Tiens pas de sujet pour le film de Larry Cohen malgré le DVD Mad!
Je ne vais pas en faire une tartine: j'ai bien aimé!
Je connais assez mal le travail de Larry Cohen en tant que réa (je n'ai du voir, sauf erreur, que Le Stuff) et Meurtres Sous Controles partage certains défauts avec le sympathique film sur le dessert maléfique, notamment un coté bordélique qui part dans tous les sens: il y a beaucoup de pistes intéressantes qui sont lancés -le mystérieux conseil des élus (des apôtres?)- mais qui sont abandonnés aussi vite qu'introduites, certaines circonvolutions pas super bien gérés (le subplot du flic ripoux buté par un mac-dealer); dans ces deux cas on dirait des trucs censés faire avancer l'intrigue de manière fonctionnelle. Reste que cet aspect foutoir est assez sympathique, car on ne sait pas trop ou le film va et ça se barre en sucette dans le bon sens du terme, avec des ruptures de ton étonnantes et des délires de plus en plus marqués. Il y a pas mal de bonnes idées, comme les relations pour le moins étonnantes du héros avec les femmes (c'est plutôt rafraichissant et met bien dans le bain vu que ca intervient tout de suite) et le mélange de trois intrigues bateaux pour en faire une nouvelle un peu excitante (Une enquête policiére "de base", un délire mystique, l'enlévement et l'insiménation par les aliens), et au final ca se laisse suivre de bout en bout malgré les défauts.
En effet outre le scénar "trop riche" (c'est toujours mieux que l'inverse, notez...), techniquement c'est pas toujours ça, avec pas mal de flous. Ça passe à cause de la réalisation qui se veut assez alerte et qui imite souvent celui d'un reportage TV (il y a deux trois interviews à la sauvette dans la rue ou la caméra du film "joue" le rôle de celle de la TV, si vous me comprenez). Artistiquement c'est plutôt généreux à défaut d'être habile ou subtil (comme le scénar), avec des bon gros plans bichromes et des spots de couleurs. A défaut de signer des plans dignes de Bava, au moins Cohen essaye et ne recule pas devant la timidité de recourir à de tels effets et il à raison: ça fonctionne plutôt pas mal, même si il y a deux trois parti-pris un peu foirés (les deux flashbacks dans la partie "sépia").
On retrouve toujours ce sens du casting, avec des acteurs plutôt habitués au second plan et ici bien mis en valeur (Richard Lynch en Jésus, best.idea.ever), des caméos (Andy Kaufman "Man on the Moon") et un choix de figurants bien sentis -les blacks derrière la mère du premier assassin lors de son interviews, ceux de la salle de billard à la fin- qui participe à donner un certain cachet "coup de poing".
Bref, un ch'ti film sympathique qui réserve son lots de scènes sympas (comme l'interrogatoire du gars qui à trucidé sa famille, ou les scènes avec Bernard Philips).
French Connection avec des moufles + The Medusa Touch /6