
Basé sur une histoire vraie qui a pris l'allure d'une légende dès l'époque des faits, le film de Gans veut être la réponse du cinéma français à un cinéma américain et asiatique décomplexé par rapport au genre, à l'action ou même à la forme.
Pari tenu ou non ?
Film somme ou indigestion de références geekesques ?
Ni l'un, ni l'autre, en fait, Gans l'admet lui même, il n'est ni Carpenter, ni Argento et le pacte des loups n'est pas un film parfait, il n'en reste pas moins une oeuvre méritoire et plutôt courageuse dans le contexte de production français.
Le pacte des loups est un film fascinant, y compris dans ses défauts manifestes. Dès les quasi premières images, lors de l'attaque de la bète qui ouvre le film (référence claire à la première scène des Dents de la mer), les intentions de Gans sont claires, dans un paysage bucolique très français, une jeune femme se fait agresser par une bète invisible possédant une force monstrueuse ; la victime est ballotée contre un rocher avec gros plan, ralenti, mouvement rapides de caméras. les intentions sont claires, nous sommes dans un film qui laissera de côté la réalité historique et les conventions du film en costume classique pour verser dans le cinéma de genre, un film surtout où la forme primera, ou au moins sera aussi importante, que le fond.
Le film nous embarque rapidement dans un univers d'aristocrates parisiens libertins aux allures de cowboy, de nobles locaux pervers, de prostitué italienne, d'indiens amateurs de kung fu et de bète monstrueuse qui fait plus penser à un rhinocéros carnivore et cuirassé qu'aux gros loups qui hantèrent le Gévaudan dans le XVIIIème siècle. Un film qui déborde, déborde avec parfois des idées qui peuvent faire sombrer le film dans le ridicule pour certains : l'épée sorti de Soulcalibur, les réflexions new age de l'indien Mani, les brigands du Gévaudan, fruit de l'alliance contre-nature de ninjas et de Wolverine...
Toutefois le film arrive à rester cohérent et très attachent malgré ses défauts, le symptome du film "généreux", adjectif assez galvaudé, s'applique assez bien ici. Le film va trop loin mais les intentions sont tellement bonnes qu'on le prend comme on le devrait : un grand tour de montagnes russes, un vrai blokbuster qui ne cherche pas â être politiquement correct malgré le caractère simpliste et ultra-manichéen de l'intrigue Les aristocrates et les religieux sont des méchants pervers et incestueux qui s'opposent au gentil indien écolo. On pourrait aussi dire du mal de l'interprétation de certains acteurs, Samuel le Bihan reste à mon avis une erreur majeure de casting, remarquable alors que le reste de l'équipe rassemblée est particulièrement impressionante. MAis bon, tout cela est oublié (sauf peut-être la bète mal fichue, un gros ratage quand même), le film n'est ni un film somme, ni une bouse mais bien, un film certes imparfait mais vraiment sympathique.


