Tout d’abbord, d’accord avec Captaine Vimaire, dmonteil, Elego et tout et tout. Et merci à un peu tous les participants du débat de m’avoir redonner envie de participer.
Merci aussi à Seward de pas me traiter de con. Faut dire que c’est beaucoup mieux d’être un aveugle irresponsable. Et je renvoie encore une fois à la critique postée par Profondo Rosso en page 42 qui explicite très bien ce que je pense de la première partie du film, entre autre.
CITATION(LMD @ 26 5 2008 - 19:31)

Et si on abandonnait le mot "thématique" pour quelque chose de plus simple?
Désolé, c’est moi qui ai commencé avec le terme « thématique », mais c’était peut-être pas le plus approprié.
CITATION
Donc, pour ceux qui nous en parlent: qu'est ce que raconte Indy 4, pas l'intrigue, mais c'est quoi le sujet, le ou les propos du film, et de quel éléments (séquence, plan, dialogue, des éléments observables) ça en découle? Genre sur la "famille", un de ces fameux thémes de prédilection de Spielberg qui serait ici présent...
Sur les rapports entre Henry Jones Jr et Henry Jones Jr par exemple (EDIT: je compte pas les 20 minutes à El Dorado, qui relèvent du grand nawak sur pas mal de points, dont celui-ci).
Indy lui-même, à cause de son âge et de la perte de son (ses ?) père(s) adopte un comportement paternaliste (ça se ressent dans sa relation avec Mutt, avant même qu’il sache que c’est son fils, et dans celle avec ses étudiants, présenté – seulement dans une scène - dans la bibliothèque). Mais « une fois que » Mutt « est » son fils, il change d’un coup son discours sur la passion, l’avenir et les ambitions… Ca n’empêche pas qu’il ressente de la tendresse et de la fierté envers son rejeton (scène de la poursuite dans la jungle). Mutt, lui, passe de « rebelle » issu de son époque (réf Marlon Brando, James Dean et tout et tout) à vrai rejeton de son père, dans la même lignée, en évoquant plus sur la fin un Errol Flynn et un Johnny Weissmuller.
Et je parle pas du regard de Mutt sur son père, qui va évoluer au fur et à mesure que Henry Jones Jr redevient un vrai héro : d’abord vu comme « simple » prof, pour ensuite passer à un stade supérieur : le pilleur de tombe/aventurier (la scène d’action dans le cimetière et la réplique « part time »), puis vraiment redevenir Indiana Jones (comme le soulève Alast, le chapeau à côté des fourmis, plan qui renvoie à celui de l’ombre du début, mais où enfin le héro n’est pas interrompu – par une portière qui s’ouvre, par un coco qui rentre dans le champs – il se dévoile dans toute sa « splendeur » - dans une scène pas terrible, dommage… on retrouve d’ailleurs un cheminement similaire au Temple Maudit, avec l’accession progressive au rang de mythe, constamment malmené pour au final se dévoiler dans toute sa splendeur – vraiment splendide là - dans la scène de la libération des enfants -) et donc, à partir de là, pouvoir être accepté comme son père par Mutt.
Il y a donc réintégration du statut de héro à travers le regard d'un fils (et dans la reconstitution d'une famille), filliation et passage de relais, destruction de l'icône de la famille américaine 50' et reconstruction de la famille comme seule véritable attache (on se rapproche du final de Munich amha, en plus lumineux, puisqu'il y a retour au pays - pas terrible terrible comme choix d'ailleurs je trouve).
C’est peut-être pas bien traité, mal écrit (EDIT: dans l'idée, et même parfois dans l'application, j'aime bien qu'il y ai pas tant de conflict que ça entre père et fils, mais quand même un peu plus j'aurais pas dit non), mais c’est là …en tout cas moi je le vois

, et c’est appuyé par la mise en scène, avec ses jeux de miroir entre les plans (essai nucléaire/cliché famille ricaine détruit/ Indy seul… puis soucoupe volante qui s’envole/famille recomposée/ Indy entouré de ses proches… ou encore Indy récupérant son chapeau dans un même mouvement perturbé… puis non interrompu) ou le début de la séquence du cimetière, assez explicite sur la domination d’Indy (plan de Mutt qui tombe de l’échelle en voulant aller trop vite – caméra qui le suit d’un mouvement disgracieux dans sa chute il me semble – suivi du plan de Indy le rejoignant en descendant logiquement la pente, filmé plus large, et avec un travelling fluide qui le rejoint en plongée pour avoir les deux persos dans le champs, renforcer l’adoption du point de vue de Indy – il est bien debout lui, en train de regarder son fils se relever – et préparer le plan qui va suivre… l’attaque du premier « gardien squelette ») et sur le changement progressif de point de vue de Mutt (avec Indy qui prend toujours plus le dessus par rapport à Mutt - puis par rapport à ses ennemis, progression qui s’achève sur un beau plan plutôt iconique en contre-plongée adoptant le point de vue de Mutt, suivi d’un plan en plongée de celui-ci qui traduit bien son étonnement). Entre autres.
Alors bien sûr y a des trous, mais ça raconte bien quelque chose. Sans compter la recomposition progressive de la cellule familiale, qui évoque bien La guerre des mondes dans son idée de « cellules » plus ou moins distinctes (la famille Jones, les manifestations naturelles, les E.T., les cocos, les manifestations de la technologie humaine absurde).
CITATION(LMD @ 26 5 2008 - 21:38)

