centre du gameplay, il est définitivement le cœur du jeu...
Quant au titre, sans avoir lu Nietzsche, je le trouve plutôt judicieux pour un jeu dont les personnages principaux ne cherchent ni le pouvoir, ni la gloire, mais juste à faire éclater la vérité... qui est, pour le coup, au delà du bien et du mal. Ça pourrait quasiment être la devise des reporters... Pis bon, il a de la gueule ce titre, et il a déjà été repris mille fois dans des bouquins ou des articles, je vois pas ce qu'il a de prétentieux (et quand bien même il le serait, je trouve que ça fait plutôt de bien dans un médium qui tire le plus souvent vers le bas).
Le scenar du jeu est quand même très très basique : dès les premières minutes on comprends qu'il y a d'un côté l'Empire (des Méchants qui sont tous pareil, qui parlent avec une grosse voix et, pire, qui S'HABILLENT EN NOIR !) et de l'autre les Rebelles (qui sont Gentils, ecolos, s'habillent avec des couleurs vives, recueillent des petits enfants abandonnés et méditent sur fond de musique new-age). Par la suite, Ancel ne nous épargne aucun cliché, du genre
l'héroïne orpheline qui se rends progressivement compte qu'elle a des pouvoirs et qu'en fait elle est, surprise, l'Elue ! Ou la scène finale avec le cochon qui annonce une suite avec une subtilité digne d'Alien vs Predator . Bref, le scenario a pas du occuper l'équipe très longtemps.
Ce qui n'est pas forcement grave en soi, d'ailleurs : les jeux-video avec une histoire ultra-basique sont légion, et ça ne les empêchent pas d'être attachants. Dans le cas de BGE, l'univers plutôt cartoon et les personnages (hommes et animaux géants qui se côtoient) vraiment sympas font passer la pilule et permettent de passer un bon moment. Et puis le jeu est réussi...
Le seul problème, c'est qu'entre le jeu promis par Ubi Soft et le résultat final, ben y'a de la marge. Je vois pas vraiment à quel moment le jeu va "beyond good and evil". Tu dis que c'est parce que les personnages veulent "faire éclater la vérité", mais le problème c'est qu'on la connait dès le début, la vérité ! La cinématique de début est très clair la dessus : on te présente l'héroine, puis les méchants que tu devras tuer durant le reste du jeu. Tu les butes, tout le monde est heureux. Point final.
Quand au fait que Jade est journaliste, on aurait très bien pu la présenter comme vendeuse de hot-dog ou boulangère, ça n'aurait rien changé au jeu en lui même, seul le pretexte utilisé pour la faire entrer dans l'usine des méchants aurait été différent. Dans le jeu en lui même, sa profession na strictement aucun impact, alors qu'un jeu video où l'on incarne un journaliste et pas un soldat était une idée brillante... De mémoire, son appareil photo ne sert quasiment que pour une quete secondaire piquée à Zelda Wind Waker.
Si Hideo Kojima avait choisi d'intitulé MGS2 "Metal Gear Solid 2 : Beyond Good and Evil", j'aurais pu le comprendre : entre le scénario paranoïaque où il n'y a ni gentils ni méchants mais justes des groupes adverses manipulant le joueur, entre le propos du jeu qui interroge (avec un certain culot) le joueur sur son rapport aux jeux video en général, et aux jeux d'action en particulier, entre le gameplay qui permet de tuer ou d'endormir les PNJ, et qui se remet constament en cause, le titre aurait pu paraitre approprié...
Là, pour un jeu aussi simple(iste) que BGE, ça fait juste prétentieux. AMHA, IMO et compagnie.
(Bon, après j'ai apprécié le jeu. Mais j'ai été déçu de voir que les éléments ayant le plus de potentiels n'étaient pas utilisés).