Pa-thé-ti-que

Voila le sentiment qui domine pendant tout le film. Un film baclé et mou du derche comme on aurait jamais cru qu'un Indy puisse être: Pourtant le début est correct, si on excepte ce gimmick des marmottes (

), l'intro est vraiment sympa, la course avec les jeunes, l'arrivée des russes, le mec qui fait son lacet "
ah il y a des plans pas mal là" (genre celui ou le soldat en arrière plan fait le salut à un personnage hors champ... on en reverra quasiment plus des comme ça du film...), ça va jusqu'au départ au Pérou en effet, le couple Lebeef-Ford fonctionnant plutot bien. Bon je trouvais le tout déjà suspicieusement mou: toutes les séquences semblent durer trop longtemps (ou pas assez, genre le fight dans le bar à milk shakes, c'est la dèche comparé à l'intro du Temple Maudit tout de même...), les enchainements sont bizarres ou non existants; tout manque de rythme, à part peut être le passage en moto (la première scéne d'action est quasiment terminée avant d'avoir commencée), et les moments iconiques sont à moitié foirés: l'explosion fait vraiment trop artificiel et CGI... et tout le reste du film à partir de ce moment là va souffrir de cette sensation abominable de faux.
Jungle de studio claustrophobique que Spielby-Lucas essaye de compenser par des plans CGI affreux (pour donner un peu d'espace à une réa en manque de décors naturels), incrustations merdiques qui bousillent la seule scène potentiellement digne de la saga (la poursuite dans la jungle et le duel), cité maya en carton pâte et indigènes au rabais, scénar baclé et bancal, facilités scénaristique à tous les étages... le tout servi par une photographie au mieux moyenne, mais souvent hideuse et totalement HS (Ah ces affreux halos de lumière Kaminskiens, le pire étant assurément la dernière scène du film à ce niveau).
En plus de ça (a savoir toutes les promesses d'avant la sortie foutues à la poubelle... elles n'engagent que ceux qui les croient, n'est ce pas...), tout ce qu'on pouvait craindre durant la production se révèle vrai: de la même façon que le film pue le faux, tout semble forcé et sans envie, la prestation horripilante et pathétique (le mot n'est pas trop fort) de Karen Allen en étant le symbole le plus douloureux. Les dialogues sont banals, le vaudeville insipide (heureusement qu'il y a Ford: il sauve la moitié des répliques dans ces passages consternants), et le fan service et la comédie sont envahissants (à la fin il y aurait le visage de Sean Connery dans les nuages qui faisait un clin d'œil à Indy, c'était la même) avec ces coups de coude dans les cotes qui servent à rien et sont finalement plus embarassants qu'autre chose: Il aurait mieux fallu laisser Denholm Elliott et Sean Connery reposer en paix que ça...
Pas besoin de revenir sur l'absence de scénario, je dirais juste que la surdose de persos est évidente dans le final (ou on ne voit ni n'entends plus Lebeef qui était juste le deuxième perso le plus important dans les deux premiers actes, ni Allen). Franchement aller chercher John Hurt pour lui faire jouer un Forrest Gump avec 7 répliques et Ray Winstone pour ça, c'est jeter l'argent par les fenêtres. A l'exception de Ford (qui fait forcément son age mais est le seul à tenir son rang) et Lebeef, c'est le désert complet, le personnage de Cate Blanchett étant laissé aux oubliettes pendant 45 bonnes minutes et saboté... Au moins reste elle plutôt iconique (c'est le perso visuellement le plus intéressant du film, sans forcer... mais Kaminski l'a bien ratée par moment, le sagouin

) et surnage dans un ensemble sans personnalité et parfois même au gout douteux: Le crâne de cristal en lui même &
putain mais l'alien à la fin, et la tronche méchante qu'il tire... SFX nazes, design sans relief... on se croirait dans ID4 
.
Le tout se termine sur un final qui pompe ses idées dans
Le Retour de la Momie (Le serpent se mord la queue!)
Comportement du sidekick cupide, disparition de la cité mythique... c'est les frissons de la déception qui parcourent l'échine, surtout que Spielby n'arrive même pas au niveau du film de Sommers, avec le plan qui se veut marquant et grandiose mais qui tombe totalement à plat puisque c'est le même que celui foiré du début... le coup de grâce étant donné par l'infâme séquence finale, abominable à tous les niveaux (la photo donc, plus le blanc, non mais WTF?) et complètement HS qui renvoie celle pourtant agréable de
La Dernière Croisade (je pense que même les détracteurs conviendront que c'était là l'un des impairs qui avait été évités) aux oubliettes histoire de bien enfoncer le clou (dans la bière).
C'est la décennie de la honte pour le cinéma hollywoodien, qui à décidé de piller toutes les tombes de son patrimoine et de nos souvenirs.
Steven Spielberg raped my childhood too, que fait on contre ces prédateurs? /6