Je vois mal comment on peut voir une telle ironie dans le traitement du McCarthysme vu que les cocos sont vaguement assimilés au mal absolu, et si ils ne semblent pas aussi brutaux que leurs prédécesseurs, c'est plus via l'édulcoration de la violence que par une quelconque humanité qui leur serait insufflé. L'hostilité innée des forces de la nature (les singes!) et de l'espace les mets dans la droite ligne des Nazis des premiers épisodes. De même la manif anti-rouge est un obstacle pour... des agents du KGB!

Peut-être les cocos sont présentés comme un mal absolu, ça n’empêche pas la critique du McCarthysme et du capitalisme. Après tout les nazis étaient présenté comme le mal absolu et les Aventuriers de l’arche perdue ne s’empêchait pas pour autant une certaine critique des autorités américaines et des piques envers l’esprit colonialiste. (Et puis la manif d’abord, c’est Indy et Mutt qui la niquent à la base en bousculant tout le monde

)
CITATION(rod0411 @ 26 5 2008 - 20:34)

Mais le problème N°1 est (et restera), à l'instar d'un Matrix Revolutions : faut-il suranalyser un film qui n'a pas du nécessiter tant de brainstorming que ça de la part de David Koepp, Lucas et Spielberg?
Je pense que les « thèmes » étaient bien présents et bien conscients, mais que Koepp s’est emmêlé les pinceaux à force de vouloir (ou « devoir ») caser tous les éléments des quelques scénarios qui ont précédés dans un seul script. J’ai vraiment l’impression que cet Indy, c’est 4 - 5 projets en même temps, emboîtés par quelques axes principaux, et qui racontent ou essayent de raconter, plus ou moins bien, autant de choses qu’on peux retrouver dans 4 – 5 projets différents (c'est-à-dire beaucoup, d’où foisonnement et abandon d’idées prometteuses). Mais sur 2 heures. Après c’est pareil, on est sensible à l’esprit général ou on l’est pas. Moi j’ai pris mon pied sur une bonne partie du film.
Alors si on veut, c’est un foirage…mais un foirage fascinant et jouissif pour peu qu’on arrive à rentrer dans le trip proposé.
CITATION(rod0411 @ 26 5 2008 - 21:11)

Quand on en arrive à décortiquer le film pour comprendre tous ses sens "cachés" comme si c'était une oeuvre retrouvée de Socrate ou Platon, alors que le film n'a jamais eu la prétention de péter plus haut que son cul de simple divertissement familial, je dis qu'il y a un problème...
Concernant le divertissement, bin désolé, mais devant un film, même de divertissement, même un Indy, je cherche à mettre le doigt sur ce que le film me raconte, à savoir ce que le scénario me raconte, et ce que la mise en scène me raconte… C’est cool quand un scénario et une mise en scène s’appuient, se nourrissent l’un l’autre pour raconter la même chose, c’est cool aussi amttttha quand un scénar raconte quelque chose et la mise en scène autre chose, c’est cool quand la mise en scène complète le scénar (ou l’inverse), c’est cool quand la mise en scène transcende le scénario. Là, c’est un mélange, la mise en scène ne transcende pas tout le temps, ne raconte pas toujours la même chose, ne complète pas souvent le scénario... Mais bref, pour résumer (parce que là je suis totalement torché en fait :mrgreen : ), que ce soit dans un Kubrik ou un Miyazaki, un Welles ou un Walsh, un Coen ou un McT, un Tarkovski ou un Spielberg, que ce soit dans Intelligence Artificielle ou dans les Indiana Jones, que ce soit dans l’Arche perdue, le Temple maudit, la Dernière croisade ou le Crane de crystal, je cherche ce que raconte la mise en scène et le scénario, et là dans ce dernier, la mise en scène elle raconte pas mal de trucs qui me paraissent intéressants. Et les quelques bonnes idées de scénarios viennent me confirmer mon idée. Et ce sont bien des «thèmes» qui sont à l’origine des idées les plus fortes du film, qu’elles soient scénaristiques (très peu) ou esthétiques (et là y en a un paquet, assez pour que je sois heureux). Le cinéma, avant d’être un « divertissement », est un langage, et y a tout un tas de trucs intéressants en terme de mise en scène qui sont véhiculés dans ce film.
Et puis j’ai kiffé Indy 4 comme « divertissement », tout en reconnaissant un certain nombre de défauts, mais j’aime pas me dire que, du fait que c’est de l’entertainment , ça ne mérite aucune analyse (c’est peut-être en partie parce que je veux - et que je m’efforce quand j’en ai l’occasion - d’être un metteur en scène et un conteur).
Et puis cette dernière partie de post est totalement incompréhensible.