Spoilers dans un frigoAutant le dire tout de suite le scénario est effectivement nul. Seuls quelques adeptes hystériques du New Age peuvent éventuellement s'ébahir devant cette quête au crâne de crystal qui renfermerait un savoir ancestral. Mais après tout, l'histoire, c'était pas le but de revoir un
Indiana Jones (rappelez-vous, la dernière fois on avait des nazis pas trop trop méchants). Le but clairement affiché par Spielberg est de faire ce qu'il n'avait pas fait depuis longtemps (depuis
Le Monde Perdu duquel se rapproche
Indy 4 sur de nombreux points, heureusement pour le meilleur) : un pur divertissement. Juste s'amuser. A ce niveau-là, cet
Indy 4 enterre son prédécesseur les doigts dans le nez. Ce qui implique forcément, aux yeux de Spielberg, de balancer l'histoire aux orties et d'offrir quelques moments de pure folie burlesque telles que ces poursuites mobiles où Indy passe de moto à voiture à moto sans sourciller, cette poursuite dans la jungle avec singes à l'appui (c'est même pas énervant de voir Le Bœuf se suspendre comme ça à des lianes), une histoire de frigo qui sauve d'une explosion atomique (c'est pratique, on devrait tous en avoir un chez soi), des fourmis rouges et forcément, ce plan dantesque et magnifique de la soucoupe volante finale. Ces séquences sont souvent ébouriffantes et fortement bien mises en valeur par l'énergie d'un Spielberg qui fait du bien quand on prend le deux de tension au pouls d'
Indy 3 (mais à l'époque c'est vrai je suis de mauvaise foi, il pensait déjà à faire
Hook 
). Le tout est très bien envoyé (j'oubliais l'excellente attaque à Nazca, ou comment renvoyer la fléchette empoissonnée à l'envoyeur) et se suit avec entrain, même si on a le droit de rester conscient qu'il s'agit juste d'une pantalonnade pleine d'agitation et que cet
Indiana Jones n'atteindra jamais le niveau des deux premiers films de la série.
Ces qualités permettent donc de faire passer le reste, qui est malgré tout très mauvais et faible (la recherche de John Hurt est expédiée, John Hurt lui-même fait pitié, Marion qui réapparait : expédié, je suis ton fils, t'es mon père : expédié aussi parce que tu aurais dû faire des études, Je t'hypnotise regarde mon crâne dans les yeux : expédié etc) ce qui traduit un véritable laxisme de la part de Spielberg. Mais on navigue en eaux connues puisque c'était le même qui sévissait déjà dans
Le Monde Perdu, remember la petite promenade du T-Rex en ville. Donc pas de quoi s'épouvanter non plus,
Indiana Jones 4 vaut toutes les sucreries telles
La Momie,
Benjamin Gates et
Pirates des Caraïbes du monde contrairement à ce que certains voudraient bien en dire.
Même Shia LaBeouf, pourtant insupportable, est ici pas mal et ouf, n'est jamais mis maladroitement au devant de l'action et ne passe jamais avant Indiana Jones. L'image finale fait d'ailleurs bien plaisir (ah ah, pas encore ton tour de porter le chapeau) même si on se doute que d'aucun le verrait déjà en
Indiana Jones Jr dans quelques années.
Bref, un excellent divertissement Spielbergien (malgré le ridicule final dans le fameux "temple" avec l'extraterrestre face à la pauvre Cate qui finira mal, c'est pas bien du tout d'avoir voulu croquer la pomme "je veux savoir dit-elle, ensuite elle en a assez", avec le r qui roule) à prendre à tous les degrés qu'on veut sauf au premier.
Si seulement des types comme Emmerich ou Bay savaient faire des films pop-corn de la sorte...
4/6
C'est sûr sinon que les vieux
qui ont grandi avec les premiers films vont sévèrement déchanter.