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Version complète : Vers la mort programmée de la musique vivante ?
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Le Grand Wario
La Direction Régionale des Affaires Culturelle (émanation du ministère de la culture, hein, c'est une administration, ça dépend pas du conseil régional...) vient d'envoyer une lettre aux bistrots quimpérois demandant à ceux qui font des concerts de se déclarer "entrepreneurs de spectacles". Avec les frais que ça implique. Ce qui veut dire que cs'ils veulent se conformer à la loi, une grande partie des bistrots arrêtera de programmer des concerts...C'est clair qu'un spectacle populaire, vivant et libre ne DOIT pas survivre, pour ces gens...

Plus d'infos et pétitions là, chez les Ramoneurs de Menhirs (profitez-en pour écouter un peu -si y a des mp3, j'ai pas cherché- c'est absolument mortel, en concerts, ça dépote grave -plus que la reformation des bérus, en tous cas- et en plus les gens dansent...que demande le peuple smile.gif )
Fraggle
Yep, on l'avait viteuf mentionné .
C'est juste gerbant.
Rockin' bones
Tas de connards...
J'ai lu, j'ai signé.
Elrohir
Signé également. Tout simplement lamentable. Enfin bon... Pour faire de la musique de nos jours, faut passer par Star Ac', sinon, c'est même pas la peine d'y penser.
Rockin' bones
Comme il est question de musique, à votre connaissance, y a t'il déjà eu un topic sur ce sujet en particulier ?
Du genre "Vos 10 disques de chevet". Ceci pour observer si les madnaudes on des préférences musicales en particulier, et pour échanger autour du thème éventuel "le cinéma de genre est il rock'n'roll". Style, Cannibal Holocaust/Black Flag même combat, ou alors, "j'regarde des films de zomblard certes mais putain Grand corps malade est quand même un poete"
LMD
Mais sinon moi j'aurais la même question que Rinaldo il y a deux mois, à savoir quelle est la justification de la DRAC.

Merci d'avance...
Fraggle
"se mettre en conformité avec la loi" ça me semble pouvoir se passer de justification non?
(et une "dénonciation malveillante" supposée c'ets assez plausible également, ça s'est pas barré en mini-engueulade sur les voisins bruyants pour rien la dernière fois...)

(après si on doit partir dans un débat sur la volonté de casser le peu de lien social qui reste et d'inciter les gens à rester chez eux à partir du moment où ils ont pas 50 euros à claquer dans une soirée, ça risque de devenir tendu, même si perso j'ai de plus en plus de mal à pas voir se dessiner un projet de société de ce genre)
LMD
CITATION(Fraggle @ 02 4 2008 - 11:32) *
"se mettre en conformité avec la loi" ça me semble pouvoir se passer de justification non?
(et une "dénonciation malveillante" supposée c'ets assez plausible également, ça s'est pas barré en mini-engueulade sur les voisins bruyants pour rien la dernière fois...)

(après si on doit partir dans un débat sur la volonté de casser le peu de lien social qui reste et d'inciter les gens à rester chez eux à partir du moment où ils ont pas 50 euros à claquer dans une soirée, ça risque de devenir tendu, même si perso j'ai de plus en plus de mal à pas voir se dessiner un projet de société de ce genre)


Oui, mais j'aimerais bien voir/lire le contenu de la lettre pour me faire une idée. wink.gif
Après, je veux bien croire que la DRAC bretonne fait du zéle, mais pour le moment il semblerait que ce soit confiné à cette région?
Rinaldo
A défaut, la réaction épidermique de la cgt spectacle bretagne :

http://www.cgtspectaclebretagne.fr/communi...uniqueUBSAC.pdf

En résumé, pour la CGT, les grands méchants ne sont pas les suppots de sarko de la Drac mais les tauliers complices de la dérégulation du marché du spectacle.

Leurs arguments se tiennent (même si leur texte est peut-être orienté par le fait qu'ils défendent des "artistes intégrés") mais perso j'ai encore un peu de mal à me positionner. J'ai pas trop le temps de détailler tout de suite mais au delà des intentions plus ou moins malveillantes de la Drac, il y a ce problème du cadre légal nécessaire pour protéger les artistes et le public mais potentiellement contreproductif.
Rinaldo
Les sbires de sarko repartent en guerre contre ces cons de bretons :

CITATION
Menace sur les bagadoù
LE MONDE | 09.08.08 | 13h48 • Mis à jour le 09.08.08 | 15h21


Pourra-t-on encore longtemps jouer bénévolement du biniou ou danser à l'oeil en habit bigouden dans un petit festival breton ? C'est la question qui préoccupe les associations de musique celtique depuis qu'un avant-projet de loi vise à encadrer les pratiques des artistes amateurs dans les manifestations à but lucrarif. En gestation depuis plusieurs années au ministère de la culture, cette réforme a deux objectifs : protéger les artistes professionnels - souvent intermittents du spectacle - d'une concurrence abusive et dessiner un cadre juridique précis aux pratiques des amateurs.

Un moyen, selon la Rue de Valois, d'endiguer une insécurité juridique croissante liée à la multiplication des contentieux liés au travail abusif des enfants, aux présomptions de salariat dissimulé... En fonction du degré de rigueur des diverses inspections du travail, certains choeurs d'enfants sont ainsi autorisés à effectuer des tournées en autocar et à chanter chaque jour dans une ville différente. Ce qui peut être interdit ailleurs. Certains chefs de choeur sont accusés de ne pas salarier ceux qui devraient être employés.

Cet avant-projet de loi, qui n'est pour l'heure arrêté par aucun calendrier parlementaire, devrait soumettre les amateurs au code du travail : ils ne pourraient se produire qu'à condition d'avoir un contrat de travail et d'obtenir un salaire. En concertation avec le conseil des collectivités locales, des négociations sont en cours depuis le 10 juillet au ministère de la culture pour fixer par décret les exceptions à ce projet de loi.

Les Scènes de musiques actuelles (SMAC), comme l'Olympic à Nantes ou La Coopérative de mai à Clermont-Ferrand, qui doivent statutairement faire une large place aux pratiques amateurs, ne seraient pas concernées par ce futur texte. D'autres régimes spécifiques sont envisagés, notamment pour les enfants, qui ne seraient pas obligatoirement rémunérés.

En pleine période de festivals, un tel projet suscite de sérieuses inquiétudes. Parfois sans fondement puisque de très nombreuses manifestations n'existent que grâce au travail bénévole de milliers de fidèles qui, comme au Festival des Vieilles Charrues à Carhaix (Finistère), tiennent les stands de boisson ou de restauration. Ils étaient ainsi 6 000 cette année, non concernés par ce projet de loi puisque aucun ne s'est produit sur scène.

Mais c'est bien en Bretagne, où se focalise la musique celtique, qu'une telle modification législative risque d'avoir des répercussions importantes. Cette région compte le plus grand nombre d'artistes amateurs de tout l'Hexagone, 40 000 répartis entre les cercles de danse, les ensembles musicaux, les chorales ou les comités des fêtes.

Bob Haslé, président de Bodadeg ar Sonerion (BAS), l'association des sonneurs et binious de Bretagne, qui regroupe 10 000 musiciens, s'agace : "Depuis cinquante-trois ans que je souffle dans ma cornemuse, je n'ai jamais touché un centime, comme tous les membres des bagadoù (ensembles musicaux)." Un tel projet risque selon lui de se heurter à des aberrations : "Entre un tiers et la moitié de nos bagadoù sont constitués de mineurs, dès 10 à 12 ans, bénévoles, qui jouent de la musique pour le plaisir. Si demain il faut salarier tous les musiciens et les danseurs, les moins de 18 ans ne pourront pas être rémunérés, ni les retraités, ni même ceux qui travaillent déjà par ailleurs - ils effectueraient trop d'heures... On a calculé qu'il faudrait payer chacun 220 euros par jour, alors que l'indemnité actuelle prévoit de 700 euros à 1 000 euros pour une association de loi de 1901 de plus de 25 musiciens, pour un week-end", ajoute-t-il. A terme, selon lui, ce sont aussi les fanfares, les harmonies, les troupes théâtrales qui pourraient souffrir. Ou, à plus grande échelle, une structure atypique comme Le Puy-du-Fou, en Vendée, qui propose "depuis trente ans un spectacle animé par des bénévoles", comme le rappelle Nicolas de Villiers, président de l'Association du Puy-du-Fou. Celle-ci fait appel à 3 200 bénévoles dont 1 200 acteurs qui montent sur scène vingt-huit soirs pendant l'été.

Très pessimiste, Lisardo Lombardia, directeur général du Festival interceltique de Lorient, qui attire chaque année près d'un demi-million de spectateurs, envisage "la fin des festivals de musique celtique". Parmi les 130 bagadoù répertoriés en Bretagne, tous regroupent des amateurs, à l'exception d'un seul (celui de Lann-Bihoué), semi-professionnel, qui est régi par la marine nationale. Aucun ne pourrait financer ses musiciens.

"C'est une idée de technocrates parisiens. Dans l'Europe entière, les musiciens amateurs cohabitent sans problème avec les professionnels. Modifier le statut des amateurs, cela reviendrait à vouloir instituer un ordre des musiciens cooptés, comme il existe un ordre des avocats ou des médecins", enrage M. Haslé. Il juge "suicidaire de vouloir mettre fin à toute la culture bretonne". Il a été suivi pour l'heure par deux députés bretons, Pierre Méhaignerie (UMP) et Jean-Jacques Urvoas (PS,) qui ont fait part de leurs réserves sur ce projet. Une manifestation est prévue le 20 septembre à Nantes pour défendre "la pérennité des bagadoù et de l'ensemble du mouvement culturel breton".

Nicole Vulser


Même le puy du fou est menacé. Dur.

(N'empêche, on en est encore au stade des missions de reconnaissance mais on sent une certaine cohérence dans les intentions du ministère de la culture vis à vis du spectacle vivant)
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